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Les combattants sénégalais de la guerre du Golfe exigent le paiement des indemnités

Le Collectif des anciens combattants de la guerre du Golfe a lancé, mercredi à Dakar, un ultimatum à l’Etat du Sénégal pour qu’il diligente le processus de paiement de leurs indemnités de guerre. » Dans tous les litiges, il y a un temps pour la négociation et un autre pour l’action. Nous nous donnons un délai de 30 jours pour agir en saisissant directement le Secrétaire général des Nations Unies. Nous envisageons aussi de porter l’affaire devant les juridictions internationales. Mais d’ici là, nous allons saisir le président Macky Sall pour tenter de sauver la situation au nom de la continuité de l’Etat. Il peut y arriver en mettant sur pied une commission tripartite », a déclaré Me Abdoulaye Tine, l’avocat dudit collectif lors d’une conférence de presse.

Ce désir de passer à la vitesse supérieure s’explique car, « dans trois ans, les victimes ne pourront plus agir en justice du fait de la prescription des faits. Le crash de l’avion remonte à 27 ans et le délai de prescription maximale en matière civile est de 30 ans », a informé M. Tine.

Dans son argumentaire, l’avocat a dit son regret de constater « qu’aucun des différents régimes qui se sont succédé au Sénégal n’ait pris l’initiative de régler ce dossier très simple puisque s’agissant de transactions interétatiques. »

De l’avis de Me Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme, « l’Etat du Sénégal n’a pas intérêt à persévérer dans ce plan de pourrissement parce que l’injustice est assimilable à un volcan qui ne s’éteint jamais ».

Il a en sus fait une révélation : « au moment où les faits se sont déroulés, des hauts officiers ont dit au président Abdou Diouf que si l’argent dû aux soldats leur est versé, ils n’obéiraient plus à leurs chefs. »


Pour rappel, l’Irak de Saddam Hussein avait envahi le Koweït pour l’annexer. Dans un souci de rétablissement de l’ordre mondial, une force internationale avait fait face aux troupes irakiennes. Le Sénégal avait déployé 495 soldats.

Leur mission démarrée en septembre 1990, s’est achevée en mars 1991. A la fin de celle-ci, certains combattants, se sont rendus à la Mecque pour y effectuer la Oumra (petit pèlerinage). Mais à leur retour, l’avion les transportant a fait un crash causant la mort de 95 d’entre eux mais aussi de 6 membres d’équipage saoudiens.

Ainsi les rescapés et les familles des victimes avaient respectivement reçu 1.000.000 et 1.042.000 F FCFA. A en croire Me Abdoulaye Tine, « les différents régimes du Sénégal ont eu une compréhension erronée de ces versements qui sont en fait des per diem de congés payés aux soldats et n’ont rien à voir avec les indemnités de guerre. »

Concluant son propos, il a proposé « la déclassification des documents de comptabilité publique » de l’année 1991, ce qui permettrait, selon lui, de « savoir si le Sénégal a reçu de l’argent de l’Arabie Saoudite et des Nations Unies destiné aux rescapés et aux familles des victimes. »



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