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Les journaux camerounais aux couleurs des crises sécuritaires et de la répression politique

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Les crises sécuritaires et humanitaires, auxquelles s’ajoute la répression contre l’opposition, préoccupent les journaux camerounais parus jeudi.Il faudrait sans doute débuter avec la bonne nouvelle en grande manchette du quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, à propos de la lutte contre la corruption dont les avancées du pays en la matière, grâce à l’implémentation des mécanismes internationaux, sont désormais reconnues après évaluation par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.

Cette lueur d’espoir, certainement aussi la seule éclaircie du jour, a du mal à cacher cet autre sujet grave, au menu d’Émergence sous la forme d’une grave interrogation à propos de la crise anglophone et des méfaits de la secte islamiste Boko Haram : les jeunes d’aujourd’hui sont-ils les bombes de demain ?

Pour le quotidien à capitaux privés, les violences vécues par cette tranche de la population, dans le cadre de ces conflits, ont des impacts très dommageables sur leur santé mentale et sont de nature à faire le terreau d’une société ouverte à toutes les dérives.

En attendant, espère la publication, que des axes de prévention de cette menace soient trouvés et mises en branle, Baromètre Communautaire tire une autre sonnette d’alarme, cette fois en rapport avec une autre forme d’insécurité touchant 2,3 millions de personnes en détresse : des réfugiés internes et ceux venant du Nigeria et de la République centrafricaine, qui dès mars prochain seront en proie à la famine si des mesures urgentes ne sont pas prises.

«Selon l’ONU, 437.000 personnes ont été déplacées par le conflit dans les régions anglophones. Plus de 32 000 autres ont fui au Nigeria voisin. À ces crises liées aux violences armées s’ajoutent les vulnérabilités chroniques existantes, notamment l’insuffisance des services de base, les épidémies, l’insécurité alimentaire et la malnutrition ainsi que l’impact du changement climatique», dénombre l’hebdomadaire.

À propos de la crise sécessionniste anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Médecins sans frontières (MSF), selon The Post, tire également la sonnette d’alarme au moment où le Cameroun expulse 40.000 réfugiés nigérians.

La situation humanitaire dans lesdites régions, mais également dans d’autres parties du pays, s’est invitée en débat au Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies à Genève, relève Défis Actuels qui rapporte ainsi les propos du ministre des Relations extérieures (Minrex), Lejeune Mbella Mbella : il n’y a pas 400.000 déplacés, comme le déclare le Bureau de coordination de l’aide humanitaire de l’ONU, mais plutôt 70.000.

Pour le gouvernement, les efforts du Cameroun dans la lutte contre la pauvreté, se heurtent à un environnement sécuritaire marqué par la lutte contre le terrorisme et une situation humanitaire préoccupante, ainsi que par la crise sociale qui secoue certaines régions du pays.


Et le Minrex d’expliquer, au sujet des exactions attribuées à l’armée, que «le haut commandement est conscient du fait que des «bavures» peuvent se produire dans le contexte tendu actuel, raison pour laquelle il a adopté un arsenal juridique prévoyant des sanctions administratives et judiciaires pour toute violation des droits de l’homme, les procureurs généraux ayant pour leur part reçu pour instruction d’ouvrir systématiquement une instruction en cas de soupçon de mauvais traitements et autres actions expéditives sur le théâtre des opérations.

Les faits sont têtus, répond perfidement en écho Le Jour avec ce jeu de mots : «Le sale air de la peur», s’agissant spécifiquement de la répression post-élection présidentielle qui s’abat aujourd’hui sur les dirigeants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition) dont la dernière victime en date, l’avocate Michèle Ndoki, a été interpellée mardi dans des circonstances qui restent à préciser.

Et de rappeler qu’une centaine d’autres dirigeants et sympathisants de la formation, arrêtés depuis le 26 janvier et aujourd’hui devant les tribunaux, sont, comme risque de l’être la vice-présidente du directoire des femmes de la formation, accusés de rébellion en groupe, hostilité à la patrie, incitation à l’insurrection et trouble à l’ordre public.

Le leader du MRC, Maurice Kamto, en compagnie de 17 autres portraits, s’affiche en kaléidoscope en couverture de The Guardian Post avec cette question : «Quel genre d’homme est donc Biya ?» Le quotidien de langue anglaise s’est ainsi amusé à recenser les anciens collaborateurs, voire des proches du chef de l’État, hier dans ses bonnes grâces et aujourd’hui derrière les barreaux.

En tentant de psychanalyser la posture du président de la République, la publication finit par constater qu’à l’instar de M. Kamto, ministre démissionnaire avant de basculer dans l’opposition, Paul Biya est intraitable vis-à-vis de ces ex-collaborateurs qui tentent de s’émanciper de sa tutelle, ses foudres pouvant aller jusqu’à l’embastillement.

                

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