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Les journaux camerounais en mode diversité

De la libération spectaculaire d’une journaliste à la politique en passant par le sport et l’économie, les journaux camerounais parus lundi s’inscrivent résolument en mode diversité.Incarcérée tard dans la nuit du 7 novembre à la prison centrale de New-Bell à Douala, la métropole économique, accusée de «propagation de fausses nouvelles» et d’«atteinte à la sûreté de l’État», le visage radieux de Mimi Mefo, journaliste en service à Équinoxe Télévision, une chaîne à capitaux privés, libérée 72 heures plus tard, illumine la couverture de Défis Actuels, L’Essentiel, Le Jour, The Guardian Post, Le Messager, Mutations et The Post.

Depuis l’incarcération de cette journaliste, il y a eu, constate L’Essentiel, une vague de mobilisation venant pour la plupart des confrères, réclamant sa libération finalement intervenue sur décision du président de la République, qui n’a ménagé aucun effort pour apaiser les tensions et mettre un terme à la mobilisation des syndicats, des avocats et de nombreux Camerounais.

«Cette mise en liberté, du fait de la magnanimité du chef de l’État, vient mettre un terme à ce que l’opinion nationale et internationale qualifiait déjà d’embastillement de la presse au Cameroun», opine InfoMatin.

La pression était devenue trop forte sur le gouvernement, constate The Post alors que, pour La Voix du Centre, les arrestations successives de journalistes, ces dernières semaines, procèdent en vérité d’une bataille feutrée de barons du régime pour la succession de Paul Biya, 75 ans, à la tête du pays depuis 1982 et qui vient d’inaugurer un 7ème septennat.

«Venu de toutes parts, le mitraillage est intense, nourri, continu. Au nom de cette journaliste, chacun s’arrache à lui-même chaque geste de plus. Au nom de Mimi Defo, la surenchère se vend comme un curieux remède à l’arbitraire d’un côté, et de l’autre, les voix disent qu’il est intolérant de mettre en prison une jeune femme pour une première faute», détaille Intégration.

La concernée, interrogée par The Guardian Post et Le Jour, ne tarit pas de détails sur son interrogatoire au tribunal militaire, ses premières émotions derrière les barreaux ou encore la vague de solidarité de la confrérie et de la société civile.

Une fois dehors, c’est une vague de parents, amis, confrères, connaissances et curieux qui s’est précipitée chez la jeune journaliste, les traits tirés par l’épreuve mais soulagée, relate Mutations.

La décision, du chef de l’État, soupire L’essentiel, vient ainsi mettre un terme aux revendications et annuler les activités prévues : boycott, meeting et marche par les syndicats des journalistes, les partis politiques dans les jours à venir.

«La libération de Mimi est un travail que tout le monde a pu faire, applaudit l’avocate Alice Nkom dans Défis Actuels. La presse a été pour 1000% dans la libération de Mimi Mefo. La presse a joué son rôle aussi bien au niveau national que planétaire. Moi je ne dirai même pas que la presse constitue le quatrième pouvoir ; c’est plus que ça. La presse s’est déployée mondialement.»

«Pourquoi arrêter le matin pour libérer le soir ?» glose l’hebdomadaire satirique Le Popoli : tant qu’à faire, autant ne plus le faire.

Il ne faudrait surtout pas baisser la garde, prévient Le Messager, le cas Mimi Mefo laisse clairement indiquer que les libertés, en général et la liberté de la presse, en particulier, sont en réel danger au Cameroun.

Et pendant ce temps, poursuite le même quotidien à capitaux privés, les nombreux courtisans de Paul Biya, fraîchement réélu, croisent les doigts en attendant de savoir qui va l’accompagner dans ce nouveau septennat.


Sous le titre «Déménagements en cascade chez les ministres», InfoMatin fait en effet état d’une grande fébrilité chez plusieurs membres du gouvernement, qui en toute discrétion sont en train de vider leurs cabinets.

«Ce remue-ménage, se hasarde la publication, semble annonciateur de nouvelles pas très agréables, pour certains membres du gouvernement, directeurs de l’administration centrale et autres proches collaborateurs, l’opinion prêtant en effet à Paul Biya l’intention de procéder, pas à un tremblement de terre, mais à un séisme au sein de l’exécutif.

Dans les régions septentrionales aussi, le regard de L’œil du Sahel se pose sur le sort d’une bonne quinzaine de barons du régime, dont les jours au sein des instances dirigeantes du pays semblent comptés.

La peur, le mot est également employé par Intégration qui s’inquiète de la mobilité urbaine, particulièrement dans la capitale politique, Yaoundé, appelée à accueillir non seulement les rencontres d’ouverture et de clôture de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football messieurs 2019, mais aussi une des poules de la compétition.

Il se passe, explique le journal, que les chantiers de voirie sont à l’arrêt depuis des mois et accusent un grand retard, par rapport aux délais de livraison arrimés à l’échéancier des préparatifs de la CAN.

Les engagements seront respectés, répond en écho le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, reprenant ainsi à son compte les assurances données par le ministre des Sports, Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt, qui vient de présenter l’état d’avancement des différents chantiers au moment où une mission d’inspection de la Confédération africaine de football (CAF) séjourne, justement, à Yaoundé.

«Le temps presse !» s’étrangle L’Anecdote qui revisite le cahier de charges aussi bien dans la réalisation des stades que de l’arrimage aux normes des structures hospitalières, routières, aéroportuaires ou encore de sécurité.

Le rapport de cette 4è et dernière mission servira de base pour trancher sur le dossier Cameroun en instance depuis l’arrivée d’Ahmad Ahmad à la tête de l’institution, explique Défis Actuels alors que, pour Mutations, après cette visite qui s’achève le 15 novembre, l’on saura enfin le verdict sur la capacité du pays à abriter la plus grande fête sportive du continent.

Chez EcoMatin, c’est le sort de la Banque nationale des petites et moyennes entreprises (BC-PME) qui préoccupe, objet d’un rapport rendu public le 16 janvier 2018 et dans lequel le Fonds monétaire international (FMI) requiert du gouvernement camerounais la réorientation du plan d’affaires de ladite structure en mal de ressources financières.

Face aux difficultés croissantes, indique l’hebdomadaire spécialisé, l’État vient de décider de la recapitalisation de cet établissement public à travers un nouveau modèle économique s’appuyant sur le financement indirect et le cofinancement auprès d’autres établissements commerciaux, avec un abandon progressif du financement direct des PME au guichet.

Ouverte en juillet 2015, la BC-PME, précise EcoMatin, s’appuiera également sur l’expertise d’organismes privés pour la gestion des risques.



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