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Les Nigérians élisent leur prochain président

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Les Nigérians se rendaient aux urnes samedi pour élire notamment leur nouveau président, dans une course serrée et tendue entre le chef de l’Etat sortant et un ancien vice-président, malgré des cafouillages d’organisation et des menaces sur la sécurité dans plusieurs points du pays.

Le président sortant Muhammadu Buhari a été un des premiers électeurs, en votant dans sa ville natale de Daura (Etat de Katsina, nord): « Jusqu’ici tout va bien (…) Bientôt je me féliciterai de ma victoire. Je serai le vainqueur », a déclaré le chef de l’Etat, 76 ans, accompagné de son épouse.

Son principal adversaire, l’opposant Atiku Abubakar, 72 ans, est arrivé peu de temps après dans un bureau de vote de Yola, dans l’Etat d’Adamawa (nord-est), également venu avec son épouse.

En tenue traditionnelle verte et blanche aux couleurs du drapeau nigérian et calot vissé sur la tête, l’ancien vice-président (1999-2007), a été applaudi par des dizaines de supporters. Reprenant la même formule que son adversaire, il a également assuré que « jusqu’ici tout va bien ».

A un journaliste qui lui demandait s’il accepterait les résultats du vote en cas d’échec, Abubakar a répondu: « Je suis un démocrate ».

Autres enjeux du scrutin: les électeurs devront renouveler les 360 sièges de la Chambre des représentants et les 109 du Sénat.

– Tirs de roquettes et dynamite –

Les quelque 120.000 bureaux de vote devaient ouvrir à partir de 08H00 (07H00 GMT) mais dans beaucoup d’endroits, notamment à Lagos ou Abuja, le matériel électoral n’était pas prêt et les files d’attente s’allongeaient.

A Port Harcourt, les électeurs faisaient la queue en entendant des explosions de dynamite dans différents endroits de la ville, où des groupes criminels sont souvent payés par des politiciens locaux pour perturber les élections.

« Dans l’Etat de Rivers, nous avons l’habitude de ce genre de choses », commentait Godspower Ekeate, un électeur. « On espère juste que cela ne va pas dégénérer en violences pendant le vote ou le comptage des bulletins », confiait-il à l’AFP, avec une once de résignation.

A Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno, et bastion pour le président sortant Muhammadu Buhari une douzaine de roquettes ont été tirées sur la ville, faisant un mort et 20 blessés parmi les soldats en poste pour lutter contre l’insurrection de Boko Haram.

Vendredi, le Tchad a annoncé à l’AFP avoir envoyé 500 soldats au Nigeria pour l’assister dans la lutte contre les jihadistes.


Après cette éprouvante semaine qui a suivi le report du scrutin d’abord prévu le 16 février mais repoussé quelques heures avant le début du vote par la Commission électorale, la tension est montée d’un cran dans le pays le plus peuplé d’Afrique, qui est également sa première économie et un des plus importants producteurs de pétrole au monde.

– Extrême pauvreté –

87 millions de Nigérians vivent dans l’extrême pauvreté et les chiffres s’aggravent de jour en jour dans ce pays de 190 millions d’habitants.

Le vainqueur de ce scrutin devra redynamiser l’économie en berne depuis la récession de 2016-2017, lutter contre la corruption endémique et sécuriser de nombreuses régions du pays, en proie aux groupes armés ou gangs criminels.

L’ancien général Buhari, 76 ans, candidat du Congrès des Progressistes (APC), avait déjà dirigé le pays en 1983 pendant les dictatures militaires. Il garde un très fort soutien, quasi-fanatique, dans le nord du pays et pourrait bénéficier de l’explosion démographique dans cette région et de ses promesses de lutter contre la corruption.

L’ex vice-président Atiku Abubakar, 72 ans, également originaire du Nord (Etat de l’Adamawa), a fait carrière dans le sud chrétien, particulièrement à Lagos, et reste le candidat des classes moyennes et supérieures qui votent traditionnellement peu.

C’est aussi un homme d’affaires millionnaire, ce qui lui vaut de lourdes suspicions sur l’origine de sa fortune et des accusation de corruption, mais une plus grande confiance sur les questions économiques.

Il a accusé cette semaine le chef de l’Etat de « n’avoir jamais été un démocrate » et de « n’avoir jamais cru en la démocratie », après son commentaire exhortant l’armée à être « sans pitié » envers les fraudeurs.

Les deux camps se sont accusés d’avoir saboté le scrutin et de préparer des fraudes. Les violences électorales ont déjà fait 233 morts depuis octobre, selon le cabinet de surveillance SBM Intelligence. Et le Centre de communication et de crise nigérian (composé de représentants des agences de sécurité) a listé 12 des 36 Etats comme des foyers de violences potentiels.

Pour être élu dès le premier tour, le vainqueur devra obtenir, outre la majorité des suffrages exprimés, au moins 25% des voix dans les deux tiers des 36 Etats de la fédération auxquels s’ajoute le territoire de la capitale fédérale, Abuja. Sinon un second tour aura lieu dans une semaine.

Aucune date n’a été donnée pour les résultats, mais ils sont annoncés en général dans les 48 heures suivant le scrutin.



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