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Les principaux candidats à la présidentielle brésilienne en un coup d’oeil

L’élection présidentielle la plus incertaine et la plus polarisée de l’histoire récente du Brésil a lieu en octobre et les principaux candidats sont désormais connus, prêts à se livrer une campagne féroce pour accéder à la fonction suprême.

– Lula, en pole position malgré la prison –

Cireur de chaussures lors d’une enfance marquée par la faim, tourneur-fraiseur dès l’adolescence, Luiz Inacio Lula da Silva a utilisé le syndicalisme comme tremplin pour devenir l’un des présidents les plus populaires de l’histoire du Brésil (2003-2010).

L’icône de la gauche rêve d’un troisième mandat, mais il a un problème de taille: il purge depuis avril une peine de 12 ans et un mois de prison pour corruption.

Lula, 72 ans, nie énergiquement toute malversation et se dit victime d’un complot pour l’empêcher de se présenter à un scrutin pour lequel il reste largement en tête des intentions de vote malgré son incarcération.

Même si la loi électorale stipule qu’un candidat condamné en appel – ce qui est son cas – est inéligible, le Parti des Travailleurs (PT), qu’il a fondé en 1980, espère toujours renverser la vapeur en multipliant les recours, sans oser parler, du moins ouvertement, de plan B.

– Bolsonaro, l’ex-militaire nostalgique de la dictature –

Ancien capitaine de l’armée brésilienne, le sulfureux député d’extrême-droite Jair Bolsonaro, 63 ans, est souvent surnommé le Donald Trump brésilien.

Ses dérapages racistes, homophobes et sa nostalgie affichée de la dictature militaire (1964-1985) font de lui une sorte d’épouvantail, mais ses nombreux admirateurs, qui le surnomment « Le Mythe », voient en lui le sauveur de la patrie en danger.

Très populaire sur les réseaux sociaux, le candidat du Parti social libéral (PSL) tire à boulets rouges sur les médias traditionnels et promet de renverser une élite qu’il juge corrompue et incompétente.

Les sondages le placent en deuxième position au premier tour derrière Lula, en tête si l’ex-président de gauche se retrouve hors-course — ce qui semble assez probable — mais ne le voient pas l’emporter au second tour.

– Marina Silva, la survivante –

Elle est Noire, a travaillé comme femme de ménage et n’a jamais été éclaboussée par les scandales de corruption: Marina Silva est à l’opposé de tous les clichés sur la classe politique brésilienne.

Malmenée par de graves problèmes de santé et la vie à la dure d’une enfance pauvre dans l’Etat d’Acre, au coeur de l’Amazonie brésilienne, elle a surmonté tous les obstacles en devenant une influente militante écologiste.

Marina Silva, 60 ans, a été ministre de l’Environnement de Lula, mais a rompu avec lui en se présentant deux fois contre sa dauphine, Dilma Rousseff, lors des deux derniers scrutins.

Elle a échoué en troisième position à chaque fois, non sans obtenir près de 20 millions de voix en 2010, et plus de 22 millions en 2014.


Dans les sondages, elle talonne Bolsonaro au premier tour et pourrait le battre assez facilement au second.

– Alckmin, un manque de charisme rassurant –

« Je ne suis pas un showman », a reconnu récemment Geraldo Alckmin, 65 ans, ex-gouverneur de Sao Paulo et candidat du Parti social-démocrate brésilien (PSDB, centre droit), de l’ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002).

Il a déjà eu sa chance au second tour d’une présidentielle en 2006, mais a été battu par un Lula en état de grâce.

Crédité de seulement 6% d’intentions de vote dans les derniers sondages, il espère décoller grâce à une alliance nouée fin juillet avec plusieurs partis du centre qui lui a permis d’obtenir une base parlementaire solide.

De bonne augure pour sa candidature: le temps d’antenne pour les spots de campagne étant proportionnel au poids des partis au Parlement.

– Meirelles: le banquier impopulaire –

Ministre des Finances jusqu’en avril, Henrique Meirelles, traîne deux boulets qui plombent sa candidature.

Le candidat du Mouvement démocratique brésilien (MDB) est vu comme l’homme de confiance du président actuel Michel Temer, un des plus impopulaires de l’histoire du Brésil, et symbolise également la cure d’austérité difficilement digérée par de nombreux brésiliens.

À 72 ans, l’ex-président de la BankBoston Mondiale, qui a également été à la tête de la Banque centrale du Brésil sous le gouvernement Lula, est le favori des milieux d’affaires, mais n’est crédité que de 2% d’intentions de votes dans les sondages.

– Ciro Gomes: l’impulsif boudé par la gauche –

Ciro Gomes, 60 ans, a longtemps été vu comme le candidat de centre-gauche capable de remplir le vide laissé par la probable absence de Lula au scrutin.

Mais ce cacique Ceara, Etat pauvre du nord-est, a échoué dans sa tentative de ratisser le plus large possible.

Le candidat du Parti Démocratique Travailliste (PDT, centre-gauche) est une des principales victimes de l’alliance nouée au centre par Alckmin et a également été boudé par d’autres partis de gauche peu désireux de rompre ouvertement avec le PT.

Il est aussi célèbre pour ses déclarations fracassantes, ayant pour cible aussi bien Lula que Temer ou la police brésilienne.


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