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Macron, Drucker et foie gras pour le Noël des soldats français du Tchad

En pantalon de treillis et blouse blanche, le chef cuisinier de l’Elysée, Guillaume Gomez, sort de sa poche-revolver un thermomètre au laser. Le foie gras de Noël destiné aux 1.000 soldats de la force Barkhane à N’Djamena, qui réveillonnent samedi avec Emmanuel Macron, n’a-t-il pas pris un coup de chaud ?

Sur cette base de Kossei, qui abrite le centre de commandement de la force française au Sahel, la température va grimper à 32 degrés.

Le chef Gomez surveille les deux tonnes de fret arrivées de Paris jeudi — foie gras, pâté en croute, volaille des Landes aux morilles, fromages, entremet au chocolat, champagne. Le container affiche – 4 degrés. Un peu trop froid pour dresser les assiettes d’un banquet géant.

Le repas de fête doit être servi à 1.300 couverts, dont celui du chef de l’Etat qui vient pour réveillonner avec les troupes, tradition républicaine oblige.

« Il fallait un menu qui tienne au corps. Nos militaires, certains ont 20 ans, ils ont faim », sourit le cuisinier en découpant de grosses tranches de pâté en croute.

C’est la seconde fois que le président de la République envoie son chef préparer le réveillon des soldats. Le menu est strictement le même que celui de l’an dernier sur la base de Niamey, mais les convives sont deux fois plus nombreux.

Les produits ont été offerts par les producteurs de Rungis et tout a été cuisiné à l’Elysée. Chaque soldat recevra aussi un ballotin de chocolats, offert cette fois par l’Elysée.

Ce dîner un peu spécial est aussi pour M. Macron l’occasion de faire le point sur l’opération Barkhane, qui depuis 2014 lutte contre les jihadistes au Sahel (Mali, Burkina, Niger, Tchad, Mauritanie).

A N’Djamena, le Centre des opérations interarmées dirige 24 heues su 24 l’ensemble des opérations aériennes et terrestres des 4.000 hommes de Barkhane, dans les cinq pays de la bande sahélo-saharienne.

Chaque mois, il mène 600 opérations dont plusieurs majeures, explique son chef, le lieutenant-colonel Louis-Alain,

Jeudi, Barkhane a mis « hors de combat » au moins six membres d’un groupe de jihadistes circulant à moto au Mali, près de la frontière avec le Niger. Concrètement, les Mirage ont lâché leurs bombes, explique le commandant Rocky, qui dirige le détachement de chasse.

– Ennemi volatil et réactif –


« Si on voit un groupe qui semble être en embuscade, on avertit le convoi au sol », explique le commandant Rocky.

« En cas d’ennemi identifié qui menace des troupes françaises ou partenaires, il y a une gradation de la réaction. D’abord, des passages sonores assez haut, puis une démonstration de présence, puis une démonstration de force à très basse altitude. Si les troupes se font tirer dessus, on fait usage de notre armement ».

« C’est un ennemi volatil, réactif, qui s’adapte très vite. Nous aussi, devons être réactifs. La menace a globalement reculé, mais elle se déplace », avertit le lieutenant-colonel Louis-Alain.

Surveillés en permanence depuis les airs, les groupes jihadistes au Sahel ont depuis longtemps abandonné les pick-up dans lesquels ils se sont longtemps déplacés, trop facilement repérables, et préfèrent désormais utiliser de petites motos de fabrication chinoise.

Samedi matin, deux Mirage 2000, armés de bombes de 250 kilos, ont décollé de N’Djamena vers le Mali pour protéger un convoi de l’armée tchadienne.

Les pilotes ont été briefés: des groupes armés se sont regroupés, la menace justifie l’envoi des deux appareils. La routine pour ces pilotes de chasse qui sortent presque tous les jours.

Depuis le Tchad, il faut 90 minutes de vol pour arriver au Mali. Sur place, ils seront ravitaillés en vol avant de revenir à N’Djamena sept heures plus tard.

Juste à temps pour l’allocution d’Emmanuel Macron.

Autre invité de marque sur la base, l’animateur Michel Drucker, qui vient réaliser une émission télévisée de Noël.

« Les hommes sont fiers de voir le chef des armées sur la base. C’est important en cette période de fêtes un peu difficile loin de leur famille », souligne un porte-parole de l’armée.

Des sapins, également envoyés de Paris, attendent sur le sable entre deux baraquements. L’Elysée a même envoyé les décorations.



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