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« Maintien au sol », une méthode d’interpellation encadrée mais controversée

Mise en cause dans le décès de Cédric Chouviat, la technique d’interpellation policière dite de « maintien au sol » est, selon les autorités, « encadrée » mais fait régulièrement l’objet de controverses.

Dimanche, ce chauffeur-livreur en scooter est mort après un contrôle routier à Paris. Selon les premiers éléments de l’autopsie, il a été victime d’une asphyxie avec « fracture du larynx ». Les experts ont également relevé « un état antérieur cardiovasculaire » chez la victime.

Se basant sur des vidéos montrant partiellement l’arrestation de M. Chouviat, les avocats de sa famille ont jugé « inappropriées et hors de proportion » les modalités d’interpellation.

Interrogé mercredi, en marge de voeux syndicaux, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a prévenu: « S’il est établi qu’une technique, quelle qu’elle soit, et je ne suis pas dans l’affirmative, peut générer la mort d’un homme, évidemment nous étudierons la question de suspendre cette technique ».

« On ne voit pas comment ils le mettent à terre mais le problème c’est comment les collègues le maintiennent à terre », souligne une source policière en commentant les extraits vidéo.

Le « maintien au sol », aussi appelé par les associations « plaquage » ou « décubitus ventral », est une technique régulièrement contestée, notamment par l’association Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) qui demandait son interdiction dans un rapport de 2016.

« Cette technique entrave fortement les mouvements respiratoires et peut provoquer une asphyxie positionnelle », commentait l’Acat. « Les risques sont a fortiori plus grands encore lorsqu’une clé d’étranglement est effectuée simultanément à un plaquage ventral ».

« Certaines villes aux Etats-Unis comme New York ou Los Angeles, des pays comme la Suisse ou la Belgique ont proscrit de tels gestes », relève Marion Guémas, responsable du programme police chez Acat.


« En France, plusieurs décès ont été répertoriés même s’il est toujours difficile d’en établir précisément les causes », poursuit Mme Guémas, faisant référence aux décès d’Adama Traoré en juillet 2016 dans le Val-d’Oise ou de Wissam El Yamni, en janvier 2012 à Clermont-Ferrand.

« La position face contre terre est employée dans le temps nécessaire à la maîtrise d’un individu. Une fois maîtrisé il doit être mis sur le côté, assis ou debout », fait valoir le service de communication de la Police nationale (Sicop).

Le « maintien au sol » fait partie des techniques enseignées en école de police puis en formation continue.

« Tout cet appareillage est là pour limiter l’éventuel échange de coups entre un interpellé et un policier et éviter aussi que l’interpellé ne s’enfuie », explique un policier de terrain qui reconnaît: « C’est parfois compliqué ».

Selon un premier récit des policiers intervenants dont l’AFP a pu prendre connaissance, le livreur aurait trébuché au moment de son interpellation, entrainant au sol un des policiers avec lui.

Une fois à terre, l’homme se serait débattu et aurait refusé d’être menotté gardant sa main droite sous son corps avant que les fonctionnaires ne finissent par le menotter et de lui tourner la tête sur le côté.

D’après ce récit, ils lui ont ensuite demandé de se tenir assis. C’est alors que les policiers se sont aperçus que le livreur avait fait un malaise.


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