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#MeToo: trois ans requis contre un Français jugé pour viols en Suède

Le parquet suédois a requis lundi un minimum de trois ans de prison ferme à l’encontre de Jean-Claude Arnault, un Français jugé pour deux viols, à l’occasion de l’un des premiers grands procès depuis l’émergence du mouvement #MeToo.

« J’ai demandé son placement en détention provisoire dans l’attente du verdict car il y a un risque qu’il parte à l’étranger », a annoncé la procureure Christina Voigt, à l’issue de l’audience à Stockholm.

Le jugement a été mis en délibéré et le tribunal doit se prononcer sur la détention provisoire demandée par le parquet.

Publiés en novembre 2017 dans le quotidien de référence Dagens Nyheter, les témoignages de 18 femmes accusant le Français de viol ou d’agression sexuelle ont fait imploser l’Académie suédoise qui décerne depuis 1901 le prix Nobel de littérature.

M. Arnault, marié à une académicienne, entretenait des liens étroits avec cette institution.

Décrédibilisée, privée du quorum nécessaire pour fonctionner, l’Académie suédoise a reporté d’un an l’annonce du Nobel 2018, une première depuis 70 ans.

Plusieurs plaintes visant le Français ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription, mais le parquet a estimé disposer de suffisamment d’éléments à charge dans un dossier remontant à 2011.


Le 5 octobre de cette année-là, dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault contraint à des relations sexuelles la victime qui se trouve dans un état « de peur intense », selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Jean-Claude Arnault, 72 ans, a clamé son innocence au cours de ce procès tenu à huis clos.

Plusieurs victimes présumées de Jean-Claude Arnault reprochent à l’Académie suédoise ses liens étroits avec le Français, qui recevait de généreux subsides pour le fonctionnement de son club privé Forum, couru des élites intellectuelles et artistiques.

Ses accusatrices affirment que l’académie connaissait son comportement mais que l’influente institution faisait régner une « culture du silence » dans les cercles culturels de la capitale.

A la suite de ces révélations, plusieurs académiciens se sont mis en retrait, une enquête interne a mis au jour les conflits d’intérêt et les faits d’agression ou de harcèlement subies par des académiciennes ou leur entourage.


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