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Nicaragua: une chaîne humaine pour demander la libération de « prisonniers politiques »

Des centaines de Nicaraguayens ont formé jeudi une chaîne humaine à Managua pour demander la libération des personnes arrêtées lors des manifestations anti-gouvernementales qui ont fait plus de 300 morts et 2.000 blessés depuis la mi-avril.

« Liberté pour tous les prisonniers politiques » et « justice » ont scandé les manifestants qui se donnaient la main dans la partie ouest de la capitale.

En dépit de la présence de policiers anti-émeutes, les manifestants ont brandi des drapeaux du Nicaragua et des photos de détenus, provoquant un embouteillage. En signé de solidarité, les conducteurs ont klaxonné et salué la chaîne humaine.

« Je suis venu car je veux que les prisonniers politiques soient libérés, nous sommes tous jeunes, nous ne sommes ni des criminels ni des terroristes », a expliqué à l’AFP un employé d’un centre d’appel souhaitant conserver son anonymat.

« La fait d’être ici met notre vie en danger, il y a des risques que nous soyons capturés. Je dois reconnaître que j’ai peur mais je suis là car nous devons soutenir la lutte », a déclaré un autre jeune de 24 ans.

Une professeur de l’Université centre-américaine (UCA), le visage couvert, a expliqué être présente en signe de soutien à un de ses étudiants, Byron Estrada, détenu à El Chipote. L’opposition affirme que cette prison, située dans le centre de Managua, est un lieu de torture.

« Ce qui se passe me fait souffrir », a reconnu, la voix cassée par l’émotion, un jeune ex-policier, qui affirme être persécuté depuis qu’il a quitté ses fonctions car il « ne voulait pas tuer des étudiants ».


Des prisonniers politiques détenus dans la prison de La Modelo, au nord de Managua, ont entamé une grève de la faim jusqu’à leur libération, « quelles qu’en soient les conséquences », selon une lettre adressée la Commission permanente des droits de l’homme (CPDH, une ONG locale).

« Nous demandons au peuple nicaraguayen d’intensifier la lutte dans les rues sans craindre ce régime répressif (…) nous n’en avons plus peur et nous sommes prêts à donner notre vie pour notre pays et la liberté », poursuit la lettre.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, dans un rapport publié mercredi, a dénoncé « l’usage disproportionné de la force, qui se traduit parfois par des exécutions extrajudiciaires; des disparitions forcées; des détentions arbitraires généralisées; la torture et les mauvais traitements ».

Selon le Haut-Commissariat, entre le 18 avril, date du début des manifestations contre le gouvernement Ortega et le 18 août, au moins 300 personnes ont été accusées « de terrorisme et de crime organisé » après avoir participé à des manifestations.

Daniel Ortega a réfuté ce rapport, qualifiant le Haut-Commissariat de « n’être qu’un instrument de politiques de terreur, de mensonge et d’infamie ».


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