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Nigeria: la suspension du président de la Cour Suprême, un « acte digne d’une dictature »

L’opposition nigériane a qualifié la suspension du président de la Cour Suprême par le chef de l’Etat d’acte digne d’une dictature, a moins d’un mois de l’élection présidentielle, à laquelle Muhammadu Buhari est candidat à sa propre succession.

« La suspension du président de la Cour Suprême du Nigeria M. Onnoghen par le président Buhari est un acte digne d’une dictature (…), anti-démocratique », a aussitôt réagi Atiku Abubakar, son principal opposant dans un communiqué.

« Je le rejette totalement et j’appelle le juge Onnoghen et le monde judiciaire à faire barrage par tous les moyens légaux et constitutionnels », a ajouté M. Abubakar.

« Cet acte de dictature éhonté est le dernier d’un viol constant de notre démocratie », a asséné le candidat du Parti Populaire Démocratique (PDP) et ancien vice-président sous Olusegun Obasanjo de 1999 à 2007.

Le chef de l’Etat a suspendu vendredi après-midi Walter Samuel Nkanu Onnoghen de son poste de plus haut magistrat du pays, après une longue polémique sur son procès pour corruption, jugé inconstitutionnel par l’opposition.

Il a nommé à ce poste Ibrahim Tanko Muhammad, un juge issu du Nord tout comme lui.


Son porte-parole a souligné que le président avait agi « sur ordre du Tribunal du code de conduite (CCT) », un tribunal créé spécialement pour juger les questions éthiques, où M. Onnoghen était poursuivi depuis une dizaine de jours pour ne pas avoir déclaré plusieurs comptes bancaires en dollars, euros et livres sterling.

Le président Buhari est régulièrement accusé par ses détracteurs de favoriser les musulmans issus de sa région aux postes clé: sécurité, renseignements, commission électorale.

Face à la polémique que l’affaire a déclenché, le président a justifié sa décision dans un communiqué, affirmant que « le gouvernement n’est pas satisfait du nombre alarmant de procès, qui, sous la direction du Juge Walter Onnoghen, ont conduit à la libération de personnes accusées des actes de corruption les plus graves ».

L’ancien général, qui avait déjà dirigé le Nigeria en 1983 pendant les dictatures militaires, a été élu en 2015 sur la promesse d’éradiquer la corruption, ce « cancer » qui gangrène le premier producteur de pétrole du continent africain.

Il a toutefois été accusé de profiter de cette guerre contre la corruption pour mener une chasse aux sorcières contre ses opposants politiques. Par manque d’enquêtes approfondies avant les accusations, peu de procès ont abouti, quatre ans après son arrivée au pouvoir et aucune grande figure de la politique nigériane n’a été condamnée.


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