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Nucléaire: l’Iran s’affranchit d’un premier engagement prévu par l’accord de 2015

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L’Iran a annoncé lundi avoir franchi la limite imposée à ses réserves d’uranium faiblement enrichi par l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, prenant le risque d’être déclaré pour la première fois en faute sur ses engagements internationaux.

« L’Iran a dépassé la limite des 300 kilos » d’uranium faiblement enrichi, a annoncé le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif à l’agence semi-officielle Isna.

Cette annonce survient sur fond de exacerbées avec les Etats-Unis de Donald Trump, faisant craindre un embrasement guerrier dans la région stratégique du Golfe.

La crise entre les deux pays a connu un pic le 20 juin après que l’Iran eut abattu un drone américain. Selon Téhéran, l’appareil avait violé l’espace aérien iranien, ce que dément Washington.

Chargée de vérifier que l’Iran s’acquitte de ses engagements pris vis-à-vis de la communauté internationale, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé lundi que l’Iran avait dépassé la limite imposée.

« L’Agence a vérifié au 1er juillet que le stock total d’uranium enrichi a dépassé les 300 kilos » et son directeur général, Yukiya Amano, en a informé le conseil des gouverneurs, a indiqué un porte-parole de l’agence onusienne dans une déclaration écrite.

– « C’est notre droit » –

Tout comme l’AIEA, M. Zarif n’a pas précisé, à ce stade, à quel niveau se situaient désormais les réserves d’uranium enrichi iraniennes. Un officiel iranien avait indiqué vendredi qu’elles étaient de 2,8 kilos en dessous de la limite de 300 kilos.

Alors que l’Iran avait initialement prédit que la limite serait franchie le 27 juin, le ministre iranien a prévenu de manière implicite que Téhéran pourrait ne pas en rester là.

« Nous avions annoncé (ce franchissement de la limite) à l’avance », a-t-il noté, et « nous avons dit très clairement ce que nous allons faire » par la suite.

« Nous considérons que c’est notre droit » d’agir ainsi dans le cadre de ce que permet le JCPOA (acronyme anglais du plan d’action global commun, nom officiel de l’accord international conclu à Vienne en 2015), a déclaré M. Zarif.

En riposte à la décision du président américain Donald Trump de sortir son pays unilatéralement de ce pacte en mai 2018 et de réimposer des sanctions contre l’Iran, Téhéran avait annoncé le 8 mai qu’il ne se sentait plus tenu par deux seuils fixés par l’accord: celui limitant son stock d’uranium faiblement enrichi (300 kilos), et celui imposé à ses réserves d’eau lourde (130 tonnes).


Téhéran menace par ailleurs de reprendre, à partir du 7 juillet, des activités d’enrichissement d’uranium à un taux supérieur au degré maximal fixé par l’accord (3,67%) et de relancer son projet de construction d’un réacteur à eau lourde à Arak (centre), si les autres Etats encore parties à l’accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) ne l’aident pas à contourner les sanctions américaines.

– « Progrès insuffisants » –

Conclu en juillet 2015 à Vienne, l’accord international sur le nucléaire iranien est menacé depuis le retrait américain.

Par l’accord de Vienne, l’Iran s’est engagé à ne pas chercher à acquérir la bombe atomique et a accepté de réduire drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée de sanctions internationales asphyxiant son économie.

Mais le retour des sanctions américaines a pour effet d’isoler presque totalement l’Iran du système financier international et de lui faire perdre la quasi-totalité de ses acheteurs de pétrole.

A l’issue d’une réunion de crise des Etats parties à l’accord, vendredi à Vienne, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a estimé que des « progrès » avaient été réalisés pour aider l’Iran, mais jugé qu’ils étaient encore « insuffisants ».

A la fin de la rencontre, l’Union européenne a annoncé pour sa part qu’Instex, le mécanisme de troc conçu par Berlin, Londres et Paris pour aider l’Iran à contourner les sanctions était enfin « opérationnel » et que les premières transactions étaient « en train d’être traitées ».

M. Zarif a néanmoins estimé lundi qu’Instex ne répondait « pas aux exigences » de Téhéran « ni aux obligations » incombant aux Européens.

« Pour qu’Instex soit utile à l’Iran, il faut que les Européens achètent du pétrole iranien », avait déjà prévenu vendredi le vice-ministre des Affaires étrangères.

« Instex n’est que le début (de la réalisation des) engagements (européens), et à l’heure actuelle, n’a pas encore été totalement mis en oeuvre », a ajouté lundi M. Zarif, cité par Isna.

burx-mj/gk


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