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Peines réduites pour violation de l’état d’urgence au Soudan

Le président soudanais Omar el-Béchir a réduit jeudi la peine maximale prévue pour violation de l’état d’urgence de 10 ans à six mois de prison, le jour où de nouvelles manifestations contre son régime ont eu lieu.

Le Soudan est secoué par une vague de protestation depuis le 19 décembre après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain dans un contexte économique difficile. Les manifestants réclament le départ de M. Béchir qui gouverne le pays d’une main de fer depuis un coup d’Etat il y a près de 30 ans.

Pour tenter d’éteindre ce mouvement, le chef de l’Etat a proclamé l’état d’urgence le 22 février et annoncé que toute violation de cette mesure, y compris la participation à des manifestations non autorisées, serait punissable d’une peine allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

Mais jeudi, il a réduit par décret cette peine à six mois maximum.

Cette mesure a été annoncée au moment où des Soudanais ont manifesté dans des quartiers de Khartoum et d’Omdourman, ville jumelle de la capitale soudanaise, ainsi qu’à Al-Obeid, le chef-lieu de la province du Kordofan Nord (centre), selon des témoins.

La manifestation à Al-Obeid est la première organisée hors de Khartoum et d’Omdourman depuis des semaines. Les manifestants ont scandé « paix, liberté, justice » avant d’être rapidement dispersés à coups de gaz lacrymogènes par la police anti-émeute.


A Khartoum, les manifestants se sont rassemblés dans le quartier de Burri, lâchant dans les airs des ballons où étaient accrochés des photos de personnes emprisonnées ou tuées lors des manifestations, selon les témoins.

Selon un bilan officiel, 31 personnes sont mortes depuis le 19 décembre. L’ONG Human Rights Watch (HRW) évoque le chiffre d’au moins 51 morts.

Le puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) mène la répression et a arrêté depuis décembre des centaines de manifestants, leaders de l’opposition, militants et journalistes, d’après des ONG.

Le président soudanais a par ailleurs nommé le chef de son parti, Ahmed Haroun, conseiller présidentiel.

Comme le chef de l’Etat, Ahmed Haroun est visé par un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité de la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans le conflit au Darfour, une région de l’ouest du Soudan meurtrie par les violences depuis 2003.

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