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Présidentielle au Nigeria: le pays à l’heure des comptes

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Les opérations de décompte des voix se poursuivaient dimanche au Nigeria où 72 millions d’électeurs étaient appelés samedi à désigner leur président, avec pour favoris le chef de l’Etat sortant Muhammadu Buhari et l’opposant Atiku Abubakar.

Les données recueillies dans les quelque 120.000 bureaux de vote des 36 Etats devaient être lentement centralisés vers la capitale Abuja, où le président de la Commission électorale Mahmood Yakubu devrait annoncer des résultats dans quelques jours.

Outre leur président, les Nigérians étaient appelés à désigner 360 députés et 109 sénateurs. Aucune tendance claire ne se dégageait des tout premiers résultats connus dimanche.

Pour être élu dès le premier tour, le vainqueur doit obtenir, outre la majorité des suffrages exprimés, au moins 25% des voix dans les deux tiers des 36 Etats de la fédération auxquels s’ajoute le territoire de la capitale fédérale, Abuja. Sinon un second tour devrait avoir lieu dans une semaine.

Si la Commission électorale s’est déclarée « généralement satisfaite » du déroulement du scrutin, elle a aussi admis que les opérations de vote n’avaient pas du se dérouler dans environ 8.500 bureaux de vote.

La Commission électorale avait in extremis décidé d’un report d’une semaine des opérations électorales initialement prévues le 16 février, pour des raisons logistiques.

Les organisations de la société civile qui contrôlaient le vote ont de leur côté indiqué que seize personnes avaient trouvé la mort dans des violences liées aux scrutins.


Le groupe de surveillance de la société civile Situation Room a recensé 16 morts dans 8 Etats, dont six morts dans le seul Etat de Rivers (sud-est).

Situation Room évoque des « problèmes logistiques » (retard d’ouvertures des bureaux de votes, problèmes avec les lecteurs de cartes électroniques, achats de voix…) et s’est dit « déçu » par les manquements de la Commission électorale.

Dans ce pays de 190 millions d’habitants, où les violences sont quotidiennes et où de nombreuses régions sont en proie aux groupes criminels, notamment en période électorale, un bilan de seize morts reste assez bas et les défis logistiques sont immenses, soulignaient des observateurs.

Entre octobre et le jour du scrutin, les violences électorales ont fait 233 morts, selon le cabinet de surveillance SBM Intelligence.

Le vainqueur de ce scrutin aura la lourde tâche de redynamiser l’économie en berne depuis plusieurs années, lutter contre une corruption endémique et sécuriser de nombreuses régions du pays, en proie aux groupes armés ou gangs criminels, notamment dans le nord-est ravagé depuis dix ans par les opérations du groupe islamiste Boko Haram.



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