Le retour annoncé de l’ancien président Macky Sall à Dakar, les remous qu’il suscite sur la scène politique et la nouvelle vague de changements à la tête des entreprises publiques dominent largement les colonnes de la presse sénégalaise de ce vendredi 17 juillet.
Après plusieurs mois passés à l’étranger, Macky Sall est attendu dans la capitale sénégalaise dans le cadre de sa campagne pour le poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Un déplacement présenté comme stratégique, puisqu’il devrait être marqué par une audience avec le président Bassirou Diomaye Faye, dans l’espoir d’obtenir le soutien officiel du Sénégal à sa candidature.
Pour Les Échos, l’ancien chef de l’État effectuera un retour en grande pompe. Le quotidien révèle que ses partisans préparent un accueil populaire d’envergure. Déjà présente à Dakar, son épouse aurait d’ailleurs été confrontée à une importante bousculade de militants à son arrivée au siège de l’Alliance pour la République (APR), tant l’affluence était importante.
L’As voit dans ce déplacement un véritable tournant politique. Le journal estime que Macky Sall, qui sillonne depuis plusieurs semaines les continents pour défendre sa candidature à l’ONU, est parvenu à convaincre son propre pays de lui apporter son appui officiel. Une évolution que le quotidien résume par un titre évocateur : « Un retour gagnant ».
Mais cette lecture est loin de faire l’unanimité. WalfQuotidien décrit au contraire une visite hautement polémique. Le journal souligne que les familles des victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024 dénoncent la tenue de cette rencontre avec le chef de l’État et réclament toujours que justice soit rendue. Selon le quotidien, l’annonce de cette visite continue d’alimenter les débats et les controverses dans le pays.
Parallèlement à cette actualité, la presse revient largement sur les importantes décisions prises lors du dernier Conseil des ministres, marqué par le remplacement de plusieurs directeurs généraux d’entreprises publiques et parapubliques.
Ces nominations alimentent de nombreuses analyses politiques. L’As évoque une nouvelle étape de la « dépastéfisation », tandis que WalfQuotidien parle d’une « deuxième vague dévastatrice », estimant que la réorganisation engagée au sommet de l’État se poursuit avec intensité.
Même tonalité du côté des Échos, qui considère que le président Bassirou Diomaye Faye poursuit une stratégie de « désonkorisation » de l’administration. Le journal cite notamment le départ du directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian, présenté comme l’une des figures les plus proches d’Ousmane Sonko au sein de l’appareil d’État.
Pour WalfQuotidien, cette série de limogeages traduit une volonté assumée du chef de l’État d’imprimer sa propre marque dans la gouvernance publique. Le journal estime que Bassirou Diomaye Faye agit avec fermeté, sans multiplier les déclarations publiques, mais en procédant à des décisions concrètes.
Enfin, Le Soleil met en lumière un autre dossier porté par le président de la République. Selon le quotidien, Bassirou Diomaye Faye a décidé de mobiliser les corps de contrôle afin d’examiner plusieurs insuffisances relevées dans la gestion des autorités administratives indépendantes et des structures parapubliques.
Le chef de l’État y dénonce notamment certaines pratiques liées à l’acquisition et à l’utilisation de véhicules administratifs, ainsi que la signature de contrats ou d’accords engageant durablement des organismes publics, parfois dans des périodes de transition, appelant à un renforcement de la rigueur dans la gouvernance des institutions publiques.




