Sénégal : Ousmane Sonko sort du silence et expose les raisons de sa rupture avec le pouvoir exécutif

Pour la première fois depuis son départ de la Primature, Ousmane Sonko a livré publiquement sa lecture des événements ayant…

Pour la première fois depuis son départ de la Primature, Ousmane Sonko a livré publiquement sa lecture des événements ayant conduit à sa séparation politique avec le président Bassirou Diomaye Faye.

 

Lors d’une conférence de presse tenue mardi, l’ancien Premier ministre a évoqué des divergences profondes apparues au sommet de l’État au cours des derniers mois. Selon lui, la rupture s’est matérialisée après une rencontre au palais présidentiel, au cours de laquelle le chef de l’État lui aurait signifié la fin de leur collaboration politique.

Ousmane Sonko affirme avoir été écarté sans qu’une concertation préalable ne soit menée avec les instances du Pastef-Les Patriotes concernant son remplacement à la tête du gouvernement. Il soutient avoir attendu un dialogue politique avant de constater que la décision était déjà arrêtée.

Le leader du Pastef estime que les désaccords portaient sur plusieurs dossiers majeurs, notamment la gestion de la dette publique, les relations avec le Fonds monétaire international, les réformes de la justice, la politique des prix ainsi que l’architecture du nouveau gouvernement. À ses yeux, la volonté de réduire l’influence de son parti au sein de l’exécutif traduirait une stratégie visant à affaiblir la majorité politique qui a porté l’alternance de 2024.

L’ancien chef du gouvernement a également adressé des critiques à son successeur, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo. Sans entrer dans les détails, il a laissé entendre que certaines personnalités auraient joué un rôle dans les tensions ayant émergé entre le Pastef et la présidence de la République.

Dans le même temps, Ousmane Sonko a réaffirmé que son parti ne participait pas au nouvel exécutif. Il a considéré que les responsables issus du Pastef ayant accepté de conserver leurs fonctions ministérielles ne représentaient pas la ligne officielle du mouvement et a évoqué d’éventuelles mesures disciplinaires à leur encontre.

Parmi les révélations marquantes de son intervention figure l’existence d’un accord politique conclu avant l’élection présidentielle de 2024, qu’il a présenté comme un cadre de compréhension entre lui-même et Bassirou Diomaye Faye concernant l’exercice du pouvoir et les perspectives politiques à l’horizon 2029.

Malgré la fermeté de ses propos, Ousmane Sonko a opéré une distinction entre les membres du gouvernement et les responsables d’administrations ou d’entreprises publiques. Selon lui, les directeurs généraux et autres responsables techniques peuvent demeurer à leurs postes dès lors que leurs fonctions relèvent de la gestion administrative et ne compromettent pas leur engagement politique.

Cette sortie médiatique confirme l’existence de tensions désormais ouvertes entre les deux figures majeures de l’alternance sénégalaise et ouvre une nouvelle séquence politique dont les conséquences pourraient se faire sentir aussi bien au sein de l’exécutif qu’à l’Assemblée nationale.

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