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Soudan: la contestation accepte des négociations avec les généraux

Les chefs de la contestation soudanaise ont accepté mercredi sous conditions une proposition des médiateurs de reprendre des « négociations directes » sur la transition avec les généraux au pouvoir, après un bras de fer de plusieurs semaines et un durcissement de la répression.

Depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir, la tension est montée entre le Conseil militaire de transition, qui tient les rênes du pays, et le principal mouvement de contestation, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC).

Les négociations avaient été suspendues le 20 mai, chaque partie souhaitant diriger la transition prévue sur trois ans.

La crise a atteint son paroxysme avec la dispersion le 3 juin d’un sit-in de manifestants installé devant le QG de l’armée à Khartoum, qui a fait des dizaines de morts et provoqué un tollé international.

L’Ethiopie et l’Union africaine (UA) ont récemment engagé une médiation pour une reprise des pourparlers, élaborant un plan de transition. Mardi ils ont invité les deux camps à reprendre les négociations dès mercredi.

L’ALC « a tenu une réunion et décidé d’accepter l’invitation à des négociations directes », a indiqué en conférence de presse un meneur de la contestation, Madani Abbas.

De son côté, le conseil militaire ne s’est pas encore prononcé.

Parmi les « conditions » posées par la contestation figure la mise en place d’un « cadre temporel pour ces négociations », a souligné M. Madani. « Nous avons proposé 72 heures. Ni nous, ni le peuple soudanais ne sommes disposés à entreprendre des négociations sans fin. »

La contestation réclame également une copie du texte du plan de médiation comprenant « les amendements » qu’elle a proposés, en premier lieu celui portant sur la nécessité de discuter principalement de l’instance de transition.

– « Désobéissance civile » –

Mardi, les médiateurs avaient assuré que les négociations allaient porter sur cette instance: un « Conseil souverain » constitué de huit civils et sept militaires.


Sur les huit civils, sept seraient issus de l’ALC tandis que le dernier serait choisi par les deux camps.

Ce « Conseil souverain » doit être présidé par un des militaires pendant 18 mois, avant qu’un civil ne prenne la relève jusqu’à la fin de la transition, qui doit durer au total trois ans, d’après le document.

Les deux camps avaient suspendu en mai leurs pourparlers, en grande partie à cause de la composition de cette instance de transition, chaque partie voulant en prendre la tête.

Les développements concernant les négociations interviennent quelques jours seulement après des manifestations de masse. Celles-ci ont vu des dizaines de milliers de personnes défiler dimanche à travers le pays, malgré un important dispositif sécuritaire et un blocage d’internet en vigueur depuis près d’un mois, pour réclamer aux généraux de céder le pouvoir.

Dix personnes ont été tuées et plus de 180 blessées dans des violences en marge de ces derniers rassemblements, selon les autorités.

Ces morts portent à 136 le nombre de victimes de la répression depuis la dispersion du sit-in, qui avait fait à elle seule une centaine de morts selon un comité de médecins proche de la contestation. Les autorités évoquent 71 morts depuis le 3 juin.

Les chefs de la contestation ont appelé à la tenue d’une grande manifestation le 13 juillet suivie par une campagne de désobéissance civile.

Une campagne similaire, menée du 9 au 11 juin, avait quasiment paralysé la capitale.

La contestation au Soudan a été déclenchée initialement par le triplement en décembre du prix du pain dans un pays pauvre à l’économie exsangue.

Les manifestations ont rapidement pris une tournure politique en réclamant l’éviction d’Omar el-Béchir, qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis près de trois décennies.



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