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Soudan: manifestation contre la mort en détention d’un enseignant

Des Soudanais ont manifesté vendredi contre la mort en détention d’un enseignant, arrêté pour ses liens avec le mouvement de contestation antigouvernemental qui secoue le pays depuis décembre.

Une foule de manifestants a défilé dans la localité de Khashm al-Girba (Etat de Kassala, est) à la sortie de plusieurs mosquées après la prière hebdomadaire, a affirmé un témoin joint au téléphone par l’AFP à Khartoum.

« Avec notre sang et avec notre âme nous nous sacrifierons pour toi professeur », ont chanté les manifestants.

Jeudi, Amer Ibrahim, à la tête d’un comité relevant du bureau du procureur, a reconnu qu’Ahmed al-Kheir, un enseignant de 36 ans arrêté la semaine dernière à Khashm al-Girba avait « succombé à ses blessures » subies lors de sa détention.

Membre du Parti du congrès populaire (islamiste) présent au gouvernement, Ahmed al-Kheir avait réclamé une enquête sur la mort de manifestants lors des rassemblements antigouvernementaux. Il a été arrêté par des agents du service du renseignement (NISS) pour avoir organisé des manifestations, selon un proche.

Le Soudan est secoué par un mouvement de contestation déclenché le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain. Les manifestations se sont rapidement répandues dans le pays et se sont transformées en mouvement de protestation contre le président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989.


Selon un bilan officiel, 30 personnes sont mortes depuis le début du mouvement. Human Rights Watch (HRW) a fait état de 51 morts.

Vendredi, des rassemblements antigouvernementaux ont eu lieu à Khartoum et dans la ville voisine d’Omdourman, selon des témoins.

La police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui scandaient « liberté, liberté » à l’extérieur d’une mosquée à Omdourman, dirigée par le principal parti d’opposition Al-Oumma. Des cartouches de gaz lacrymogène ont touché les murs de la mosquée, ont affirmé les témoins.

Le mouvement de protestation est soutenu par le chef du parti Al-Oumma, Sadek al-Mahdi, dernier Premier ministre démocratiquement élu, chassé en 1989 par le coup d’Etat fomenté par l’actuel président.

Depuis le début des troubles, Omar el-Béchir a exclu de démissionner et imputé les violences lors des manifestations à des « conspirateurs ».

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