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Syrie: la position kurde dans le conflit depuis 2011

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Rappel des étapes-clés qui ont marqué l’attitude des Kurdes de Syrie depuis le début du conflit en 2011.

Ceux-ci ont exhorté lundi les Européens à ne pas les abandonner une fois le groupe Etat islamique (EI) vaincu et à contribuer à la création d’une force internationale dans le nord syrien face à la Turquie voisine.

– Engagement prudent –

Le 1er avril 2011, plusieurs centaines de personnes défilent pour la première fois à Qamichli, Amouda et Hassaké, dans le nord-est syrien à majorité kurde, en scandant « Nous ne voulons pas seulement la nationalité mais aussi la liberté », selon des témoins.

En 1962, 20% des Kurdes de Syrie avaient été privés de leur citoyenneté à la suite d’un recensement controversé.

Le 7 avril, le président syrien Bachar al-Assad promulgue un « décret octroyant à des personnes enregistrées comme étrangères dans le gouvernorat de Hassaké la citoyenneté arabe syrienne ». La mesure concerne environ 300.000 personnes.

Mais dès le lendemain, des manifestations ont lieu dans plusieurs localités du nord, notamment en faveur de la libération de détenus. Plusieurs autres vont rassembler des milliers de personnes à Qamichli, Amouda et Derbassiyé.

– Un opposant assassiné –

Le 7 octobre 2011, Mechaal Tamo, qui avait rejoint le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, est tué à Qamichli.

Récemment libéré après trois ans et demi de prison, il avait rejeté une proposition de dialogue présentée aux partis kurdes par les autorités.

Le lendemain, les forces de sécurité tirent sur l’immense foule participant à ses funérailles.

– L’armée se retire –

En juin 2012, l’armée syrienne libre (ASL), mise sur pied par des déserteurs syriens ayant rallié l’opposition au régime, appelle les « frères kurdes » à rejoindre la rébellion.

Mais les Kurdes, méfiants envers l’opposition qu’ils jugent peu encline à reconnaître leur spécificité, vont tenter de garder leurs régions à l’abri des violences.

En juillet, l’armée se retire sans combat de certaines régions kurdes où des militants proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) se sont déployés, suscitant des soupçons de collusion avec le régime.

Ankara accuse même Damas d’avoir « confié » plusieurs zones du nord de la Syrie à la branche syrienne du PKK, le Parti de l’union démocratique (PYD).


– Administration autonome –

Le 12 novembre 2013, le PYD et d’autres formations kurdes signent une déclaration établissant une administration autonome dans la région kurde. En 2016, est annoncée la création d’une « région fédérale », divisée en trois cantons.

L’annonce intervient après des victoires sur le terrain des combattants kurdes face aux jihadistes.

La Coalition de l’opposition qualifie le PYD de « formation hostile à la révolution syrienne ».

– Alliés des Etats-Unis –

En octobre 2014, le département d’Etat révèle que des responsables américains ont rencontré pour la première fois des kurdes du PYD dans le cadre de la stratégie des Etats-Unis contre l’EI.

En septembre, une coalition menée par les Etats-Unis avait lancé ses premiers raids contre les jihadistes en Syrie, qui s’étaient emparés au cours des mois précédents de larges territoires dans le nord et l’est.

Début 2015, les forces kurdes soutenues par les frappes de la coalition chassent l’EI de Kobané, une ville proche de la frontière turque, après plus de quatre mois de violents combats.

En octobre 2015, les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées de 25.000 Kurdes et 5.000 Arabes, sont créées. Dominées par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), elles vont recevoir une aide conséquente des Etats-Unis, en armement mais aussi en soutien aérien.

Le 18 décembre 2017, le président Assad qualifie de « traîtres » les combattants kurdes soutenus par les Etats-Unis.

– Appel à l’aide du régime –

Le 27 juillet 2018, le Conseil démocratique syrien, bras politique des FDS, effectue une première visite officielle à Damas, deux mois après que le président Assad eut menacé de recourir à la force pour reconquérir les territoires kurdes.

Le 28 décembre, quelques jours après l’annonce des Etats-Unis du retrait de leurs troupes, les YPG appellent le régime à déployer ses troupes dans la région de Minbej. L’armée répond à l’appel.

Le 24 janvier 2019, le commandant en chef des FDS, Mazloum Kobani, plaide pour que l’alliance arabo-kurde des FDS bénéficie à l’avenir d’un « statut spécial » de la part d’Assad.

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