La nouvelle dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s demeure l’un des principaux sujets de la presse quotidienne de ce lundi. De nombreux journaux reviennent sur le passage de la note de Caa1 à Caa2, une dégradation qui intervient alors que les discussions entre Dakar et le Fonds monétaire international (FMI) arrivent à leur terme.
À sa une, Tribune résume la situation avec ce titre : « Sans accord avec le FMI, la note du Sénégal chute encore ». Le journal rappelle que Moody’s justifie cette décision par « une pression constante sur le refinancement » du Sénégal, mais aussi par l’absence prolongée d’un nouveau programme avec le FMI.
L’As revient également sur cette décision et titre sur la dégradation de la note souveraine de Caa1 à Caa2. Le quotidien souligne surtout le calendrier de cette annonce, intervenue à moins de 24 heures de la fin des discussions entre les autorités sénégalaises et la mission du FMI présente à Dakar.
Pour Les Echos, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un climat marqué par des tensions entre l’exécutif et le législatif. Le journal estime que ces facteurs participent au contexte ayant conduit à cette nouvelle dégradation, qu’il présente comme une plongée du pays « dans les abysses économiques ». Il insiste également sur la persistance des tensions budgétaires, alors que Dakar cherche parallèlement à restaurer la confiance des investisseurs avec la présence des équipes du FMI dans la capitale.
Le Quotidien choisit, comme à son habitude, le jeu de mots pour illustrer la situation. « Un pays toujours Moody’s », affiche le journal, qui considère que le Sénégal se retrouve désormais « coincé au quatrième sous-sol ». La publication souligne que cette nouvelle alerte intervient alors que le FMI séjourne à Dakar, que l’agence Standard & Poor’s reste attentive à la situation et que le coût de la vie demeure élevé. Le journal rappelle surtout l’ampleur de la dégradation enregistrée en une année, la note du Sénégal étant passée de B1 à Caa2, avec une perspective négative.
Dans cette atmosphère, Walfquotidien décrit un Sénégal pris « dans un tourbillon ». Le journal met en parallèle la dégradation de la note souveraine, le renvoi de la Déclaration de politique générale du Premier ministre et le report des élections locales. Selon la publication, le pays traverse une période particulièrement difficile, avec une situation socio-économique marquée par une nouvelle dégradation de sa notation et un front social sous tension. Sur le terrain politique, elle relève également l’incertitude entourant la Déclaration de politique générale et le calendrier des élections locales.
Le tableau dressé par la presse n’est toutefois pas exclusivement négatif. Le Soleil relève notamment que le Sénégal est parvenu, le 28 août, à lever 77 milliards de francs CFA sur le marché des titres publics, malgré un contexte jugé tendu et un marché en resserrement. Le quotidien précise que cette opération porte à 2 075 milliards de francs CFA le montant mobilisé par le pays sur ce marché depuis le début de l’année 2026.
La Déclaration de politique générale du Premier ministre reste par ailleurs au centre des interrogations. Sud Quotidien rapporte les observations du député Amadou Ba, membre de Pastef-Les Patriotes, pour qui aucune date ne peut être retenue avant le respect des procédures prévues par le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Le juriste-consultant El Amath Thiam apporte une lecture juridique similaire. Interrogé par Sud Quotidien, il estime que le droit ne permet pas de mettre en place une « motion de censure express » à l’occasion de cette Déclaration de politique générale. Le quotidien rappelle, en s’appuyant sur son analyse, que deux jours francs doivent s’écouler entre le dépôt d’une motion de censure, son inscription à l’ordre du jour et son vote.
Ainsi, entre les inquiétudes liées à la notation financière, les négociations avec le FMI, les tensions institutionnelles et les incertitudes sur le calendrier politique, la presse sénégalaise décrit un pays confronté à plusieurs fronts simultanés. La capacité de Dakar à restaurer la confiance financière tout en stabilisant son environnement politique apparaît désormais comme l’un des principaux enjeux des prochains mois.

