Côte d’Ivoire-Sénégal : le Premier ministre sénégalais reçu par le president Alassane Ouattara

Au terme de sa visite de travail de 24 heures à Abidjan, le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Alhaminou Lô, a été reçu par le président ivoirien, Alassane Ouattara, et le vice-président, Tiémoko Meyliet Koné. Ces audiences au sommet de l’État ivoirien ont permis d’aborder les perspectives de renforcement des relations entre Dakar et Abidjan.

Les discussions ont notamment porté sur la sécurité, le commerce, l’agriculture et les politiques publiques. Les deux pays souhaitent approfondir leur coopération dans ces domaines stratégiques, en misant sur le développement des échanges commerciaux, le renforcement de la collaboration sécuritaire et le partage d’expériences dans la conduite de l’action publique.

Cette visite traduit la volonté des autorités sénégalaises et ivoiriennes de consolider les liens historiques d’amitié et de solidarité entre les deux pays. Dakar et Abidjan entendent également intensifier leur concertation et multiplier les initiatives communes en faveur du développement économique et social, ainsi que de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.

À travers ces rencontres avec les plus hautes autorités ivoiriennes, le Sénégal réaffirme son attachement à une coopération fondée sur le dialogue et la recherche de réponses communes aux défis régionaux. Cette étape de la visite vise ainsi à donner un nouvel élan à l’axe Dakar-Abidjan et à consolider un partenariat au service des deux pays.

Sénégal : Ousmane Sonko refuse de voter la loi de finances rectificative en l’état

Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 se heurte à l’opposition d’Ousmane Sonko. Le lundi 19 octobre 2026, à Dakar, le président de PASTEF a annoncé que les députés de son parti ne voteraient pas le texte dans sa configuration actuelle. Il conteste plusieurs arbitrages budgétaires du gouvernement et réclame des corrections avant son adoption. Dans la foulée, il a invité le Premier ministre, Al Aminou Lô, à un débat public sur la situation des finances publiques du Sénégal.

Transmis à l’Assemblée nationale deux semaines plus tôt, le projet budgétaire ne correspondrait pas, selon Ousmane Sonko, aux orientations de l’Agenda national de transformation. Le responsable politique dénonce notamment la réduction des crédits destinés aux secteurs sociaux, en particulier à l’éducation et à la formation professionnelle. Il s’interroge également sur la place accordée à l’investissement dans les choix économiques du gouvernement, malgré la demande d’examen prioritaire formulée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Pour le président de PASTEF, adopter le texte sans tenir compte de ces insuffisances reviendrait à engager la responsabilité des parlementaires dans les décisions contestées. Il estime que l’Assemblée nationale pourrait se rendre « complice » des choix du gouvernement si elle approuvait la LFR en l’état.

Au cœur de ses critiques figure aussi la diminution de l’enveloppe consacrée aux subventions des produits pétroliers. Selon les chiffres avancés par Ousmane Sonko, cette enveloppe est passée de 790 à 552 milliards de francs CFA, soit une baisse d’environ 30 %. Il relie cette évolution aux exigences de l’accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoirait, selon ses déclarations, un plafonnement des subventions à 1 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici quelques années.

Cette réduction fait craindre à l’ancien Premier ministre une hausse des prix des hydrocarbures. Il a notamment évoqué une possible augmentation du prix du litre de diesel. Une telle évolution pourrait alourdir les coûts du transport et se répercuter sur les prix de nombreux biens et services. Ousmane Sonko estime que ces conséquences potentielles sur le pouvoir d’achat des ménages justifient un examen approfondi des choix budgétaires.

Au-delà de la contestation du texte, le leader de PASTEF souhaite ouvrir un débat public avec son successeur à la Primature. Il invite Al Aminou Lô à confronter ses arguments aux siens devant les Sénégalais. Les échanges porteraient notamment sur les orientations budgétaires, la gestion de la dette publique et les effets des mesures envisagées sur les conditions de vie des populations.

Pour Ousmane Sonko, cette confrontation permettrait aux citoyens de mieux comprendre les décisions économiques du gouvernement et d’en apprécier les conséquences. En attendant une éventuelle réponse du Premier ministre, le président de PASTEF maintient sa position : les députés de sa formation ne voteront pas la loi de finances rectificative pour 2026 tant que les insuffisances qu’il dénonce n’auront pas été prises en compte.

Ce désaccord place désormais le projet budgétaire au centre des discussions politiques. Son examen devra permettre de mesurer les possibilités de compromis entre les orientations défendues par le gouvernement et les exigences formulées par le président de PASTEF, dans un contexte où la gestion de la dette et la préservation du pouvoir d’achat occupent une place importante dans le débat public.

Sénégal : Ousmane Sonko invite le Premier ministre à un débat ouvert sur les finances publiques

Ousmane Sonko veut confronter ses arguments à ceux de son successeur à la Primature. Le président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre du Sénégal a invité Amadou Al Aminou Lô à un débat public sur la gestion des finances publiques. Cette proposition intervient alors que le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 est en cours d’examen à l’Assemblée nationale.

Lors d’un conclave de son parti, Pastef, Ousmane Sonko a passé au crible les orientations de ce texte budgétaire. Il a notamment attiré l’attention sur les conséquences possibles de la suppression des subventions pour les ménages sénégalais. Selon lui, cette mesure pourrait provoquer une hausse généralisée des prix, notamment ceux des hydrocarbures.

Le diesel figure parmi les produits au centre de ses préoccupations. Une éventuelle augmentation de son prix pourrait se répercuter sur les tarifs du transport et, par conséquent, peser davantage sur le pouvoir d’achat des populations. Pour l’ancien chef du gouvernement, ces choix économiques méritent donc d’être discutés publiquement.

Ousmane Sonko appelle ainsi le Premier ministre Amadou Al Aminou Lô à accepter un échange contradictoire devant les Sénégalais. Il souhaite que chacun puisse présenter ses arguments sur les orientations budgétaires et la conduite des finances publiques.

À l’issue de cette confrontation, estime le président de Pastef, les citoyens pourraient se faire leur propre opinion en comparant les positions défendues par les deux responsables. Reste à savoir si le chef du gouvernement donnera suite à cette invitation.

Revue de presse : le gouvernement face aux syndicats et à la menace de blocage du budget

La tension monte sur deux fronts au Sénégal. Alors que plusieurs secteurs se préparent à une grève générale de trois jours à partir du mercredi 21 octobre 2026, Ousmane Sonko menace de faire rejeter les projets de loi de finances rectificative de 2026 et de budget initial de 2027. Ces deux dossiers dominent la presse sénégalaise de ce mardi 20 octobre, entre les appels au dialogue de l’Exécutif et les désaccords sur les choix économiques du pays.

Dans le quotidien Le Soleil, l’accent est mis sur la tentative du gouvernement de désamorcer la crise sociale. Neuf ministres ont pris la parole lundi 19 octobre pour présenter les mesures engagées en faveur des travailleurs et défendre le bilan de l’État dans l’application du Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive. Le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté, a notamment évoqué les recrutements, les intégrations administratives et les avancées en matière de protection sociale. Il a également appelé les syndicats à privilégier le dialogue et à suspendre leur mot d’ordre de grève.

L’Observateur décrit, de son côté, un Exécutif sous pression, qui tente de convaincre les partenaires sociaux à la veille d’un mouvement annoncé dans plusieurs secteurs. Le journal rapporte que les autorités mettent en avant les progrès réalisés dans l’exécution des engagements sociaux, tout en alertant sur les conséquences possibles d’un arrêt de travail de 72 heures pour la croissance économique nationale.

Même préoccupation chez Sud Quotidien, qui revient sur les grèves prévues les 21, 22 et 23 octobre dans l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, la justice et les transports. Sur les 84 engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive, 35 auraient été entièrement réalisés et 25 seraient en cours d’exécution, selon les chiffres présentés par le ministre. Le gouvernement cite notamment la généralisation de l’indemnité de logement, les régularisations administratives et les recrutements dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Malgré ces avancées revendiquées, les tensions avec les centrales syndicales restent vives.

L’autre sujet majeur concerne les finances publiques. À l’approche de l’examen des projets de loi de finances rectificative de 2026 et de loi de finances initiale de 2027, Ousmane Sonko affiche son opposition à plusieurs orientations du gouvernement dirigé par Amadou Al Aminou Lô. Selon Sud Quotidien, le président de PASTEF-Les Patriotes conditionne le soutien des députés de son parti à des mesures visant notamment à encadrer légalement les fonds spéciaux.

Les Echos souligne que cette prise de position intervient après plusieurs semaines de silence du leader de Pastef. Entouré de ses proches collaborateurs, Ousmane Sonko a exposé ses désaccords avec le président Bassirou Diomaye Faye et critiqué les arbitrages budgétaires de l’Exécutif. La baisse des subventions, le pouvoir d’achat des ménages et le contrôle de l’argent public figurent parmi les points de friction. Le journal rapporte également qu’il a invité le Premier ministre Amadou Al Aminou Lô à un débat public sur les termes de la loi de finances rectificative.

De son côté, Yoor Yoor résume cette offensive par une formule : Ousmane Sonko « met le budget en sursis ». Le journal évoque plusieurs exigences, dont un encadrement strict des fonds spéciaux, une baisse des taxes sur le diesel et une réévaluation des bourses familiales. Le leader de Pastef conteste aussi certaines orientations économiques liées au Fonds monétaire international (FMI). Il estime que les choix budgétaires ne doivent pas faire peser l’effort de redressement sur le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

Entre les menaces de grève et le bras de fer autour des finances publiques, l’Exécutif sénégalais fait ainsi face à une séquence délicate. La capacité du gouvernement à renouer le dialogue avec les syndicats et à trouver un terrain d’entente sur les textes budgétaires sera déterminante dans les prochains jours.

CAN 2025 : le TAS rendra son verdict sur le titre fin novembre

Le suspense autour du vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 se prolongera encore plusieurs semaines. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a annoncé, ce lundi 19 octobre 2026, que sa décision dans le litige opposant les fédérations sénégalaise et marocaine de football sera connue à la fin du mois de novembre.

Cette annonce intervient après l’audience organisée le 8 octobre dernier au siège de la juridiction, à Lausanne, en Suisse. Les délégations concernées avaient alors été entendues à huis clos. Quelques jours après cette étape, Matthieu Reeb, directeur général du TAS, avait déjà prévenu que la décision ne serait pas rendue immédiatement.

Dans son communiqué, le TAS précise que les arbitres ont commencé leurs délibérations et poursuivent actuellement leur examen du dossier. Ils ont choisi de rendre une décision complète, accompagnée de ses motifs juridiques. Cette décision, appelée « sentence du TAS », nécessite plusieurs semaines de travail avant sa publication.

Le recours a été introduit par la Fédération sénégalaise de football (FSF) contre la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF). En attendant le verdict, le TAS rappelle que seules les informations diffusées par ses canaux officiels font foi. Toute nouvelle communication sur cette affaire sera publiée sur son site internet.

Sénégal : les importations de sucre suspendues à partir de novembre 2026

Le Sénégal s’apprête à suspendre une nouvelle fois les importations de sucre. À compter de novembre 2026, cette mesure devrait s’appliquer pendant une période prévisionnelle de huit à neuf mois. Le ministère de l’Industrie et du Commerce entend ainsi favoriser la production nationale, tout en veillant à la stabilité des prix et à la disponibilité du produit sur le marché.

Dans un communiqué signé par le ministre Serigne Guèye Diop, le département précise que la durée de cette suspension pourra évoluer en fonction des volumes produits localement et des besoins des consommateurs. Une mesure similaire avait déjà été appliquée entre novembre 2025 et août 2026.

Le dispositif prévoit également l’arrêt des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA) dès la reprise effective des activités industrielles de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS). Les autorités insistent par ailleurs sur la nécessité de constituer un stock de sécurité correspondant à un mois de consommation nationale. Les réserves actuelles de la CSS sont estimées à environ 30 000 tonnes.

La production locale et le pouvoir d’achat au cœur des préoccupations

La suspension annoncée intervient dans un contexte marqué par un écart de prix entre le sucre produit au Sénégal et celui importé, généralement vendu moins cher. Le ministère reconnaît cette différence et indique qu’elle fait l’objet d’un suivi.

L’enjeu consiste à soutenir l’industrie sucrière nationale sans négliger les conséquences des prix sur le budget des ménages. Les autorités devront ainsi tenir compte de l’évolution de la production locale et des besoins du marché pour ajuster la durée de la mesure.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce appelle enfin les acteurs de la filière à faire preuve de responsabilité afin de garantir la continuité de l’approvisionnement et de préserver un climat social apaisé. Il réaffirme son engagement à assurer un accès équitable au sucre sur l’ensemble du territoire national.

Sénégal : deux ouvriers meurent dans un accident lors de travaux à la Dakar Arena

Un Sénégalais et un Argentin ont perdu la vie samedi 17 octobre 2026 lors de travaux d’installation d’équipements d’éclairage à la Dakar Arena, dans le pôle urbain de Diamniadio. La Gendarmerie nationale sénégalaise a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances de cet accident du travail.

Selon un communiqué publié le lundi 19 octobre, le drame s’est produit aux environs de 15 h 13 dans l’enceinte de la Dakar Arena, située dans le quatrième arrondissement du pôle urbain de Diamniadio. Les deux hommes intervenaient sur le site pour installer des équipements d’éclairage.

Les victimes travaillaient pour KOB Logistic, une société sous-traitante de FAST, entreprise intervenant pour le compte du Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ). Au moment de l’accident, les deux ouvriers se trouvaient sur une nacelle élévatrice. Le ressortissant sénégalais en assurait la manipulation, tandis que son collègue argentin était chargé de réparer les projecteurs.

D’après les premiers éléments rapportés par la Gendarmerie, un déséquilibre a provoqué le renversement de la nacelle. Les deux hommes ont alors été projetés au sol. Évacués après leur chute, ils ont succombé à leurs blessures. Le communiqué ne précise ni leur identité ni le lieu où ils ont été transportés.

Une enquête ouverte pour établir les circonstances du drame

La Section de recherches de Dakar a été chargée de l’enquête. Elle devra faire la lumière sur les circonstances exactes de l’accident. À ce stade, aucune cause précise n’a été établie officiellement. La Gendarmerie évoque uniquement un « déséquilibre » à l’origine du renversement de la nacelle.

Dans son communiqué, la Gendarmerie nationale a présenté ses condoléances aux familles des deux victimes. Elle a également rappelé que ses communications officielles sont diffusées exclusivement sur ses plateformes numériques.

Le Soleil
© Le Soleil

Le Premier ministre Sénégalais Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo en visite à Abidjan

Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo, séjourne en Côte d’Ivoire du 18 au 19 octobre 2026 dans le cadre d’une visite de travail et d’amitié. À son arrivée à Abidjan, le chef du gouvernement sénégalais a été accueilli à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny par son homologue ivoirien, Robert Beugré Mambé.

Ce déplacement de 24 heures prévoit une séance de travail entre les deux Premiers ministres et leurs délégations respectives à la Primature ivoirienne. Des audiences de haut niveau figurent également au programme. Ces rencontres s’inscrivent dans la dynamique de renforcement des relations de coopération entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Pour cette visite, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo est accompagné d’une délégation gouvernementale comprenant les ministres chargés de l’Intérieur, du Commerce et de l’Agriculture. Le ministre auprès du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération, fait également partie de la délégation.

Les échanges entre les deux parties devraient porter sur des questions d’intérêt commun et les perspectives de consolidation des relations bilatérales. Les domaines économique, commercial, agricole et sécuritaire figurent notamment parmi les secteurs concernés par cette coopération.

Revue de presse : Macky Sall, CEDEAO-AES et grèves au menu des quotidiens

Le retrait de Macky Sall de la course au secrétariat général de l’ONU, les discussions entre la CEDEAO et l’AES et les grèves annoncées dans l’éducation et la santé occupent les Unes des journaux sénégalais ce lundi 19 octobre.

La presse sénégalaise ouvre la semaine sur trois dossiers majeurs : le retrait de Macky Sall de la course au secrétariat général des Nations unies, les discussions engagées entre la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel (AES), ainsi que les mouvements de grève annoncés dans l’éducation et la santé.

« Macky Sall jette l’éponge », titre L’As, qui souligne que la compétition pour la succession au poste de secrétaire général de l’organisation internationale se poursuit désormais sans l’ancien président sénégalais.

Dans une déclaration datée du 17 octobre à Marrakech, Macky Sall explique avoir décidé de retirer sa candidature afin de favoriser l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité. Selon Sud Quotidien, cette décision intervient après le scrutin informel du 16 octobre, qui a mis en évidence les difficultés des sept candidats à obtenir le soutien des cinq membres permanents du Conseil.

Le Quotidien résume cet épisode par le titre « Macky Sall quitte la tribune », en établissant un lien entre le vote informel et le retrait de l’ancien chef de l’État. Yoor Yoor adopte une lecture plus critique. Le journal estime que cette décision, présentée par ses soutiens comme un acte de sagesse, constitue plutôt une capitulation destinée à éviter une humiliation.

WalfQuotidien donne également la parole à l’enseignant-chercheur en science politique à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Dr Jean Charles Biagui. Selon lui, les observateurs qui connaissent les mécanismes de la politique mondiale savaient que cette candidature avait peu de chances d’aboutir. Le chercheur estime que la gestion de Macky Sall à la tête du Sénégal, vivement critiquée par ses opposants, a pu peser sur sa crédibilité auprès des membres du Conseil de sécurité. Il invite toutefois à ne pas surestimer le poids des dynamiques politiques internes au Sénégal dans les difficultés rencontrées par cette candidature.

Sur le plan diplomatique régional, Le Soleil met en avant les premières consultations formelles entre la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel. Ouvertes le samedi 17 octobre à Dakar, ces discussions visent à définir un nouveau cadre juridique et institutionnel de coopération entre les deux organisations. La rencontre est coprésidée par les ministres des Affaires étrangères du Sénégal et du Burkina Faso, Cheikh Niang et Karamoko Jean-Marie Traoré. Selon Le Soleil, les échanges doivent permettre aux deux parties de dépasser leurs divergences tout en préservant les acquis de l’intégration régionale et les intérêts des populations.

Le quotidien estime que les bases d’un accord commencent à se dessiner entre les deux organisations. Ces consultations marquent ainsi une nouvelle étape dans le dialogue entre la CEDEAO et les pays regroupés au sein de l’AES, après une période de fortes tensions politiques et institutionnelles.

Sur le front social, WalfQuotidien annonce une nouvelle vague de contestation dans plusieurs secteurs. Dans l’éducation, les syndicats regroupés au sein du G7 ont annoncé une grève générale de trois jours, prévue les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026 dans les établissements scolaires du Sénégal.

Le secteur de la santé est également concerné. La Fédération des syndicats de la santé (F2S) prévoit, elle aussi, un arrêt de travail de 72 heures aux mêmes dates sur l’ensemble du territoire national, rapporte le journal.

Ces annonces font craindre plusieurs jours de perturbations dans deux secteurs essentiels aux services publics. Elles placent les autorités face à de nouvelles revendications syndicales, alors que les organisations professionnelles se préparent à mobiliser leurs membres.

Sénégal : le rapport parlementaire sur les produits de la marque SOFTCARE pointe plusieurs insuffisances

L’Assemblée nationale sénégalaise s’est penchée, vendredi 2 octobre 2026, sur le rapport de la Mission d’information parlementaire consacrée à la commercialisation des produits de marque SOFTCARE au Sénégal. Les députés ont examiné les conclusions de cette mission chargée d’éclairer les circonstances ayant entouré le retrait, puis la remise sur le marché, de ces produits.

Mise en place sur la base de l’article 51 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la mission avait été initiée par la Commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale. Son mandat consistait à établir de manière « impartiale, contradictoire et documentée » les faits liés aux différentes décisions concernant les produits SOFTCARE.

Installée le 5 décembre 2025, la mission a poursuivi ses travaux jusqu’au 2 avril 2026. Elle a réalisé 20 auditions et effectué une visite de terrain sur le site industriel de SOFTCARE à Sindia.

Plusieurs acteurs ont été entendus dans le cadre de ces travaux, notamment des responsables de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), des représentants de l’entreprise, des administrations concernées, des organisations professionnelles, des associations de consommateurs et des experts.

La mission a également bénéficié de l’appui technique de la Direction des Services de Planification, de Contrôle et d’Évaluation des politiques publiques (DSPCEPP) et des assistants parlementaires. Leur contribution a notamment porté sur la collecte et l’analyse des documents, la préparation des auditions et la consolidation des différents constats.

Des insuffisances relevées dans plusieurs domaines

Dans ses conclusions, la Mission d’information parlementaire relève plusieurs insuffisances d’ordre technique, administratif et institutionnel. Elles concernent notamment la traçabilité des matières premières, la gestion des situations de non-conformité, la coordination entre les différents services ainsi que la cohérence de la communication institutionnelle.

Le rapport apporte toutefois une précision concernant la présence de matières premières périmées sur le site de SOFTCARE. La mission confirme leur identification, mais estime que les éléments matériels et documentaires recueillis ne permettent pas, à ce stade, d’établir avec certitude qu’elles ont été utilisées pour fabriquer les produits finis.

« La Mission constate que des matières premières périmées ont bien été identifiées sur le site de SOFTCARE. Toutefois, au regard des éléments matériels et documentaires disponibles, elle estime qu’il n’est pas possible, à ce stade, d’établir avec certitude leur utilisation dans le processus de fabrication des produits finis », rapporte l’Assemblée nationale.

Au-delà du dossier SOFTCARE, les travaux parlementaires mettent en avant la nécessité de renforcer durablement les mécanismes de régulation et de contrôle applicables aux produits de santé, aux cosmétiques et aux produits d’hygiène.

Le rapport formule ainsi plusieurs recommandations. Il préconise notamment l’achèvement du cadre réglementaire, le renforcement des pouvoirs d’inspection et la modernisation des systèmes de traçabilité.

La mission recommande également une meilleure coordination entre les institutions concernées, le renforcement des capacités scientifiques ainsi que l’instauration d’un suivi parlementaire régulier des réformes engagées.

À travers l’examen de ce rapport, l’Assemblée nationale entend ainsi poursuivre sa mission de contrôle de l’action gouvernementale, en mettant l’accent sur la transparence, la redevabilité et l’évaluation des politiques publiques.