Sénégal : Macky Sall vise l’ONU pendant que la guerre Iran–USA inquiète Dakar

SENEGAL-Revue de presse :

Entre ambitions diplomatiques et tensions internationales, la presse sénégalaise met en lumière la candidature de Macky Sall à l’ONU et les répercussions économiques d’un conflit au Moyen-Orient

 

La presse sénégalaise de ce mardi s’articule autour de deux dossiers majeurs : la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies et les inquiétudes suscitées par l’escalade militaire impliquant les États-Unis, Israël et Iran.

Selon le quotidien L’As, la candidature de Macky Sall a été officiellement enregistrée par l’Assemblée générale de l’ONU. Portée par le Burundi dans le cadre du processus de sélection de 2026, elle figure parmi les premières déclarations, alors que le mandat de l’actuel secrétaire général, António Guterres, arrive à son terme.

La démarche suscite des réactions contrastées. Walfquotidien souligne l’effet de surprise provoqué par l’initiative burundaise, tandis que Le Quotidien estime que cette candidature permet à Macky Sall de contourner les hésitations de Dakar. Le journal rappelle notamment que la question avait été reportée lors d’un sommet de l’Union africaine, faute de consensus clair.

Pour Libération, cette candidature, longtemps évoquée comme une simple rumeur, prend désormais une tournure concrète à l’échelle continentale, sous l’impulsion du président burundais Évariste Ndayishimiye. Source A y voit même une ambition africaine assumée, bien que certaines réserves persistent au sein de l’État sénégalais.

D’après L’Observateur, l’issue de cette candidature dépendra largement des équilibres géopolitiques mondiaux. Le processus reste dominé par le Conseil de sécurité des Nations unies, notamment ses cinq membres permanents dotés d’un droit de veto : les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et la France.

Par ailleurs, certains facteurs pourraient peser sur le choix final. Une rotation régionale en faveur de l’Amérique latine est évoquée, tout comme la volonté de voir, pour la première fois, une femme accéder à la tête de l’ONU.

En parallèle, la presse revient largement sur la crise au Moyen-Orient. Le Soleil met en avant les conséquences du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, notamment sur le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite une part importante du pétrole mondial.

Sud Quotidien évoque un possible choc économique global. Le journal souligne que toute perturbation durable dans cette zone pourrait affecter directement les économies africaines, dont celle du Sénégal, déjà exposée aux fluctuations du marché énergétique.

Dans ce contexte international tendu, la presse sénégalaise met en relief un double enjeu : l’affirmation diplomatique du Sénégal sur la scène mondiale et sa vulnérabilité face aux crises géopolitiques majeures.

Sénégal : Sonko sort du silence, tensions au sommet et crise mondiale en toile de fond

SENEGAL-REVUE de PRESSE

Les quotidiens ce lundi, mettent en exergue l’intervention, dimanche soir, du président de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, dans un contexte marqué par des interrogations sur ses rapports avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. En toile de fond, la presse revient également sur la montée des tensions au Moyen-Orient, après les frappes menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran, suivies de la riposte annoncée par Téhéran.

Le journal L’AS évoque notamment des ‘’divergences avec le président Bassirou Diomaye Faye’’ et barre sa Une du titre : ‘’Sonko déballe’’. Le quotidien rapporte que, selon le chef du gouvernement, ‘’une grande partie des tensions actuelles est imputable à des alliés de circonstance’’, précisant que ‘’ce n’est pas son maintien à la primature qui le préoccupe, mais plutôt l’avenir du pays après son départ’’.

Pour sa part, Le Quotidien titre : ‘’Diomaye-Sonko, le double jeu au sommet de l’exécutif’’. Revenant sur une rencontre virtuelle avec des militants, le journal met en avant un message de fermeté adressé à la base : ‘’savoir raison garder’’.

Dans le même élan, la publication consacre sa Une à la crise au Moyen-Orient avec le titre ‘’Dangereuse partie de Golfe’’. Elle évoque une opération militaire baptisée ‘’Epic Fury’’ qui, selon elle, ‘’ouvre la voie à un conflit généralisé’’.

Le journal souligne que ‘’le monde retient son souffle depuis une offensive conjointe israélo-américaine d’une ampleur inédite contre l’Iran’’, évoquant un contexte marqué par des tensions extrêmes dans la région. Il relaie également l’appel du Sénégal en faveur d’un cessez-le-feu immédiat.

Sous le titre ‘’Les mises au point de Sonko’’, WalfQuotidien revient sur les clarifications apportées par le leader de Pastef. Le journal note que celui-ci a abordé plusieurs sujets d’actualité, notamment la situation politique interne et les enjeux internationaux.

Concernant le Moyen-Orient, WalfQuotidien observe que, suite aux frappes israélo-américaines contre l’Iran, les dirigeants africains adoptent des positions mesurées face à l’évolution de la crise.

De son côté, Sud Quotidien titre : ‘’Sonko fixe les lignes rouges’’. Le journal indique que, face aux interrogations sur la cohabitation au sein de la majorité présidentielle, Ousmane Sonko a clarifié la position de son parti. Selon lui, Pastef reste ouvert à des alliances politiques, à condition que celles-ci reposent sur la reconnaissance de son poids électoral.

Sur le plan international, Sud Quotidien donne la parole à l’économiste El Hadji Ibrahima Sall, qui estime qu’un affrontement direct entre les États-Unis et l’Iran dépasserait le cadre d’une simple crise diplomatique pour devenir un facteur de rupture dans un système économique mondial déjà fragilisé.

Le quotidien national Le Soleil s’est également intéressé à cette montée des tensions en titrant : ‘’Le Moyen-Orient sous tension’’. Il relaie l’appel de Dakar à un cessez-le-feu immédiat et souligne que Téhéran promet une riposte, tandis que Washington et Tel-Aviv assument leurs opérations militaires.

Par ailleurs, le journal revient sur l’actualité politique interne avec la sortie de Ousmane Sonko, qui a annoncé un plan de relance des activités de Pastef. Celui-ci s’articule notamment autour de la vente de cartes de membres, de tournées politiques à travers le pays et de la construction d’un siège pour le parti.

Justice : Les 18 supporters sénégalais sont condamnés à des peines de prison ferme au Maroc

SENEGAL-REVUE de PRESSE

Dakar, 20 février. Les quotidiens sénégalais expriment leur indignation après le verdict rendu par la justice marocaine contre des supporters sénégalais arrêtés et détenus au Maroc depuis le 18 janvier, à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 organisée dans le royaume.

Les 18 supporters sénégalais ont écopé de sanctions jugées “particulièrement lourdes”, allant de trois mois à un an de prison ferme selon leur degré d’implication supposée, rapporte le quotidien Source A.

Parmi eux, neuf ont été condamnés à un an de prison ferme, précise le journal, qui indique également qu’un des supporters a fait un malaise après l’annonce du verdict, nécessitant une prise en charge médicale.

“Des sanctions très lourdes pour des supporters déjà éprouvés”, déplore le quotidien Tribune. De son côté, Libération estime que cette issue était “presque attendue”, au regard du déroulement de la procédure judiciaire marocaine.

Les titres de la presse sont sans équivoque. WalfQuotidien affiche “Le Maroc brandit son trophée”, tandis que L’As évoque “un Maroc inamical avec le Sénégal”. Le journal Le Quotidien souligne, en une, que les magistrats marocains “ont eu la main lourde”, ajoutant que cette décision “plonge encore plusieurs familles dans l’angoisse”.

À ce sujet, Source A rapporte que des manifestations ont éclaté à Rufisque, en périphérie de Dakar, où des habitants sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère. Le journal précise que Dangou figure parmi les quartiers les plus touchés. Sur les 18 condamnés, six sont originaires de Rufisque, dont quatre appartiennent au groupe de supporters Lébougui.

“À Rufisque, bastion de l’ASC Lébougui, la contestation a quitté les réseaux sociaux pour s’exprimer dans la rue, dans une ambiance de forte tension”, confirme L’Observateur. De son côté, Vox Populi estime que le Maroc, défait par le Sénégal en finale, “se venge sur les 18 supporters sénégalais” à travers cette décision judiciaire.

“Rabat tranche, Dakar gronde”, titre Sud Quotidien, qui qualifie également le verdict de sévère, en soulignant qu’il s’accompagne d’amendes importantes. Selon le journal, cette décision ravive les tensions nées d’une finale particulièrement agitée.

Pour rappel, les dix-huit supporters sénégalais avaient été interpellés à la suite des incidents ayant éclaté lors de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et les Lions de la Téranga, le 18 janvier à Rabat. Ils étaient notamment poursuivis pour des faits assimilés à du hooliganisme. Le parquet avait requis jusqu’à deux ans de prison ferme contre chacun d’eux.

Les troubles ont éclaté après un penalty accordé au Maroc dans les dernières minutes du match, juste après un but refusé au Sénégal. Le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, avait alors demandé à ses joueurs de quitter la pelouse pour protester contre l’arbitrage.

Dans les tribunes, les supporters sénégalais se sont opposés aux forces de l’ordre et aux agents de sécurité. Dix-huit d’entre eux ont été arrêtés dans la foulée et sont détenus au Maroc depuis ces événements.