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Tchad : dans les fastes du «Karama», la fête de retour du Hajj

Au Tchad, le retour du Hajj, cinquième pilier de l’islam, n’est pas de tout repos pour le pèlerin qui, trois jours après son come-back, doit offrir à manger et à boire aux nombreux parents et connaissances venus le saluer et solliciter ses prières.Heureusement qu’il y a les proches dont l’appui en nature ou en billets de banque aide, dans biens des cas, Alhadj ou Adjaratou à réussir le « Karama » ou festin de retour des Lieux saints de l’Islam.   

Il s’agit là d’une ancienne tradition que presque tous les pèlerins tchadiens tiennent à respecter. Bien entendu, avec l’appui conséquent de leurs proches.

Ainsi, Seif confie avoir offert un bélier à sa belle-mère pour l’organisation de son « Karama ». « C’est naturel. Etant ma belle-mère, je ne peux pas rester sans contribuer à sa petite fête », lance le jeune homme, sourire aux lèvres.

Kadre Adoum, lui, révèle que son frère, cadre dans un ministère, a eu comme cadeau au retour de son pèlerinage « presque 30 béliers », offerts par des parents et amis. « Cela est dû à sa générosité. Il est un homme bien », ajoute Kadoum qui perçoit ces cadeaux comme une reconnaissance de la grandeur d’âme de son frangin.

Au lieu d’un beau bélier, Djamal a préféré remettre une enveloppe de 25 000 FCFA à sa cousine, rentrée récemment des Lieux saints de l’Islam. Il explique ainsi son geste : « J’ai voulu lui offrir un bélier, mais j’ai estimé que l’argent liquide est aussi important. Ça peut l’aider à acheter certaines choses ».

A défaut de bélier ou d’espèces sonnantes et trébuchantes, d’autres  offrent des biscuits appelés « cake » ou des galettes dénommées « Kissar ». Des produits locaux fabriqués de manière artisanale par des femmes propriétaires de fours.


Pour ces dernières, les « Karama » sont l’occasion d’améliorer considérablement leurs chiffres d’affaires, tout comme pour les vendeurs de moutons et de chèvres.

Interrogé sur la portée du « Karama », l’érudit Cheikh Abdallah Ali déclare que cette pratique n’a rien à voir avec le hajj.  « Le hajj, souligne-t-il, est l’un des cinq piliers de l’Islam, sauf qu’il intervient annuellement alors que la prière c’est chaque jour. A son retour, le pèlerin peut, s’il a les moyens, égorger un bélier pour ses visiteurs, mais pas faire un communiqué radiodiffusé pour informer les gens que tel jour, c’est son Karama ».

Très remonté contre la manière de faire de ses compatriotes, il fustige l’attitude de «certains pèlerins » qui s’énervent et taxent de « jaloux » ceux qui ne les appellent pas Alhadj.

 « L’ignorance a vraiment pris le dessus sur certains musulmans qui croient que l’Islam, c’est le +m’as-tu vu+ », affirme, dépité, Cheikh Abdallah Ali.


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