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Tunisie: plainte contre le président accusé d’abus de « pouvoir »

Des ONG et un média tunisiens ont déposé une plainte contre le président Béji Caïd Essebsi pour abus de pouvoir, après la grâce accordée à un cadre du parti co-fondé par le chef de l’Etat, dans une affaire de corruption remontant à l’avant-révolution.

« Une action en justice a été entreprise contre l’amnistie accordée par le président tunisien à Borhane Bsaïes par les ONG Bawsala et I-Watch, et par le rédacteur-en-chef du site (d’informations) Nawaat », a indiqué mardi à l’AFP le tribunal administratif, confirmant une annonce faite par les trois plaignants.

Le responsable de la communication du tribunal, Imed Ghabri, a ajouté que ce recours serait examiné prochainement, sans plus de précisions.

Ancien propagandiste du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, Borhane Bsaïes a rejoint après la révolution le parti Nidaa Tounes, co-fondé en 2012 par l’actuel président Béji Caïd Essebsi.

En octobre dernier, M. Bsaïes avait été condamné en appel à deux ans de prison sur des accusations d’emploi fictif au sein de la Société tunisienne d’entreprises de télécommunication (Sotetel) sous le régime Ben Ali.

Ce proche du fils du président Hafedh Caïd Essebsi -actuel dirigeant de Nidaa Tounes- a été gracié le mois suivant par le chef de l’Etat.

Dans un communiqué commun, rendu public lundi –date anniversaire de la révolution de 2011–, Al-Bawsala, I-Watch et le rédacteur-en-chef de Nawaat ont affirmé avoir déposé une plainte le 11 janvier pour abus de pouvoir contre cette grâce « accordée par le président à Borhane Bsaïes ».


« La décision présidentielle contestée est motivée par des intérêts partisans allant à l’encontre (…) des valeurs de justice, d’équité et de bonne gouvernance dans une Tunisie gangrenée par la corruption », ont-ils écrit.

L’ONG I-Watch est spécialisée dans le combat anticorruption et pour la transparence. Al-Bawsala est une ONG créée après la révolution pour évaluer le travail législatif et plus largement suivre la vie politique tunisienne.

Premier président élu démocratiquement au suffrage universel, en 2014, M. Caïd Essebsi, 92 ans, a été accusé par ses détracteurs de chercher à revenir à certaines méthodes de l’ancien régime, ce dont il s’est toujours défendu.

Il a notamment été critiqué pour avoir présenté en 2015 un projet de loi controversé d’amnistie de personnes impliquées dans la corruption sous la dictature. Une version amendée a été adoptée par le Parlement puis promulgué par le président deux ans plus tard.

Des élections législatives et présidentielle doivent se tenir en fin d’année en Tunisie, unique pays rescapé du Printemps arabe. Béji Caïd Essebsi n’a pas encore indiqué s’il serait candidat à un deuxième mandat.


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