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Un ajustement monétaire n’est pas envisageable en zone Cemac (expert)

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Le resserrement, en 2018, des conditions de crédit, l’amélioration du suivi des transferts ainsi que les décaissements du Fonds monétaire international (FMI) ont favorisé une augmentation de la situation des réserves de change au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Cemac), confirmant ainsi l’impossibilité d’avoir un ajustement monétaire dans la sous-région, soutient Ivan Bacale Ebe Molina.Dans une tribune intitulée «L’orientation de la politique monétaire en 2018», publiée dans la dernière édition de la Lettre de la recherche de l’Institut d’émission, le directeur général des études, finances et relations internationales à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) met en avant la nette augmentation des disponibilités extérieures de la BEAC se situant, à fin décembre dernier, à près de 4000 milliards FCFA en dépit de balances de paiement sous-régionaux structurellement déficitaires et du pétrole, qui est le principal pourvoyeur de réserves de la zone.

En dehors des efforts engagés de diversification des économies de la Cemac, le nouveau cadre opérationnel du Comité de politique monétaire (CPM), entré en vigueur en juin 2018 et associé au relèvement du taux de facilité de prêt marginal, a amené les banques de la zone à s’échanger davantage de la liquidité dans le marché interbancaire avec des montants échangés ayant cru d’une façon exponentielle malgré la fragmentation du marché.

Selon Ivan Bacale Ebe Molina, le volume cumulé des transactions interbancaires s’est ainsi situé à 941 milliards FCFA à fin décembre 2018, contre 25,4 milliards FCFA deux ans plutôt avec, en prime, une recrudescence des montants échangés, tant au niveau national que régional et même entre des groupes bancaires différents.

L’expert reconnaît cependant qu’il existe encore une crise de confiance dans ce marché, toute chose qui limite les transactions entre certaines banques et amène la BEAC à accompagner, temporairement les établissements ne parvenant pas à obtenir de la liquidité sur l’interbancaire.


En 2018, la BEAC a ainsi, note Bacale Ebe Molina, poursuivi le resserrement de sa politique monétaire et a mis en place un ensemble de mesures afin de redynamiser le marché interbancaire et améliorer la situation des réserves de changes, même si des efforts restent à fournir afin de renforcer les mécanismes de transmission de la politique monétaire.

Selon les dernières projections du Comité interministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac), la croissance économique de la Cemac devrait se situer à 3,2% en 2019 contre 1,7% un an auparavant, avec un taux d’inflation à 2,2% en moyenne annuelle et un excédent du solde budgétaire de l’ordre de 0,9% du produit intérieur brut (PIB), contre -0,7% en 2018.

Dans le même temps, le déficit du compte courant devrait se creuser davantage, représentant 5,0% du PIB contre 1,6% un an auparavant, et une expansion de la masse monétaire à +3,8% pour un taux de couverture extérieure de la monnaie qui se situerait à 65,7%.

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