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Yaoundé sous haute tension avant les résultats de la présidentielle

Un climat de grande tension régnait lundi matin dans la capitale camerounaise, Yaoundé, à quelques heures de la proclamation par le Conseil constitutionnel des résultats de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, au moment où des menaces de violences se font insistantes, a constaté APA.Aux premières heures de la journée, des gendarmes et policiers, casques lourds sur la tête, fortement armés et équipés de boucliers, étaient massivement déployés aux endroits sensibles (grands carrefours, places de marché, stations de ramassage pour taxis, quartiers populeux, etc.) de la cité, comme pour anticiper sur un éventuel soulèvement de mécontentement, de la part des déçus du verdict des urnes.

L’ambiance est particulièrement lourde au grand rond-point matérialisant le centre-ville, où des éléments cagoulés de la police et de l’armée ont pris position et dissuadent fermement le moindre attroupement.

De même, après avoir éparpillé leurs logistiques antiémeutes autour de la grande place, ils obligent parfois les piétons et autres usagers à effectuer de longs contours pour atteindre leur destination.

Cette atmosphère est fortement alimentée par les réseaux sociaux, à travers lesquels certains activistes dénoncent un «hold-up électoral» du pouvoir de Yaoundé, dont la victoire du président-candidat, Paul Biya, ne fait l’ombre d’aucun doute après le rejet, par le Conseil constitutionnel, des recours de certains candidats de premier plan issus de l’opposition.

En face, se multiplient également des mises en garde, rappelant les mesures répressives et légales prévues pour troubles à l’ordre public, rébellion ou insurrection.

«Des individus mal intentionnés propagent dans les réseaux, des messages appelant les populations à un rassemblement insurrectionnel, lundi 22 octobre 2018 à la Poste centrale de Yaoundé. Il importe de rappeler qu’aucune manifestation publique n’a été autorisée par les autorités compétentes. De tels appels séditieux exposent leurs auteurs et complices, ainsi que tout participant à cette manifestation illégale, à subir les rigueurs de la loi, conformément aux dispositions pertinentes du Code pénal réprimant les atteintes à la sûreté de l’État et de la loi portant répression du terrorisme», peut-on lire sur un de ces courts messages (SMS), envoyés depuis un numéro masqué.


Et cette «alerte» d’ajouter : «Ensemble, faisons preuve de responsabilité citoyenne pour barrer la route aux ennemis de la paix.»

Un autre message, beaucoup plus explicite et teinté d’humour, fait fureur dans les groupes de discussion WhatsApp et est libellé ainsi : «A ceux qui iront manifester lundi à la Poste centrale, n’oubliez pas d’emporter votre CNI (carte nationale d’identité), pour nous faciliter l’identification des corps à la morgue.»

Cette montée de tension succède par ailleurs à un week-end fort animé dans les médias audiovisuels proches du pouvoir, où des invités de divers ont défilé pour promouvoir les valeurs de la paix et du vivre-ensemble.

L’élection présidentielle du 7 octobre 2018, rappelle-t-on, opposait 8 candidats après le retrait, juste la veille, de l’avocat Akere Tabeng Muna au profit du professeur d’université Maurice Kamto.

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