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Yémen: huit jours d’offensive sur Hodeida

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Retour sur huit jours d’offensive sur la ville portuaire de Hodeida menée par les forces gouvernementales yéménites, soutenues par une coalition emmenée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Hodeida, grand port sur la mer Rouge qui abrite quelque 600.000 habitants, est contrôlé depuis 2014 par les rebelles Houthis. Il est le point d’entrée d’une grande partie des importations et de l’aide humanitaire en territoire yéménite.

– L’assaut –

Le 13 juin, les forces progouvernementales, appuyées par les Emiratis et les Saoudiens, lancent l’assaut sur le port de Hodeida (ouest). Les Emirats avaient donné jusqu’au 12 juin à l’ONU pour trouver une solution et contraindre les Houthis à abandonner Hodeida sans combattre.

Une quinzaine d’ONG internationales estiment que l’assaut « aurait probablement des conséquences catastrophiques sur la population civile », dans une lettre au président français Emmanuel Macron. Elles jugent « inconcevable » de maintenir la conférence humanitaire prévue fin juin à Paris.

La France appelle « à une solution politique négociée ».

L’Arabie saoudite et les Emirats affirment avoir pris des dispositions pour assurer la continuité du flot de l’aide humanitaire en dépit de l’opération militaire.

– « Bourbier » –

Le 14 juin, le président Abd Rabbo Mansour Hadi se rend à Aden (sud), la capitale provisoire de l’autorité internationalement reconnue, pour « superviser » les opérations militaires.

A New York, le Conseil de sécurité de l’ONU « répète son appel à laisser ouverts les ports de Hodeida et Salif », au nord de Hodeida, pour assurer la continuité de l’approvisionnement.

« Nous ne sommes pas en train de nous approcher du port » et « nous n’avons pas l’intention de détruire l’infrastructure », dit le ministre yéménite des Affaires étrangères. Le port reste ouvert en dépit de l’assaut, indique son directeur.

Le chef des rebelles Houthis, Abdel Malek al-Houthi, appelle ses combattants à faire face aux « forces de la tyrannie ». Il faut « transformer la côte ouest en bourbier pour les envahisseurs », dit-il.

– Aux portes de l’aéroport –

Le 15 juin, les forces progouvernementales engagent des combats pour prendre l’aéroport. Des affrontements ont lieu à 2 km au sud de l’aéroport, selon un correspondant de l’AFP. Les Houthis réussissent à couper la route côtière à 100 km au sud de Hodeida.


Le 17 juin, les troupes progouvernementales et les rebelles échangent des tirs près de l’aéroport de Hodeida et sur la route côtière. L’aviation saoudienne continue ses raids sur les positions rebelles.

Le Premier ministre de l’administration rebelle, Abdel Aziz ben Habtour, affirme devant l’émissaire de l’ONU Martin Griffiths, arrivé la veille à Sanaa, qu’il n’est pas question d’accepter une trêve dans les conditions actuelles.

– « Sans condition » –

Le 18 juin, les Emirats affirment que les Houthis doivent quitter la ville « sans condition ».

La coalition a maintenu ouverte la route reliant Hodeida à Sanaa afin de permettre aux « Houthis de se retirer », précise le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash.

Le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, estime que « l’impact humanitaire des combats à Hodeida reste limité car la grande bataille n’a pas encore commencé ».

Environ « 5.200 familles » ont quitté leur maison dans la province de Hodeida depuis le 1er juin, selon l’ONU.

L’émissaire onusien dit espérer une reprise « en juillet » des négociations.

– Les loyalistes dans l’aéroport –

Le 19, les forces progouvernementales pénètrent, au milieu d’intenses combats, dans l’aéroport de Hodeida.

L’opération s’est accompagnée de raids aériens de la coalition, selon des sources militaires sur place.

L’émissaire de l’ONU pour le Yémen quitte Sanaa sans faire de déclaration.

Le 20, les forces progouvernementales disent avoir repris le « contrôle » total de l’aéroport de Hodeida.



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