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Yémen: le chef de l’ONU rejette des critiques du président Hadi

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a assuré que son organisation agissait comme un « médiateur impartial » au Yémen, après des critiques du président Abd Rabbo Mansour Hadi contre l’envoyé spécial onusien dans ce pays en guerre, selon une lettre obtenue dimanche.

Tout en soulignant que l’envoyé spécial Martin Griffiths et lui-même prenaient « très au sérieux » les « inquiétudes légitimes » du gouvernement yéménite, M. Guterres a opposé une fin de non-recevoir à un courrier la semaine dernière de M. Hadi. Ce dernier y accusait le médiateur de l’ONU de prendre le parti des rebelles Houthis.

« Les Nations unies restent fermement engagées à servir de médiateur impartial et de confiance dans le processus de paix », a écrit M. Guterres, en affirmant également « compter sur les parties pour rester engagées ».

Dans sa lettre datée du 22 mai, le président yéménite avait notamment accusé M. Griffiths de permettre aux rebelles de rester dans la ville de Hodeida (ouest) et dans son port, contrairement à ce que prévoit un accord conclu en décembre sous l’égide de l’ONU en Suède.

Les Nations unies avaient fait état le 14 mai du retrait des Houthis du port de Hodeida et de deux autres ports proches, mais des responsables gouvernementaux avaient dénoncé une « manipulation », accusant les rebelles d’en remettre le contrôle à des garde-côtes qui leur sont favorables.

Dans son courrier daté du 23 mai, M. Guterres a assuré que l’ONU n’épargnerait aucun effort pour « maintenir une position impartiale » et « préserver l’esprit et la lettre » de l’accord conclu en Suède.

« Je peux aussi vous assurer que les Nations unies n’ont aucunement l’intention d’établir une administration internationale à Hodeida », a ajouté le secrétaire général.


De son côté, Lise Grande, coordinatrice humanitaire de l’ONU au Yémen, a publié une déclaration dimanche pour condamner un bombardement qui a touché vendredi une station-service à l’est de Taëz, grande ville située au sud-ouest du pays.

Elle a fait état de 12 civils tués, dont sept enfants –un précédent bilan évoquait neuf morts, dont deux enfants–, « de nouvelles vies innocentes qui continuent d’être perdues », a déploré Mme Grande sans désigner les auteurs de l’attaque.

La guerre au Yémen oppose les forces progouvernementales, appuyées depuis 2015 par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran et qui contrôlent notamment la capitale Sanaa.

Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU.



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