Migration : 124 Sénégalais parmi 200 migrants interceptés au large du Maroc

Une pirogue transportant 200 migrants subsahariens, dont 124 Sénégalais, a été interceptée en mer par la Marine royale marocaine le jeudi 15 octobre 2026. Selon une source officielle citée par l’Agence de presse sénégalaise (APS), de nombreuses femmes et des mineurs figuraient parmi les passagers.

Les autorités marocaines ont signalé l’interception d’une embarcation transportant 200 personnes, parmi lesquelles 124 ressortissants sénégalais, selon une source autorisée interrogée par l’APS. La présence importante de femmes et de mineurs parmi les passagers constitue un autre élément relevé par les autorités. D’après la même source, les services marocains observent également une féminisation des flux migratoires depuis 2025.

Des interceptions répétées sur la route des Canaries

L’interception du 15 octobre s’inscrit dans une série d’opérations menées au large des côtes marocaines. Le 29 août, les autorités de Rabat avaient diffusé sur le réseau social X un message accompagné de vidéos montrant l’interception d’une pirogue transportant 201 migrants, à 185 kilomètres au sud-ouest de Dakhla.

En février 2026, la Marine royale marocaine avait également annoncé l’interception, au large de Dakhla, d’une embarcation transportant 189 personnes. Selon des informations publiées sur les réseaux sociaux, cette pirogue avait quitté la Gambie. Les embarcations empruntant cet itinéraire partent généralement de Gambie, du Sénégal ou de Guinée, avant de longer les côtes marocaines en direction des îles Canaries.

Le Maroc renforce la surveillance de ses côtes

La surveillance maritime marocaine s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec l’Union européenne visant à renforcer le contrôle des frontières extérieures européennes. En contrepartie d’aides financières, Rabat s’engage à limiter les flux migratoires irréguliers et à surveiller les mouvements illégaux au large de ses côtes.

Le 15 octobre, Hicham Mellati, président de la Commission nationale de coordination des mesures de lutte et de prévention de la traite des êtres humains (CNCLT), a indiqué que plus de 1 500 réseaux criminels spécialisés dans le trafic de migrants avaient été démantelés entre 2021 et 2025. Malgré ces opérations, le Maroc demeure également un territoire de départ pour des traversées irrégulières vers les Canaries, notamment depuis la ville de Dakhla.

Dakhla, point de départ de traversées à haut risque

En septembre 2025, une embarcation avait quitté Dakhla avec 44 migrants à son bord. Tous sont portés disparus. Malgré plusieurs tentatives de contact, leurs familles, notamment celles établies à Casablanca et à Midelt, n’ont plus réussi à joindre leurs proches. Parmi les passagers figuraient 27 Marocains, dont trois femmes et deux enfants, ainsi que 17 ressortissants d’Afrique subsaharienne. Ce drame illustre les dangers auxquels s’exposent les personnes qui tentent de rejoindre les îles Canaries par la voie maritime.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) rappelle que la route atlantique vers les îles Canaries demeure « l’un des corridors migratoires les plus meurtriers au monde ».

Les données communiquées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) confirment la persistance de ces risques. Malgré une baisse de 62 % des arrivées aux Canaries entre 2024 et 2025, le nombre de décès et de disparitions n’a diminué que de 4 %, passant de 1 215 à 1 172. Pour l’OIM, cette évolution souligne la dangerosité croissante de cet itinéraire migratoire.

Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi sur les finances pour vice de procédure

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a déclaré contraire à la Constitution la loi organique n° 38/2026 modifiant les règles relatives aux lois de finances. Saisie par le président de la République, la juridiction a estimé que l’Assemblée nationale n’avait pas respecté la procédure de vote unique réclamée par le Gouvernement. Sa décision porte sur les conditions d’adoption du texte, et non sur le contenu de la réforme.

Le recours présidentiel, déposé le 8 octobre 2026, contestait les modalités de vote de la loi organique n° 38/2026, qui modifie le texte du 26 février 2020 relatif aux lois de finances. Lors de l’examen du texte à l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, avait demandé, au nom du Gouvernement, que les députés se prononcent en un seul vote. Cette procédure devait prendre en compte uniquement les amendements proposés ou acceptés par l’exécutif.

Toutefois, les parlementaires ont procédé à plusieurs votes. Une démarche que le Conseil constitutionnel a jugée contraire aux dispositions constitutionnelles encadrant l’adoption de la loi.

Le vote unique au cœur de la décision

Pour motiver sa décision, le Conseil constitutionnel s’est appuyé sur l’article 82, alinéa 4, de la Constitution, qui autorise le Gouvernement à demander un vote unique sur tout ou partie d’un texte. Lorsque cette procédure est sollicitée, l’Assemblée nationale doit respecter les modalités prévues par la Constitution. Selon la juridiction, cette exigence s’applique aussi bien aux textes présentés par le Gouvernement qu’à ceux proposés par les parlementaires.

Afin d’étayer son recours, le président de la République avait transmis au Conseil constitutionnel deux clés USB contenant l’enregistrement de la séance plénière, ainsi qu’un constat d’huissier daté du 8 octobre 2026. Au terme de son examen, la juridiction a considéré que le non-respect du vote unique constituait une « violation d’une formalité substantielle ». Cette irrégularité justifie, selon sa décision, de déclarer la loi contraire à la Constitution.

La décision du Conseil constitutionnel se limite à la procédure d’adoption de la loi organique n° 38/2026. La juridiction ne s’est prononcée ni sur le fond des modifications apportées aux règles relatives aux lois de finances ni sur leur pertinence. Cette décision rappelle ainsi que l’adoption d’un texte par les députés doit respecter les exigences procédurales prévues par la Constitution.

Déclarée contraire à la Constitution, la loi organique n° 38/2026 fait donc l’objet d’une censure fondée sur les conditions de son adoption. La décision du Conseil constitutionnel doit être publiée au Journal officiel de la République.

Dette du Sénégal : le FMI optimiste, mais les 2,2 milliards de dollars restent en attente

Malgré l’absence de calendrier officiel pour l’approbation du programme de financement de 2,2 milliards de dollars et le lancement des premiers décaissements, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, reste optimiste quant à la conclusion d’un accord entre le Sénégal et ses créanciers.

En marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, organisées à Bangkok, Kristalina Georgieva a exprimé, le mercredi 14 octobre, son optimisme quant à la capacité des autorités sénégalaises à trouver une issue aux discussions sur la dette publique.

Selon l’Agence Ecofin, qui rapporte ses déclarations, la dirigeante considère le dossier sénégalais comme un test important pour les dispositifs internationaux de restructuration de la dette souveraine. Les échanges avec les principaux créanciers témoigneraient d’une prise de conscience de l’importance de parvenir à une solution.

L’enjeu dépasse le seul cas du Sénégal. Il s’agit également de démontrer que le Cadre commun du G20, mis en place en 2020 pour faciliter la coordination entre créanciers, peut accélérer le traitement des situations de surendettement. Les précédentes restructurations en Zambie et au Ghana illustrent les difficultés auxquelles ce mécanisme doit répondre.

Un programme de 2,2 milliards de dollars suspendu à plusieurs conditions

La situation financière du Sénégal demeure délicate depuis la découverte, en 2024, d’emprunts publics non déclarés par l’administration précédente. La réévaluation de la dette, estimée à environ 130 % du produit intérieur brut en intégrant notamment les entreprises publiques et les garanties de l’État, a fragilisé la confiance des investisseurs et conduit à la suspension d’un précédent programme du FMI.

Le 1er septembre, Dakar et les services du Fonds ont néanmoins conclu un accord préliminaire portant sur un nouveau programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans.

Cette entente ne constitue pas encore une validation définitive. L’approbation du programme reste conditionnée à la correction des données financières erronées et à l’obtention de garanties de financement jugées suffisantes.

Les autorités sénégalaises espèrent obtenir un premier décaissement dès novembre, puis parvenir à un accord de principe avec les créanciers en décembre. Mais, à ce stade, aucune date n’a été officiellement retenue pour l’examen du programme par le conseil d’administration du FMI. La porte-parole de l’institution, Julie Kozack, a confirmé qu’aucun calendrier n’était arrêté.

Dakar propose quatre comités pour accélérer les négociations

Pour faciliter les discussions, le Sénégal souhaite organiser les négociations autour de quatre comités de créanciers travaillant simultanément. Ces instances concerneraient les prêteurs bilatéraux, les détenteurs d’obligations, les banques commerciales et les institutions régionales.

Dakar entend également préserver les emprunts libellés en francs CFA afin d’éviter de déstabiliser le marché financier régional. Cette exigence pourrait toutefois compliquer la recherche d’un compromis, compte tenu des intérêts et des conditions défendus par les différents créanciers.

La durée des négociations constitue une autre source d’incertitude. Selon des informations rapportées par Reuters et reprises par l’Agence Ecofin, une source gouvernementale a indiqué que le Club de Paris aurait évoqué un délai de six à neuf mois pour parvenir à un accord, tout en laissant entendre qu’une conclusion plus rapide restait possible.

Cette estimation n’a cependant pas été confirmée par le Club de Paris. Elle souligne néanmoins le risque de voir les discussions se prolonger au-delà du calendrier espéré par les autorités sénégalaises.

Les créanciers privés mettent en garde contre une réduction du principal

Les investisseurs privés entendent également peser dans les négociations. Un groupe détenant 2,2 milliards de dollars d’obligations sénégalaises, sur un encours total de 5,2 milliards de dollars, a désigné le cabinet Alvarez & Marsal comme conseiller financier. D’après les informations relayées par Reuters et reprises par l’Agence Ecofin, ces détenteurs d’obligations ont averti les autorités sénégalaises qu’une réduction du montant principal à rembourser pourrait considérablement ralentir les discussions.

La confiance exprimée par Kristalina Georgieva offre un signal encourageant au Sénégal, mais elle ne préjuge pas de l’issue des négociations. L’approbation du programme de 2,2 milliards de dollars dépendra encore de la régularisation des données financières, des garanties de financement et d’un compromis avec les créanciers.

Entre l’objectif d’un premier décaissement dès novembre et les délais potentiellement plus longs évoqués dans les discussions, le calendrier reste incertain.

Sénégal : un budget 2027 de 6 012 milliards FCFA de recettes pour réduire le déficit

Face à des besoins de financement toujours importants et au poids du remboursement de la dette, le Sénégal entend renforcer la discipline budgétaire en 2027. Le projet de loi de finances prévoit une hausse des recettes, une réduction des dépenses publiques et un recul du déficit afin de rééquilibrer les comptes de l’État dans un contexte de fortes contraintes financières.

Le projet de budget prévoit des recettes de 6 012,1 milliards de FCFA en 2027, soit une progression de 2,8 %. Dans le même temps, les dépenses publiques devraient s’établir à 7 363,7 milliards de FCFA, en baisse de 2,9 % par rapport au budget ajusté précédent.

Un déficit ramené à 4,7 % du PIB en 2027

Grâce à cette stratégie, le gouvernement ambitionne de réduire le déficit budgétaire à 4,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027, contre une estimation de 7,6 % pour 2026. Malgré cette amélioration attendue, le Sénégal restera au-dessus de l’objectif communautaire de 3 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Par ailleurs, les perspectives de croissance économique sont évaluées à 2,4 % selon les données présentées.

Au-delà des objectifs de consolidation budgétaire, le principal défi reste la couverture des besoins financiers de l’État. Ceux-ci sont estimés à 6 608,7 milliards de FCFA pour 2027.  Sur ce montant, 4 552 milliards de FCFA sont destinés au remboursement du principal de la dette, tandis que 480 milliards de FCFA doivent servir à apurer les arriérés intérieurs. Ces engagements représentent une part importante des besoins de financement et placent la gestion de la dette au centre des arbitrages budgétaires du prochain exercice.

Pour mobiliser les ressources nécessaires, le gouvernement prévoit de recourir à plusieurs instruments de financement. Les emprunts-programmes et les marchés financiers devraient contribuer à hauteur de 4 733,7 milliards de FCFA, auxquels s’ajouteraient 900 milliards de FCFA d’emprunts-projets. Toutefois, l’équilibre de cette approche dépendra de la capacité du Sénégal à mobiliser les ressources attendues dans un contexte marqué par l’importance du service de la dette et la nécessité de maîtriser les dépenses.

La préparation du budget 2027 intervient alors que les autorités sénégalaises poursuivent leurs échanges avec le Fonds monétaire international (FMI) et leurs partenaires financiers sur la soutenabilité de la dette publique. La trajectoire budgétaire retenue devra donc concilier plusieurs impératifs, réduire le déficit, honorer les engagements financiers de l’État et préserver les investissements nécessaires au développement économique et social.

Pape Thiaw en deuil : le sélectionneur sénégalais a perdu son père

L’ancien sélectionneur national du Sénégal, Pape Thiaw, traverse une douloureuse épreuve avec le décès de son père, Mamadou Thiaw, survenu ce mercredi matin.

Très attaché à sa famille, le technicien sénégalais avait récemment exprimé toute sa reconnaissance envers ses proches, qu’il considère comme un pilier essentiel de son parcours. Trois jours après le sacre des Lions face au Maroc, à Rabat, il avait notamment évoqué le soutien de sa famille dans son cheminement personnel et professionnel.

« Je n’aurais pu faire tout ceci sans ma famille : ma maman qui n’est plus de ce monde, mon père, ma femme et mes enfants, qui me donnent une source de motivation supplémentaire », confiait-il alors.

Cette déclaration témoignait de la place centrale qu’occupent ses proches dans sa vie et de l’importance de leur soutien dans les moments décisifs de son parcours. En cette circonstance douloureuse, la rédaction du Journal du Sénégal adresse ses condoléances les plus attristées à Pape Thiaw, à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble du monde sportif sénégalais.

Sénégal : Dakar accueillera les Jeux de la Francophonie en 2031, après les JOJ 2026

Le Sénégal a été officiellement choisi pour organiser les XIes Jeux de la Francophonie en 2031. Annoncée dans un communiqué du ministère de la Jeunesse et des Sports publié mardi, cette désignation ouvre une nouvelle perspective pour le pays, qui entend capitaliser sur l’expérience des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 pour renforcer son rayonnement international dans les domaines du sport et de la culture.

L’organisation des Jeux de la Francophonie en 2031 s’inscrit dans la continuité des préparatifs et de l’expérience liés aux grands événements sportifs internationaux accueillis par le Sénégal.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports souligne que cette nouvelle responsabilité permettra notamment de valoriser les talents nationaux, de renforcer les compétences des jeunes et de préserver l’expérience acquise dans la préparation et l’organisation de manifestations internationales.

Sport et culture au service de la jeunesse francophone

Organisés tous les quatre ans, les Jeux de la Francophonie rassemblent de jeunes talents issus des États et gouvernements membres de la Francophonie. Ils associent des compétitions sportives à des concours culturels, offrant ainsi une plateforme d’expression et de valorisation des compétences de la jeunesse.

Pour Dakar, l’accueil de cette manifestation constitue une opportunité de mettre en lumière les talents sénégalais tout en favorisant le développement du sport et des industries culturelles et créatives. Le ministère prévoit de travailler avec les institutions et les différentes parties prenantes concernées afin d’accompagner la préparation de l’événement et de créer de nouvelles perspectives pour les jeunes.

Au-delà des épreuves sportives et des concours culturels, les Jeux de la Francophonie 2031 sont présentés par les autorités sénégalaises comme un instrument de dialogue interculturel et de rapprochement entre les peuples. Cette organisation doit également contribuer à promouvoir l’excellence chez les jeunes et à renforcer la visibilité internationale du Sénégal.

Avec cette désignation, le pays entend ainsi prolonger la dynamique engagée autour des JOJ Dakar 2026 et inscrire l’accueil des grands événements sportifs et culturels dans une perspective de développement durable, de valorisation des talents et de transmission aux générations futures.

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Finale CAN 2025 : le TAS pourrait trancher sur la décision de la CAF plutôt que sur le résultat de la finale Maroc-Sénégal

Alors que le Maroc et le Sénégal attendent avec impatience le verdict du Tribunal arbitral du sport (TAS) concernant la finale controversée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, l’instance pourrait concentrer son examen sur la légalité de la décision de la Confédération africaine de football (CAF), plutôt que de revenir directement sur le résultat sportif de la rencontre.

Jeudi, le Tribunal arbitral du sport a entendu les arguments des différentes parties dans le dossier opposant le Maroc au Sénégal, à la suite de la finale disputée le 18 janvier dernier. Le différend porte principalement sur la décision du Jury d’appel de la CAF d’attribuer au Maroc une victoire sur tapis vert, sur le score de 3-0, et donc le titre de la CAN 2025.

Cette décision fait suite au départ temporaire des joueurs sénégalais de la pelouse lors de cette rencontre, initialement remportée en prolongation par les Lions de la Teranga. Depuis, la contestation porte sur les circonstances ayant conduit à l’attribution du titre au Maroc et sur la conformité de cette décision aux règlements applicables.

Le TAS va-t-il réexaminer le résultat du match ?

Au-delà des arguments avancés par les deux camps, une question juridique majeure se pose : le TAS peut-il directement désigner le vainqueur de la finale ou doit-il, avant tout, se prononcer sur la validité de la décision rendue par le Jury d’appel de la CAF ?

Interrogé par le média marocain Le360, Me Renaud Duchêne, avocat spécialisé en droit du sport, estime que l’intervention du TAS portera essentiellement sur cette dernière décision. « De manière indirecte, oui, mais il va surtout valider ou invalider la décision du Jury d’appel de la CAF », explique-t-il, en réponse à la question de savoir si le Tribunal peut consacrer directement l’un des deux pays. Selon le spécialiste, l’instance arbitrale n’a pas pour mission de rejuger la rencontre sur le plan sportif. Son rôle consiste plutôt à déterminer si la décision ayant conduit à désigner le Maroc vainqueur par forfait respecte les dispositions réglementaires en vigueur.

Maroc et Sénégal disposent d’arguments distincts

Dans cette procédure, les deux fédérations peuvent défendre des positions différentes. Le Maroc pourrait notamment mettre en avant les incidents survenus pendant la finale et leur traitement au regard des règlements, éléments qui ont motivé la décision de la CAF.

De son côté, le Sénégal pourrait s’appuyer sur le rôle de l’arbitre et sur le déroulement de la rencontre jusqu’à son terme. Me Renaud Duchêne souligne que la partie sénégalaise pourrait notamment faire valoir que l’arbitre n’a pas constaté le départ des joueurs du terrain et rappeler son autorité sur le match ainsi que sur son résultat final.

Dans cette logique, le camp sénégalais pourrait soutenir que la rencontre est arrivée à son terme et qu’elle a, d’une certaine manière, été validée par l’arbitre. Des arguments qui s’opposent à ceux du Maroc, lesquels reposent notamment sur les incidents de jeu et leur interprétation réglementaire.

LIRE AUSSI : Finale CAN 2025 : le TAS examine ce jeudi 8 octobre le recours du Sénégal contre la décision de la CAF

Toutefois, l’examen du TAS pourrait se concentrer sur une étape antérieure à la décision de la CAF : la procédure engagée par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) devant les instances de la Confédération africaine de football. Pour l’avocat, le panel devra notamment vérifier si les règles procédurales ont été respectées. Il s’agira, entre autres, de déterminer si l’appel de la FRMF a été introduit dans les délais impartis et si la requête a été déposée conformément aux modalités prévues.

Ainsi, l’issue de cette affaire pourrait dépendre moins d’un nouvel examen de la finale elle-même que de la validité juridique de la décision ayant attribué le titre au Maroc. Pour les supporters marocains et sénégalais, l’attente se poursuit, tandis que le TAS doit se prononcer sur les questions soulevées par ce contentieux.

Sénégal : Ousmane Sonko annonce cinq commissions d’enquête parlementaires sur le pétrole, les fonds spéciaux et plusieurs marchés publics

L’Assemblée nationale du Sénégal pourrait ouvrir cinq commissions d’enquête parlementaires sur des dossiers sensibles liés à la gestion publique. Le 13 octobre 2026, le parti Pastef a déposé cinq propositions de résolution portant notamment sur les contrats pétroliers et gaziers, les fonds spéciaux et plusieurs projets financés par des partenaires extérieurs.

L’annonce a été faite par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, à l’ouverture de la session ordinaire unique 2026-2027. Il a placé cette nouvelle session sous le signe de la reddition des comptes, rappelant que « l’État n’est pas la propriété d’un gouvernement ».

Avant toute mise en place des commissions, le Bureau de l’Assemblée nationale devra se prononcer sur la recevabilité des cinq textes. Ousmane Sonko a également demandé aux députés de lui transmettre, avant la séance plénière prévue le vendredi 16 octobre, les noms des membres pressentis pour siéger dans ces instances.

Pétrole, santé et inondations au cœur des enquêtes envisagées

Les cinq propositions couvrent plusieurs secteurs de l’action publique. Le premier volet concerne les contrats pétroliers et gaziers associés à Petrotim, Kosmos et Woodside. Un autre texte porte sur l’accord sanitaire conclu avec les États-Unis, tandis qu’une troisième proposition vise le programme de lutte contre les inondations.

Les députés sont également appelés à examiner des projets financés par la banque espagnole Santander, notamment les dossiers de l’ASER et d’Intermac. Enfin, une cinquième proposition concerne les fonds spéciaux de la Primature, du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT). Ces initiatives placent ainsi plusieurs dossiers économiques, financiers et administratifs au centre des travaux parlementaires annoncés par PASTEF.

La proposition relative aux fonds spéciaux a fait l’objet d’une précision de la part d’Ousmane Sonko. Lors de son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale avait initialement mentionné la période 2012-2021. Il a ensuite rectifié cette référence sur sa page Facebook officielle, précisant que l’enquête envisagée porterait sur la période allant de 2012 à 2026. « La référence à 2021 est un lapsus de discours », a-t-il expliqué. Cette clarification fixe donc le périmètre temporel annoncé pour l’examen des fonds spéciaux des institutions concernées.

ASER et Kosmos : des dossiers déjà signalés aux autorités compétentes

L’éventuelle création de ces commissions intervient alors que certains dossiers font déjà l’objet de démarches auprès d’organes de contrôle ou de procédures judiciaires. Le 9 octobre, le député de PASTEF Amadou Ba avait estimé que l’Assemblée nationale ne pouvait pas ouvrir de commission d’enquête sur les affaires de l’ASER et de Kosmos. Selon lui, le Pool judiciaire financier est chargé de l’instruction du dossier de l’ASER, tandis que l’Inspection générale d’État a été saisie de celui concernant Kosmos.es procédures déjà engagées sur certains des sujets concernés.

En août, Ousmane Sonko avait déjà défendu le principe de commissions d’enquête susceptibles d’examiner les responsabilités de tous les camps politiques, y compris celles de membres de son propre parti. Élu président de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026 avec 132 voix sur 133 exprimées, quatre jours après son limogeage de la Primature, il place désormais l’ouverture de la session 2026-2027 sous le signe du contrôle de la gestion publique.

La suite dépendra notamment de la décision du Bureau sur la recevabilité des cinq propositions de résolution. Si elles sont admises, les travaux parlementaires pourraient porter sur plusieurs dossiers majeurs, des ressources pétrolières aux fonds spéciaux, en passant par les marchés et programmes publics.

JOJ 2026 au Sénégal : Human Rights Watch alerte sur les droits des personnes LGBT+

À quelques semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), prévue le 31 octobre 2026 au Sénégal, Human Rights Watch (HRW) tire la sonnette d’alarme. Dans un rapport publié le 12 octobre, l’organisation dénonce la répression croissante des personnes LGBT+ dans le pays et s’interroge sur la conformité de cette situation avec les principes de non-discrimination et de respect des droits humains inscrits dans la Charte olympique.

Le Sénégal s’apprête à accueillir un événement sportif historique, les Jeux olympiques de la Jeunesse, mais à l’approche de cette compétition, Human Rights Watch exprime de sérieuses préoccupations concernant la situation des droits humains dans le pays.

Dans un rapport rendu public le lundi 12 octobre, l’organisation de défense des droits humains dénonce ce qu’elle qualifie de répression gouvernementale visant les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT+). Elle exprime également ses « graves inquiétudes sur le respect » de la Charte olympique par le pays hôte.

HRW rappelle que ce texte interdit toute forme de discrimination et impose aux organisateurs de respecter les droits ainsi que la dignité humaine. Pour l’ONG, les pratiques dénoncées au Sénégal soulèvent donc des interrogations à l’approche de cette compétition internationale.

Jusqu’à dix ans de prison pour les relations homosexuelles

Au cœur des préoccupations de l’organisation figure le durcissement de la législation sénégalaise. En mars 2026, une loi a été adoptée pour doubler les peines encourues pour les relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement.

Cette évolution juridique intervient dans un contexte marqué par plusieurs arrestations médiatisées de personnes soupçonnées d’homosexualité. En août, 71 hommes ont notamment été renvoyés devant la justice pour « actes contre nature », une expression désignant les relations entre deux personnes de même sexe.

Le Sénégal, pays où la religion occupe une place importante dans la société malgré le principe de laïcité inscrit dans la Constitution, fait ainsi face à des tensions croissantes autour des droits des personnes LGBT+. Pour Human Rights Watch, cette situation traduit une intensification de la répression qui dépasse le seul cadre législatif et affecte directement les conditions de vie des personnes concernées.

La peur des arrestations entrave l’accès aux soins et à la justice

Dans son rapport, HRW met en garde contre les conséquences sociales et sanitaires de cette répression. L’organisation estime que les mesures visant les personnes LGBT+ alimentent un climat de peur et renforcent leur stigmatisation.

Cette pression aurait notamment des répercussions sur l’accès aux services de santé et à la justice. Selon le document, la crainte d’être arrêté pousse certaines personnes à dissimuler leur identité ou leur situation, tandis que la stigmatisation les dissuade de se faire dépister ou de suivre un traitement contre le VIH.

L’ONG souligne également que ces risques peuvent décourager les avocats de représenter les personnes concernées, compliquant davantage leur accès à une défense juridique. HRW cite notamment les arrestations massives, les tests de dépistage du VIH imposés et les obstacles à la représentation juridique parmi les pratiques qui contribuent, selon elle, à cette dégradation de la situation.

Une tendance régionale de durcissement contre les personnes LGBT+

Les inquiétudes exprimées à l’approche des JOJ s’inscrivent, selon Human Rights Watch, dans une dynamique plus large en Afrique de l’Ouest. Plusieurs pays de la région ont récemment adopté des lois condamnant l’homosexualité, illustrant un durcissement de la répression à l’encontre des personnes LGBT+. Le Sénégal n’est donc pas le seul pays confronté à cette évolution. Toutefois, l’organisation estime que les mesures observées dans la région témoignent d’une pression grandissante sur les droits de cette communauté.

Dans ce contexte, la tenue des Jeux olympiques de la Jeunesse place le Sénégal face à une question sensible, celle de la cohérence entre l’organisation d’un événement olympique fondé sur des principes de non-discrimination et les pratiques dénoncées par les défenseurs des droits humains.

À l’approche du 31 octobre, les préoccupations soulevées par Human Rights Watch replacent les droits humains au cœur des enjeux entourant les JOJ au Sénégal.

Alors que quelque 2 700 athlètes sont attendus pour cette quatrième édition, l’ONG appelle, à travers son rapport, à prendre en compte les conséquences de la répression sur les personnes LGBT+ et les exigences de la Charte olympique en matière de dignité humaine et de non-discrimination.

Rentrée scolaire au Sénégal : solidarité autour de la reprise des cours ce 12 octobre après les fortes pluies

Reportée du 8 au 12 octobre 2026 en raison des fortes pluies et de l’état de certains établissements, la rentrée scolaire mobilise les communautés locales au Sénégal. À l’école élémentaire Hamo 4 de Guédiawaye, anciens élèves, riverains et responsables éducatifs unissent leurs efforts pour remettre les locaux en état et offrir aux enfants de meilleures conditions d’apprentissage.

Balais, râteaux et brouettes à la main, des volontaires s’activent dans l’enceinte de l’école élémentaire Hamo 4, à Guédiawaye. L’objectif est de nettoyer les lieux et préparer les salles de classe avant le retour des élèves, prévu ce lundi 12 octobre, après le report de la rentrée initialement fixée au 8 octobre.

Parmi les bénévoles figure El Hadji Mamadou Niang, ancien élève de l’établissement. Équipé d’un masque et de gants de protection, il a choisi de revenir dans cette école qui a marqué son parcours afin de contribuer à sa remise en état. Pour lui, cet engagement relève d’un devoir envers une institution qui a participé à sa formation. Originaire de la cité et impliqué dans la vie de l’établissement, il explique que cette mobilisation est devenue une habitude au sein de la communauté depuis plusieurs années.

« Nous sommes redevables à tout ce que l’école a fait pour nous », souligne-t-il, rappelant que les volontaires se mobilisent régulièrement en début d’année scolaire pour permettre aux jeunes générations d’étudier dans de meilleures conditions.

Des infrastructures scolaires encore fragilisées par les pluies

Si l’école Hamo 4 bénéficie de cet élan de solidarité, la situation reste préoccupante dans d’autres établissements du pays. Les fortes pluies et l’état des infrastructures ont contribué au report de la rentrée, faisant craindre de nouveaux retards dans le déroulement des enseignements.

Face à ces difficultés, El Hadji Mamadou Niang appelle les autorités locales et nationales à renforcer les moyens consacrés aux établissements scolaires. Il redoute notamment les conséquences de ces perturbations sur le volume horaire des cours et sur la continuité des apprentissages.

« Nous interpellons nos autorités locales, mais aussi nos autorités étatiques, pour qu’ils mettent beaucoup plus de moyens dans les établissements », insiste-t-il.

Selon lui, les retards accumulés pourraient empêcher certains élèves de reprendre les cours pendant plusieurs semaines. Il estime même que, dans certains établissements, le démarrage des enseignements pourrait être compromis pendant une grande partie du mois d’octobre. Au-delà des opérations ponctuelles de nettoyage, cette situation remet ainsi en lumière les besoins en infrastructures et en moyens matériels pour garantir une rentrée scolaire dans de bonnes conditions.

Riverains et responsables scolaires unis pour préparer la reprise

La mobilisation ne se limite pas aux anciens élèves. Les riverains, les membres de la communauté éducative et les responsables de l’établissement participent également aux travaux de nettoyage et de remise en état. Le directeur de l’école, Dethie Ndione, souligne le rôle joué par le Comité de gestion de l’école (CGE), qui a contribué à mobiliser les habitants du quartier autour de cette initiative collective.

« Le CGE a mobilisé les riverains, ils sont tous là. On est là ensemble pour essayer d’améliorer les conditions », explique-t-il.

Cette coopération entre les habitants et les responsables scolaires vise à rendre l’établissement accueillant avant l’arrivée des élèves et à faciliter la reprise des activités pédagogiques.

À Guédiawaye, l’exemple de Hamo 4 illustre la capacité d’une communauté à se mobiliser pour soutenir son école face aux difficultés liées aux intempéries et à l’état des infrastructures. Grâce aux efforts conjoints des anciens élèves, des jeunes volontaires, des riverains et des responsables éducatifs, l’établissement se prépare à accueillir les enfants ce 12 octobre dans de meilleures conditions.