Sénégal : un programme de 921 milliards FCFA annoncé par le gouvernement contre les inondations

Le gouvernement sénégalais veut renforcer sa réponse face aux inondations qui continuent de toucher plusieurs zones. À l’issue d’une réunion d’urgence tenue lundi à la Primature, le Premier ministre Mohamed Al Aminou Lo a annoncé le lancement d’un programme national de lutte contre les inondations doté de 921 milliards de francs CFA.

Cette enveloppe doit permettre à l’État d’inscrire son action dans la durée. Selon les services de la Primature, le programme vise à dépasser la seule gestion des situations d’urgence pour apporter une « réponse structurelle » à un phénomène récurrent.

Après cette réunion, le Premier ministre s’est rendu dans l’après-midi sur plusieurs sites affectés par les eaux dans la banlieue de Dakar. À l’Unité 7 des Parcelles Assainies, il a transmis les condoléances du président de la République et de la Nation à la famille et aux voisins d’une femme et de son enfant décédés dans les inondations. Le chef du gouvernement a également présenté aux populations les dispositifs déployés par l’État dans les zones considérées comme les plus sensibles afin de répondre à la situation.

La visite s’est ensuite poursuivie à Jaaxay, puis à Camille Basse, dans la commune de Keur Massar. Le Premier ministre y a évalué la situation et échangé avec les habitants sur les mesures d’urgence engagées pour réduire les effets des inondations.

Ces déplacements ont permis au chef du gouvernement de s’informer directement de l’évolution de la situation sur les différents sites touchés. Avec ce programme national, l’exécutif entend désormais associer les mesures immédiates aux investissements destinés à s’attaquer aux causes structurelles des inondations.

L’annonce de cette enveloppe de 921 milliards de francs CFA marque ainsi la volonté du gouvernement de combiner gestion de crise et actions de long terme face à la persistance du phénomène.

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Sénégal : le gouvernement active le Plan d’urgence face aux inondations à Dakar

Face aux inondations provoquées par les fortes précipitations enregistrées durant le week-end, le gouvernement sénégalais a décidé d’activer le Plan d’urgence régional de Dakar.

La décision a été prise lundi par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lo, à l’issue d’une réunion d’urgence consacrée à la situation. Plusieurs ministres ainsi que les responsables des services mobilisés dans la gestion des inondations ont participé à cette rencontre.

Une surveillance renforcée face aux prévisions météorologiques

Le déclenchement du plan intervient notamment au regard des prévisions de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM). Les autorités veulent ainsi maintenir une veille permanente et mieux anticiper les conséquences d’éventuelles nouvelles précipitations. Plusieurs secteurs jugés sensibles font désormais l’objet d’une surveillance particulière.

Parmi les zones citées figurent les autoroutes, l’hôpital Philippe-Maguilen Senghor et la zone de captage. Le gouvernement prévoit également des mesures préventives afin de limiter les risques de perturbation de la fourniture d’eau et d’électricité dans les secteurs exposés.

Pour faire face aux besoins urgents, le Premier ministre a annoncé la mobilisation des ressources financières nécessaires aux opérations et à l’accompagnement des populations touchées par les inondations. Les autorités utiliseront également un dispositif d’alerte pour mieux informer les populations de l’évolution de la situation et des éventuelles consignes à suivre.

Dans le même cadre, un Comité de veille a été créé. Il devra travailler avec l’État-major pour assurer le suivi de la situation et améliorer la coordination des interventions. Ahmadou Alhaminou Lo a par ailleurs demandé aux services concernés de prendre les dispositions nécessaires pour préserver la mobilité dans les zones affectées par les inondations.

La rentrée scolaire figure également parmi les dossiers suivis par le gouvernement. Le Premier ministre a demandé une évaluation de la situation dans les établissements scolaires, particulièrement dans la région de Dakar, afin d’arrêter les mesures adaptées aux conditions constatées sur le terrain.

L’activation du plan intervient alors que les fortes pluies du week-end ont entraîné des inondations dans plusieurs secteurs de Dakar. Le gouvernement maintiendra le dispositif d’urgence et l’adaptera à l’évolution des conditions météorologiques ainsi qu’aux besoins des populations sinistrées.

Sénégal : l’ONRAC a recouvré plus de 50 milliards FCFA, Moussa Sarr appelle à renforcer la saisie des avoirs criminels

L’Office national de Recouvrement des Avoirs criminels (ONRAC) a récupéré plus de 50 milliards de francs CFA depuis sa création. Le chiffre a été communiqué lundi par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, à l’ouverture d’un atelier consacré au renforcement des compétences des acteurs de la chaîne pénale.

Organisée à Dakar du 5 au 8 octobre 2026, cette rencontre porte notamment sur les procédures de saisie, de confiscation et de recouvrement des avoirs issus d’activités criminelles. Pour le ministre, l’objectif est clair, faire en sorte que les infractions ne puissent pas générer de bénéfices pour leurs auteurs. « Le crime ne doit pas payer », a-t-il déclaré.

La confiscation au cœur de la réponse judiciaire

Me Moussa Sarr estime qu’une condamnation pénale perd une partie de sa portée lorsque les biens provenant de l’infraction restent accessibles à leur propriétaire.

« Si le produit de l’infraction demeure intact, son auteur en retrouve la jouissance et l’infraction lui aura, en définitive, profité », a-t-il souligné.

Le ministre a rappelé que l’ONRAC, créé par la loi n°2021-34 du 23 juillet 2021, constitue l’un des éléments du dispositif national consacré à la récupération des avoirs criminels.

Il a également cité le Pool judiciaire financier, institué en 2023 et installé en septembre 2024, ainsi que l’encadrement des techniques spéciales d’enquête et la réforme du régime applicable aux saisies et confiscations. Mais au-delà des dispositifs existants, Me Moussa Sarr insiste sur la nécessité d’une coordination plus efficace entre les différents intervenants.

L’enquêteur doit identifier le patrimoine, le procureur demander les saisies, le juge d’instruction les ordonner, la juridiction prononcer les confiscations et, enfin, l’ONRAC assurer la gestion des biens ainsi que l’exécution des décisions.

L’enquête patrimoniale doit intervenir dès le début

Pour éviter que les avoirs ne disparaissent ou soient transférés, le ministre préconise de lancer l’enquête patrimoniale dès les premiers actes de procédure. Cette démarche doit notamment permettre de mieux détecter les mécanismes utilisés pour dissimuler des patrimoines. Me Moussa Sarr a cité à ce titre les sociétés écrans, les contrats d’assurance-vie et les cryptoactifs.

La gestion des biens déjà saisis représente également un enjeu. Le ministre souhaite que l’ONRAC soit associé le plus tôt possible afin de limiter les risques de dégradation ou de perte de valeur des biens placés sous-main de justice.

Le recouvrement des avoirs ne se limite pas au territoire national. Les capitaux pouvant être transférés rapidement d’un pays à l’autre, Me Moussa Sarr a appelé les praticiens à renforcer le recours aux réseaux CARIN et ARIN-WA. Ces réseaux facilitent les contacts entre les autorités compétentes engagées dans les procédures de récupération des avoirs.

Saisir sans porter atteinte aux droits des personnes

L’efficacité du dispositif doit toutefois s’accompagner du respect des droits des personnes poursuivies, a insisté le ministre. Une saisie ne constitue pas une condamnation, rappelle-t-il. Les personnes concernées doivent conserver la possibilité de contester les mesures prises, tandis que les droits des tiers de bonne foi doivent être préservés.

Durant quatre jours, magistrats, enquêteurs, représentants des administrations financières, professionnels du droit, acteurs des secteurs bancaire et des assurances ainsi que des experts se pencheront sur plusieurs aspects pratiques du recouvrement des avoirs. Les travaux porteront notamment sur des cas pratiques, la rédaction d’actes et une audience simulée.

L’atelier bénéficie enfin de l’appui technique et financier de la Facilité africaine de soutien juridique.

Décès de Cheikh Hamidou Kane : l’hommage de l’Union africaine à une figure majeure des lettres africaines

Le décès de Cheikh Hamidou Kane, survenu dimanche à Dakar, suscite une réaction au plus haut niveau de l’Union africaine. Le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, a rendu hommage à l’écrivain et intellectuel sénégalais, mettant en avant l’importance de son œuvre dans la réflexion africaine sur l’éducation, la transmission du savoir et le rapport entre traditions et modernité.

Dans une déclaration publiée dimanche à Addis-Abeba, le président de la CUA a souligné la portée continentale de l’œuvre de l’auteur de « L’Aventure ambiguë », considérée comme l’une des grandes références de la littérature africaine.

« L’Aventure ambiguë », une réflexion toujours actuelle

À travers le personnage de Samba Diallo, Cheikh Hamidou Kane avait mis en lumière les tensions issues de la rencontre entre différentes cultures et systèmes de pensée.

Pour Mahmoud Ali Youssouf, les interrogations développées dans le roman conservent toute leur actualité, plus de six décennies après sa publication. Elles font notamment écho aux questions auxquelles l’Afrique reste confrontée autour de l’éducation, de l’identité et de ses relations avec le reste du monde.

L’héritage de Cheikh Hamidou Kane ne se limite cependant pas à son œuvre littéraire. L’écrivain a également occupé plusieurs responsabilités publiques au Sénégal. Son parcours l’a notamment conduit à exercer comme gouverneur de Thiès à la veille de l’indépendance, avant de devenir Haut-Commissaire au Plan. Il a ensuite été ministre du Développement industriel et de l’Artisanat, puis ministre du Plan et de la Coopération.

Son engagement s’est également poursuivi sur la scène internationale, notamment à travers des fonctions exercées auprès de l’UNICEF et du Centre de recherches pour le développement international.

Pour le président de la Commission de l’Union africaine, le parcours de Cheikh Hamidou Kane témoigne d’une volonté de faire le lien entre la réflexion intellectuelle et l’action concrète en faveur de l’émancipation et du développement du continent. Mahmoud Ali Youssouf décrit ainsi le défunt comme un « géant des lettres africaines », mais aussi comme un homme de pensée, d’action et de transmission, dont l’influence a marqué durablement la vie intellectuelle et publique africaine.

Au nom de la Commission de l’Union africaine et en son nom propre, Mahmoud Ali Youssouf a adressé ses condoléances à la famille de Cheikh Hamidou Kane.

Il a également exprimé sa solidarité au gouvernement et au peuple sénégalais, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté africaine des lettres et de la culture.

Sénégal : Ahmadou Alhaminou à Dakar, Matam et Kaolack Lo convoque une réunion d’urgence après les fortes pluies meurtrières

Face aux conséquences des fortes pluies enregistrées depuis 48 heures dans plusieurs régions du Sénégal, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lo a convoqué, ce lundi, une réunion d’urgence consacrée à la situation des inondations.

Annoncée par la Primature et citée par la RTS, cette rencontre gouvernementale doit permettre aux autorités de dresser un état des lieux des intempéries survenues durant le week-end et d’examiner les mesures nécessaires pour renforcer la réponse face aux difficultés rencontrées sur le terrain.

La réunion, prévue à partir de 9 heures à la Primature, intervient alors que plusieurs localités font face à des inondations, des perturbations de la circulation et des dégâts matériels.

Des cumuls de pluie dépassant 100 millimètres

Selon le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, certains postes pluviométriques ont enregistré des cumuls supérieurs à 100 millimètres. Ces précipitations ont provoqué des inondations dans plusieurs zones et entraîné d’importantes perturbations. Le bilan provisoire fait également état de morts et de blessés, notamment à Dakar et à Matam, tandis que les opérations de secours se poursuivent.

À Dakar, le bilan fait état du décès d’une jeune femme de 25 ans et de son fils de quatre ans. Tous deux ont péri à l’Unité 7 des Parcelles Assainies après l’affaissement d’un mur de leur concession. Dans la région de Matam, une personne a également perdu la vie et deux autres ont été blessées dans l’effondrement d’un hangar à Gourel Serigne À Kaolack, l’effondrement d’un bâtiment à Tabangoye a fait un mort et trois blessés.

Face à l’ampleur de la situation, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a demandé à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers et à l’administration territoriale de renforcer la mobilisation et la coordination des interventions.

Les gouverneurs, préfets et sous-préfets sont notamment chargés de coordonner les opérations de secours, d’évaluer les dégâts et d’organiser l’assistance aux personnes sinistrées. Les équipes restent mobilisées dans les différentes zones touchées par les intempéries.

Bassirou Diomaye Faye exprime sa « profonde tristesse »

Le président Bassirou Diomaye Faye a réagi aux pertes en vies humaines enregistrées à la suite des fortes pluies. Il a fait part de sa « profonde tristesse » et adressé ses « condoléances émues » aux familles endeuillées. Le chef de l’État a également exprimé sa solidarité aux personnes touchées et assuré suivre l’évolution de la situation « avec la plus grande attention ».

Il a par ailleurs salué l’engagement des sapeurs-pompiers, des services de l’État et des volontaires mobilisés sur le terrain pour venir en aide aux populations affectées. Alors que les opérations se poursuivent, le ministère de l’Intérieur rappelle que le bilan reste évolutif. Les autorités appellent les populations à faire preuve de la plus grande vigilance face aux risques liés aux intempéries.

Il est notamment demandé d’éviter les voies submergées ainsi que les bâtiments fragilisés, dans un contexte où les évaluations se poursuivent dans les différentes zones touchées.