CAN 2025 & 2027 : TECNO devient partenaire mondial et propulse le football africain dans une nouvelle ère

Sous le ciel vibrant de Nairobi, une nouvelle page s’est écrite pour le football africain ce 4 juin 2025. La Confédération Africaine de Football (CAF) et le géant technologique TECNO ont signé un partenariat mondial qui promet de redéfinir l’expérience du sport roi sur le continent. TECNO devient ainsi le partenaire mondial officiel de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies 2025 au Maroc et 2027 en Afrique de l’Est.

Ce partenariat a été dévoilé en grande pompe par Véron Mosengo-Omba, secrétaire général de la CAF, et Shiming Jiang, vice-président de TECNO. Déjà présent en tant que sponsor exclusif pour smartphones lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, TECNO avait conquis les cœurs avec une visibilité sans précédent. Ce succès ouvre aujourd’hui la voie à une collaboration encore plus ambitieuse.

Une alliance stratégique pour hisser le football africain au sommet

TECNO n’est pas simplement un sponsor : c’est désormais un acteur clé de l’avenir du football africain. En s’impliquant en profondeur, la marque veut connecter technologie et passion du sport, tout en mettant un point d’honneur à contribuer au développement local. Shiming Jiang a souligné cette vision partagée : « Ensemble, nous tisserons des exploits mémorables. »

Au-delà du spectacle, ce partenariat promet aussi des actions concrètes pour les communautés, comme la réhabilitation de terrains communautaires dans plusieurs pays africains. Un engagement fort pour offrir aux jeunes talents des infrastructures dignes de leurs ambitions.

Le Maroc et l’Afrique de l’Est prêts à vibrer

La 35ᵉ édition de la CAN se tiendra du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc. De Rabat à Agadir, les plus grandes villes du royaume se préparent à accueillir les 24 meilleures nations africaines dans une ambiance électrique.

En 2027, l’Afrique de l’Est — représentée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda — accueillera pour la première fois la compétition, dans un esprit de coopération régionale inédit. Une grande première historique, qui promet d’unir le continent autour des valeurs du sport.

TECNO, bien plus qu’un logo

TECNO ne se contente pas d’apposer son nom sur des maillots. La marque entend enrichir l’expérience des supporters africains avec des innovations numériques et des campagnes locales engageantes. Des initiatives qui feront de chaque match une célébration à la fois technologique et humaine.

Nairobi : point de départ d’une révolution continentale

Le tirage au sort de la CAN 2025, prévu à Rabat, marquera le coup d’envoi symbolique d’un cycle où le football africain vise l’excellence. Grâce à cette alliance stratégique avec TECNO, la CAF se donne les moyens de rêver grand, et d’offrir aux fans une compétition à la hauteur de leur ferveur.

Ce partenariat entre la CAF et TECNO dépasse les enjeux commerciaux. Il incarne une vision commune : celle d’un football africain moderne, inclusif, et porteur d’avenir. Une chose est sûre : l’Afrique est prête à briller comme jamais.

Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : Thiam, Gbagbo, Blé Goudé et Soro exclus — Un scrutin sous haute tension !

La tension monte à l’approche de l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire. Mercredi 4 juin, la Commission électorale indépendante (CEI) a publié la liste électorale définitive. Parmi les absents de poids : Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro. Tous ont été définitivement exclus du processus électoral et ne pourront ni se présenter, ni voter.

Les exclus de la liste électorale

La radiation de ces quatre figures emblématiques de l’opposition crée une onde de choc :

  • Tidjane Thiam, président du PDCI, a été radié en avril 2025 suite à une décision de justice contestant sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription.

  • Laurent Gbagbo, ancien président, ainsi que son ex-ministre Charles Blé Goudé sont toujours écartés à cause de condamnations judiciaires antérieures.

  • Guillaume Soro, ancien Premier ministre aujourd’hui en exil, est lui aussi maintenu hors du fichier électoral.

Le président de la CEI, Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a déclaré qu’aucune révision de la liste électorale n’aurait lieu d’ici au scrutin, invoquant un délai insuffisant pour mener à bien l’opération.

Réactions et recours internationaux

Depuis l’étranger, Tidjane Thiam a dénoncé une dérive autoritaire de l’État ivoirien. Dans un communiqué, il fustige une « absence totale de démocratie » et affirme avoir saisi le Comité des droits de l’Homme de l’ONU.

Son avocat, Me Mathias Chichportich, accuse la CEI d’avoir pris une décision « arbitraire et discriminatoire », en violation des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire.

Du côté du PPA-CI, parti de Laurent Gbagbo, Jean-Gervais Tchéidé, son porte-parole adjoint, condamne un « passage en force » du pouvoir et affirme : « Nous n’allons pas les laisser faire ».

Les candidats restants en lice

Malgré ces exclusions, d’autres figures politiques restent éligibles :

  • Simone Ehivet Gbagbo, ex-Première dame

  • Jean-Louis Billon, ancien ministre du Commerce

  • Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre

Mais l’opposition reste unanime : les conditions ne sont pas réunies pour une élection crédible et apaisée. « Il faut une discussion avec le gouvernement. Nous n’accepterons pas un passage en force », avertit Simone Gbagbo.

Une liste électorale figée, une contestation persistante

La liste électorale compte désormais plus de 8,7 millions d’inscrits, soit 715 000 électeurs de plus qu’en 2023. Pourtant, les appels à une nouvelle révision de la liste n’ont pas été entendus.

Lors de son intervention au meeting du CAP-CI à Yopougon, le 31 mai, Tidjane Thiam avait insisté : « Il faut que le maximum d’Ivoiriens puissent voter ». Mais la CEI rappelle qu’une révision prendrait 6 à 7 mois, ce qui compromettrait l’échéance du 25 octobre.

La CEI, sous pression, défend la légalité de sa démarche, affirmant n’avoir fait qu’exécuter les décisions de justice. Mais l’opposition doute de l’indépendance de l’institution, d’autant que les partis de Thiam et Gbagbo ont suspendu leur participation aux travaux de la CEI depuis avril.

Un silence stratégique d’Alassane Ouattara

Le président Alassane Ouattara, en poste depuis 2011, reste muet sur une éventuelle candidature à un quatrième mandat. Cependant, le RHDP, son parti, tiendra son congrès les 21 et 22 juin, où il devrait être officiellement sollicité pour briguer un nouveau mandat.

Alors que le compte à rebours vers l’élection est lancé, la Côte d’Ivoire entre dans une zone de turbulence politique. L’exclusion de grandes figures de l’opposition risque de fragiliser la crédibilité du scrutin. Dans un contexte tendu, la question reste ouverte : la présidentielle d’octobre 2025 sera-t-elle synonyme de renouveau démocratique… ou d’impasse politique ?

Tabaski 2025 : le train de la relance ferroviaire sénégalaise entre en gare

Le rail sénégalais reprend de la vitesse. Ce mardi, Yankoba Diémé, ministre des Infrastructures, a effectué un voyage test à bord du train “Kadior 3” des Grands Trains du Sénégal (GTS), en prélude au convoyage de plus de 3 000 pèlerins pour la fête de la Tabaski.

Parti à 13h49 de Diamniadio, le train a rallié Thiès à 35 km/h, marquant des arrêts techniques à Pout. À l’arrivée, le ministre s’est félicité d’un trajet « sécurisé, agréable et prometteur », saluant la qualité du service et l’ambiance à bord.

Une alternative fiable, écologique et inclusive

Prévue pour démarrer ce mercredi, l’opération de convoyage s’appuiera sur dix rotations reliant Dakar, Thiès, Tivaouane, Bambey, Diourbel et Mbacké, avec pour ambition de désengorger les routes et offrir une solution de transport fiable et respectueuse de l’environnement.

« Nous allons retirer l’équivalent de 507 véhicules de type 7 places de la circulation », a souligné le ministre, insistant sur la double portée sécuritaire et écologique du projet.

Une ambition plus large pour le rail

Au-delà de la Tabaski, le ministre a réaffirmé la volonté de faire revivre le rail au quotidien. Accueilli à Thiès par les autorités locales, il a échangé avec les commerçants et les riverains de la gare, prenant note de leurs préoccupations.

« Comme le TER, qui n’a connu aucun accident majeur, nous voulons que les GTS deviennent un symbole de sécurité et de modernité ferroviaire », a conclu Yankoba Diémé.

Ousmane Sonko signe des accords stratégiques avec la Sierra Leone : cap sur une nouvelle ère de coopération régionale

En déplacement à Freetown Le mardi 3 juin 2025, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a conclu plusieurs accords de coopération bilatérale avec les autorités sierra-léonaises. Cette signature marque une avancée majeure dans le rapprochement entre les deux pays.

La cérémonie s’est tenue après une séance de travail de haut niveau entre les deux délégations, en présence de Bakary Sega Bathily (DG de l’APIX) et du ministre sénégalais de l’Économie, Abdourahmane Sarr.

Les protocoles d’accord portent sur des domaines stratégiques :

  • Énergie

  • Valorisation des ressources naturelles

  • Promotion des investissements entre les deux pays

L’objectif : booster la coopération régionale et accélérer l’intégration économique en Afrique de l’Ouest.

Une vision panafricaine du développement

Pour Ousmane Sonko, ces accords incarnent « un partenariat tourné vers l’avenir », fondé sur la solidarité, l’efficacité et le développement partagé. Il a insisté sur l’importance d’une coopération régionale forte pour faire face aux défis économiques et énergétiques communs.

Les autorités sierra-léonaises ont salué l’initiative et affiché leur engagement pour une mise en œuvre rapide des accords.

Cette étape s’inscrit dans le cadre d’une tournée régionale du Premier ministre, qui entend redéfinir la diplomatie sénégalaise autour d’une approche panafricaine, pragmatique et ambitieuse.

Ousmane Sonko en Sierra Leone : une diplomatie panafricaine en marche pour une coopération renouvelée

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko effectue une visite officielle de 24 heures en Sierra Leone. Il a rencontré le président Julius Maada Bio dès son arrivée à Freetown. Cette étape s’inscrit dans une tournée régionale lancée à la mi-mai. Elle vise à renforcer la coopération africaine et les liens bilatéraux.

Mardi 3 juin, Julius Maada Bio a salué « une rencontre fructueuse » avec son hôte. Les deux hommes ont discuté de plusieurs sujets. Ils ont mis l’accent sur le commerce, la coopération régionale et une vision commune pour leurs peuples. Le président sierra-léonais l’a annoncé sur ses réseaux officiels.

Ousmane Sonko est arrivé lundi dans la capitale. Le Vice-Président Mouhamed Jouldé Jallow l’a accueilli à l’aéroport. Un dîner officiel a marqué le début de sa visite. Ce moment symbolique a confirmé la volonté des deux pays de relancer leurs relations.

Avant la Sierra Leone, Ousmane Sonko s’est rendu en République de Guinée. Il y a rencontré son homologue Amadou Oury Bah. Ensemble, ils ont animé un point de presse à l’issue d’une séance de travail. Le Premier ministre sénégalais a insisté sur la force des liens entre les deux peuples.

Dans cette dynamique, il a annoncé la création d’un comité technique. Ce groupe définira de nouvelles pistes de coopération entre la Guinée et le Sénégal. Il visera aussi à accélérer les projets communs pour un développement harmonieux.

Depuis la mi-mai, Ousmane Sonko a visité le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, et maintenant la Sierra Leone. Cette tournée illustre sa volonté de relancer les partenariats africains sur des bases solides. Elle repose sur la souveraineté, la solidarité et le respect mutuel.

Le Sénégal cherche ainsi à jouer un rôle moteur en Afrique de l’Ouest. Le gouvernement mise sur la diplomatie économique et le dialogue pour consolider son leadership régional.

Ousmane Sonko et Amadou Oury Bah renforcent l’axe Dakar-Conakry

En visite officielle en Guinée ce lundi 2 juin 2025, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a entamé une séance de travail de haut niveau avec son homologue guinéen Amadou Oury Bah. La rencontre s’est tenue au Palais de la Colombe, siège du gouvernement guinéen, en présence de plusieurs ministres des deux pays.

Vers un renforcement stratégique des liens Dakar-Conakry

Cet échange marque une étape clé dans la tournée régionale du chef du gouvernement sénégalais. Objectif : consolider les relations historiques entre le Sénégal et la Guinée, et explorer de nouveaux axes de coopération. Les discussions ont porté sur l’économie, le commerce et les infrastructures maritimes.

La délégation sénégalaise comprenait notamment le ministre de l’Économie Abdourahmane Sarr, le ministre du Commerce Serigne Guèye Diop, et la ministre de la Pêche Fatou Diouf. Ensemble, ils ont engagé des échanges élargis avec leurs homologues guinéens dans une atmosphère de fraternité.

Une coopération renforcée et un message à la diaspora

Une déclaration conjointe est attendue pour formaliser les engagements pris. M. Sonko a également rencontré la communauté sénégalaise de Conakry, à qui il a adressé un message fort : unité, engagement citoyen et fidélité aux valeurs panafricaines.

Dans l’après-midi, il sera reçu par le président guinéen Mamadi Doumbouya. Il poursuivra ensuite sa tournée diplomatique à Freetown, après des étapes marquantes à Abidjan et Conakry.

Tragédie sur le fleuve Sénégal : cinq pêcheurs périssent dans un naufrage à Bokiladji

Le fleuve Sénégal a une nouvelle fois été témoin d’une tragédie. Ce vendredi, deux nouveaux corps ont été repêchés à Werma, dans la commune de Bokiladji (région de Matam), portant à cinq le nombre de victimes du naufrage survenu jeudi.

Ce drame bouleversant remonte à la veille, lorsqu’une pirogue transportant cinq pêcheurs s’est retournée alors qu’elle se rendait à Wompou, un village voisin, pour une sortie de pêche. Trois corps avaient été retrouvés dans les heures qui ont suivi l’accident, les deux derniers ont été localisés au terme de près de 24 heures de recherches ininterrompues, menées par les gendarmes, les secouristes et les habitants du village.

Les cinq hommes disparus étaient tous issus de la même communauté de Bokiladji, un village désormais plongé dans la douleur. Le préfet de Matam s’est rendu sur les lieux pour présenter ses condoléances aux familles endeuillées, assurant le soutien des autorités dans cette épreuve particulièrement difficile.

Une enquête a été ouverte afin de faire la lumière sur les causes exactes de ce naufrage. Les enquêteurs s’intéressent notamment aux conditions météorologiques du jour de l’accident et à l’état de l’embarcation utilisée par les pêcheurs.

En attendant les conclusions, Bokiladji pleure ses fils, emportés par les eaux lors d’un simple jour de pêche.

le pari audacieux de Diomaye Faye pour refonder la démocratie

Le président Bassirou Diomaye Faye a lancé, ce mardi matin au Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), les concertations nationales sur le système politique sénégalais. Prévues du 28 mai au 4 juin 2025, ces assises visent à refonder les bases de la démocratie à travers un dialogue ouvert et inclusif. Elles rassemblent majorité, opposition, société civile et citoyens autour de dix axes prioritaires.

Un dialogue largement salué… mais aussi contesté

La démarche présidentielle a été bien accueillie par une majorité d’acteurs : responsables politiques, syndicalistes, universitaires, leaders religieux et citoyens. Cependant, plusieurs partis ont décliné l’invitation. C’est le cas de l’Alliance pour la République (APR), de la République des Valeurs et des Serviteurs. Ces formations dénoncent les modalités du dialogue, tout en affirmant leur volonté de réformer les institutions. Cette absence souligne les tensions politiques et les attentes élevées.

Trois piliers pour transformer la République

Les discussions s’organisent autour de trois chantiers majeurs :

  • Démocratie et libertés : encadrement des partis, financement transparent, statut de l’opposition, droits humains.

  • Réforme électorale : parrainage, bulletin unique, vote électronique, participation des personnes handicapées et des détenus.

  • Réformes institutionnelles : Conseil constitutionnel transformé en Cour constitutionnelle, organe électoral indépendant, clarification des compétences juridictionnelles.

Par ailleurs, dix priorités guideront les débats. Elles concernent notamment la modernisation du système électoral, la moralisation de la vie publique et le renforcement des institutions.

Cheikh Guèye, chef d’orchestre du dialogue

Le facilitateur général, Cheikh Guèye, est un acteur respecté de la société civile. Géographe de formation, il a travaillé pour Enda Tiers Monde, puis IPAR. Il y a promu des politiques de développement inclusives et locales. Son rôle est crucial : il doit restaurer la confiance entre les acteurs et garantir un dialogue constructif.

Des voix fortes pour un tournant démocratique

L’ouverture des concertations a donné lieu à plusieurs prises de parole marquantes.

  • Khalifa Sall, leader de Taxawu Senegaal, a prôné un dialogue sincère sous le signe de la justice, de la réparation et de la paix (jub, jubbal, jubbanti, jubbo). Il a plaidé pour que les enjeux économiques soient intégrés aux débats.

  • Amadou Ba, ancien Premier ministre, a salué « un geste d’ouverture ». Toutefois, il a dénoncé les restrictions des libertés et appelé à un pacte national pour pacifier la vie politique. Il a aussi alerté sur les crises économiques et budgétaires.

  • Anta Babacar Ngom, présidente du parti ARC, a exhorté à rompre avec l’hypocrisie politique. Selon elle, le dialogue doit restaurer la dignité de la parole publique et marquer un véritable tournant.

  • Aminata Mbengue Ndiaye, présidente du Parti socialiste, a rappelé le consensus électoral de 1992. Elle y voit un modèle de ce que peut produire un dialogue réussi.

Un moment décisif pour le Sénégal

Alors que les tensions politiques restent vives, ces concertations pourraient ouvrir une nouvelle ère. La réussite du processus dépendra de la capacité à écouter, à négocier et à agir. Si le pari est audacieux, il suscite aussi de grands espoirs. Le Sénégal joue peut-être l’un des chapitres les plus importants de sa trajectoire démocratique.

Scandale bancaire en Éthiopie : 56 millions de dollars volatilisés, un réseau tentaculaire en cause

Un vaste scandale de détournement de fonds ébranle la principale banque publique éthiopienne, la Commercial Bank of Ethiopia (CBE), avec la disparition de plus de 7,7 milliards de birrs, soit environ 56 millions de dollars.

Selon des sources bien informées, cet argent aurait été transféré de manière frauduleuse à des particuliers et à plusieurs entreprises privées, dont Kerchanshe Trading Plc, un géant de l’exportation de café. À elle seule, cette entreprise aurait reçu plus de la moitié du montant total détourné.

Les premiers éléments de l’enquête révèlent l’existence d’un réseau complexe impliquant des employés de la banque, des représentants du secteur privé, et même des fonctionnaires de l’État. Chaque bénéficiaire aurait empoché jusqu’à 50 millions de birrs.

Ce nouveau scandale fait écho à un autre incident majeur survenu en mars 2025, lorsque plus de six milliards de birrs avaient mystérieusement disparu des comptes de la CBE. À l’époque, les autorités avaient évoqué une « défaillance du système » pour justifier cette perte colossale.

Pour l’heure, aucune arrestation n’a été annoncée, mais une enquête policière est en cours. La Banque nationale d’Éthiopie a réagi en urgence en renforçant les régulations du secteur bancaire, afin d’éviter la répétition de telles irrégularités.

Ni la CBE, ni les autorités policières n’ont encore publié de déclaration officielle. Mais en coulisses, les investigations s’intensifient pour identifier les coupables de ce détournement historique, qui remet en question la fiabilité du système bancaire éthiopien tout entier.

Cédéao : 50 ans d’unité ou d’illusions ? Bilan contrasté d’une ambition régionale

Cinquante ans après sa création, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se retrouve face à elle-même. Fondée le 28 mai 1975 à Lagos, l’organisation rêvait d’intégration économique, de libre circulation, et de prospérité partagée. Un demi-siècle plus tard, le bilan est en demi-teinte.

L’un de ses acquis majeurs reste la libre circulation des biens et des personnes. Aujourd’hui, un seul document de voyage suffit pour traverser 12 pays. Finies les expulsions massives des années 1970 : des citoyens béninois, sénégalais ou ghanéens vivent et travaillent désormais à Lagos, Abidjan ou Niamey. Cette mobilité a renforcé une certaine cohésion économique entre les États membres, selon Nazif Abdullahi, commissaire aux Affaires internes de la Cédéao.

Mais malgré cette avancée, l’intégration économique reste incomplète. Le commerce intrarégional plafonne à moins de 15 % des exportations, et la plupart des infrastructures régionales, en dehors du corridor Lagos-Abidjan, sont inachevées. Le projet de monnaie unique, l’ECO, peine à se concrétiser, miné par des désaccords persistants. En outre, les contributions financières des États membres sont très inégales, forçant l’organisation à dépendre des bailleurs occidentaux.

Une lueur : le marché régional de l’électricité

Dans ce paysage morose, une réussite éclatante émerge : le système ouest-africain d’échange d’énergie électrique (WAPP). Grâce à une interconnexion de 7 000 km de lignes, les pays échangent plus de 4 TWh par an. D’ici cinq ans, l’objectif est de doubler ce réseau. Un marché régional d’achat-vente d’électricité a vu le jour à Cotonou, permettant à chaque pays de combler ses déficits par les surplus régionaux. Sediko Douka, commissaire aux Infrastructures, vise une couverture énergétique régionale de 75 % d’ici 2030.

La Cédéao joue aussi un rôle clé dans le financement des infrastructures énergétiques, comme le souligne Sylvie Maheux, ex-cadre de la Banque africaine de développement. Sa coordination avec les bailleurs de fonds a permis d’accélérer la croissance du WAPP, une dynamique désormais menacée par le départ de trois pays : le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Une crise de légitimité profonde

Pour Carlos Lopes, économiste bissau-guinéen, la Cédéao, jadis modèle d’intégration, traverse aujourd’hui une véritable crise de légitimité. L’échec de l’ECO symbolise la fragmentation croissante du consensus régional. Le retrait de la Mauritanie en 2000, suivi de celui du Burkina, du Mali et du Niger, a gravement fragilisé l’unité de l’organisation. À cela s’ajoute une gestion maladroite des sanctions et des crises sécuritaires, qui a sapé la crédibilité de l’organisation.

Un anniversaire amer

Le cinquantenaire de la Cédéao, célébré sans faste à Lagos, réunit les 12 membres encore actifs. Pas de concerts, ni de feux d’artifice : la journée se veut sobre, introspective. Le général Yakubu Gowon, dernier père fondateur vivant, y apporte son témoignage. En toile de fond, une question plane : la Cédéao peut-elle se réinventer ou risque-t-elle de sombrer dans l’indifférence ?

Dans une Afrique de l’Ouest secouée par les bouleversements politiques et les tensions sécuritaires, l’organisation est à un tournant. Soit elle rebondit, soit elle cessera, non pas d’exister, mais d’avoir un véritable poids.