Conférence ONU 2026 : Dakar et Abu Dhabi misent sur l’eau pour renforcer leur partenariat

La co-organisation de la Conférence des Nations unies sur l’eau en décembre 2026 apparaît comme un levier stratégique pour renforcer les relations entre le Sénégal et les Émirats arabes unis, selon le vice-ministre émirati Abdulla Balalaa.

 

La co-organisation de la Conférence des Nations unies prévue en décembre 2026 constitue une occasion stratégique pour le Sénégal et les Émirats arabes unis de consolider davantage leurs relations bilatérales, a estimé le vice-ministre émirati chargé de l’Énergie et du Développement durable, Abdulla Balalaa.

« La co-organisation de la Conférence des Nations unies sur l’eau représente une opportunité majeure pour approfondir et renforcer encore plus les relations entre nos deux pays », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’APS.

Le vice-ministre a mis en avant la solidité des liens entre Dakar et Abu Dhabi, rappelant que les Émirats arabes unis figurent parmi les principaux investisseurs étrangers au Sénégal. Il a également insisté sur les relations d’amitié qui unissent les deux États, évoquant la visite du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, aux Émirats arabes unis en décembre 2024, suivie de celle du Premier ministre Ousmane Sonko en septembre dernier.

« Nous avons été très honorés et heureux d’accueillir le Président de la République du Sénégal à l’occasion de la Semaine du développement durable d’Abu Dhabi », a souligné Abdulla Balalaa, saluant le discours prononcé par le chef de l’État sénégalais lors de cet événement.

Selon lui, le Sénégal et les Émirats arabes unis, en tant que co-organisateurs de la Conférence des Nations unies sur l’eau prévue du 2 au 4 décembre 2026 à Abu Dhabi, œuvrent conjointement à l’atteinte de l’Objectif de développement durable numéro 6 (ODD 6), visant l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène d’ici 2030.

« Les Émirats arabes unis et le Sénégal ont pris l’engagement de ne ménager aucun effort pour atteindre l’ODD 6 », a-t-il assuré, précisant que cette conférence sera la première exclusivement consacrée à la mise en œuvre de cet objectif des Nations unies.

Chef de la délégation émiratie à la réunion de haut niveau préparatoire à la Conférence des Nations unies sur l’eau 2026, tenue récemment à Dakar, Abdulla Balalaa a attiré l’attention sur le déficit structurel de financement dans le secteur de l’eau.

« Lorsque nous évoquons les mécanismes à mettre en place, le financement reste un enjeu central. Il existe un déficit de plusieurs milliards de dollars dans le financement de l’eau », a-t-il relevé.

Le responsable émirati a également pointé la difficulté pour de nombreux États membres à élaborer et appliquer des normes et des réglementations efficaces dans ce domaine.

« Nous faisons face à un déficit que nous souhaitons combler », a-t-il insisté, précisant que la priorité des Émirats arabes unis est de maintenir la question de l’eau à l’agenda international, au plus haut niveau politique.

Dans cette dynamique, les Émirats arabes unis affirment avoir œuvré sans relâche, ces deux dernières années, pour intégrer davantage la problématique de l’eau dans les différents cadres multilatéraux. Abdulla Balalaa a également rappelé que la question a été récemment abordée lors du Forum économique mondial de Davos.

« Nous avons évoqué la Conférence des Nations unies sur l’eau à Davos », a-t-il indiqué, appelant les décideurs politiques à mieux appréhender les enjeux liés à la gestion durable de l’eau.

« Nous sommes convaincus que les dirigeants doivent pleinement mesurer l’importance stratégique de l’eau, notamment pour la paix, la sécurité, la croissance économique et la lutte contre le changement climatique », a conclu Abdulla Ahmed Balalaa.

Tchad : Maréchal Déby attendu à Paris pour redéfinir les relations Tchad-France

Deux mois après la fin de l’accord de défense, le président tchadien Maréchal Déby Itno est à Paris pour renforcer la coopération bilatérale avec la France.

 

Le président tchadien, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, est à Paris ce mardi 28 janvier 2026 pour une visite officielle, à l’invitation du président français Emmanuel Macron. Cette rencontre intervient deux mois après la résiliation par N’Djamena de l’accord de défense signé avec la France en 2019.

Selon la présidence tchadienne, la visite a pour objectif de consolider les liens bilatéraux et de revisiter la coopération entre les deux pays, dans un esprit de dialogue et de respect mutuel. Au programme, un entretien en tête-à-tête entre les deux chefs d’État pour discuter de questions d’intérêt commun sur les plans bilatéral, régional et international.

À son départ de N’Djamena, le président Déby Itno a été salué par le Premier ministre, l’ambassadeur Allah-Maye Halina, le général Yangmargue Beh Félix, chef d’État-Major général des armées, ainsi que plusieurs membres du gouvernement et responsables de la présidence.

Cette visite intervient plus d’un an après l’annonce par le Tchad de la résiliation de l’accord de coopération en matière de défense avec Paris, une décision présentée à l’époque comme un « tournant historique » par le gouvernement tchadien, visant à renforcer sa souveraineté et à redéfinir ses partenariats stratégiques.

Il s’agit du deuxième déplacement officiel du Maréchal Déby en France depuis son investiture en mai 2024, après sa participation au Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en octobre 2024. Le Tchad demeure un partenaire clé de la France dans le Sahel, notamment dans les domaines de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme.

Sénégal : une raffinerie de 600 tonnes par jour inaugurée à Sendou

Le Président Bassirou Diomaye Faye a inauguré, mardi à Sendou, la raffinerie Mavamar Industries SA, un projet industriel majeur présenté comme un levier de souveraineté alimentaire et de création d’emplois.

 

Le Président de la République a présidé, mardi, à Sendou, dans le département de Rufisque (ouest), la cérémonie d’inauguration de la raffinerie Mavamar Industries SA, une unité industrielle dotée d’une capacité de raffinage de 600 tonnes d’huile par jour.

« L’infrastructure que nous inaugurons cet après-midi dépasse le simple cadre d’un outil de production. Elle incarne une étape majeure dans la transformation structurelle de notre économie », a déclaré le chef de l’État.

Le Président Bassirou Diomaye Faye s’est félicité de l’envergure de l’investissement, saluant la qualité des installations réalisées ainsi que le niveau technologique atteint par Mavamar Industries SA. Selon lui, la mise en place de cette raffinerie illustre « de façon éloquente la capacité du secteur privé à porter des projets créateurs d’emplois durables », contribuant ainsi au développement économique national.

« Notre ambition est sans équivoque : produire plus, transformer localement et consommer ce que nous produisons », a insisté le chef de l’État, soulignant le rôle stratégique que jouera Mavamar Industries SA dans cette dynamique.

Le Président de la République a rappelé que l’État a pour mission d’assurer la régulation des secteurs économiques et de garantir la protection des investisseurs, tandis que les entrepreneurs « prennent des risques, innovent, créent des emplois et génèrent de la richesse ». De son côté, le directeur général de l’entreprise, Souleymane Ndoye, a indiqué que l’investissement global ayant conduit à la création de Mavamar Industries SA s’élève à 60 milliards de francs CFA. La raffinerie devrait permettre la création d’environ 450 emplois directs et près de 200 emplois indirects, a précisé M. Ndoye.

« Ce projet constitue une contribution significative à la souveraineté alimentaire du Sénégal. Une extension de notre capacité de trituration des graines d’arachide est prévue dès la première année d’exploitation », a-t-il annoncé.

Selon les informations communiquées par la direction générale, Mavamar Industries SA est une société anonyme de droit sénégalais créée en 2021. Implantée sur une superficie de 23 hectares dans la zone portuaire de Sendou, la raffinerie sera alimentée en énergie par une centrale solaire.

Avec une capacité de raffinage de 600 tonnes d’huile par jour, Mavamar Industries SA produira des huiles alimentaires destinées au marché local, contribuant ainsi à la réduction des importations, selon sa direction générale.

Sénégal-Maroc : La CAF ouvre une enquête disciplinaire

La procédure disciplinaire ouverte par la CAF après la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc a franchi une étape décisive, avec la clôture des auditions et la mise en délibéré du dossier.

 

La procédure disciplinaire engagée par la Confédération africaine de football (CAF) à la suite de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 est entrée dans une étape déterminante. À l’issue de l’audience tenue le mardi 27 janvier 2026, le Jury disciplinaire a décidé de mettre l’affaire en délibéré après la clôture des auditions.

Dans un communiqué rendu public mardi soir, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a confirmé sa comparution devant l’instance disciplinaire, « représentée par son Secrétaire général ». La FSF indique que le sélectionneur national, Pape Bouna Thiaw, ainsi que les joueurs Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye, ont été entendus et ont présenté leurs arguments de défense.

La procédure fait suite aux rapports établis par les officiels de la rencontre et aux réserves déposées à l’issue de la finale disputée le 18 janvier 2026 au stade Moulay Abdellah de Rabat. Le Jury disciplinaire a passé en revue l’ensemble des pièces versées au dossier, notamment les rapports officiels et les images de la rencontre.

Conformément au calendrier fixé par la présidente du Jury disciplinaire de la CAF, le Jury disciplinaire devrait rendre la décision finale dans un délai de quarante-huit heures. L’audience visait à examiner les incidents survenus lors de la finale et à apprécier les faits au regard des textes réglementaires en vigueur au sein de l’instance continentale.

Pour rappel, la CAF avait déjà qualifié de « inacceptable » le comportement de certains joueurs et officiels lors de cette finale, annonçant l’ouverture d’un examen approfondi des images et des rapports en vue d’éventuelles sanctions.

De son côté, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a indiqué avoir saisi les instances compétentes de la CAF et de la FIFA à la suite du retrait de l’équipe sénégalaise du terrain. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a également condamné ces agissements, estimant qu’abandonner le terrain est « inacceptable » et rappelant que la violence n’a pas sa place dans le football.

Décès d’Halima Gadji : le cinéma et la télévision Sénégalaise et Africains en deuil

Connue pour son rôle marquant dans la série Maîtresse d’un homme marié, l’actrice sénégalaise Halima Gadji est décédée à 37 ans en France, laissant derrière elle une carrière riche et une forte empreinte dans l’audiovisuel africain.

 

L’actrice sénégalaise Halima Gadji est décédée lundi en France, à la suite d’un malaise, à l’âge de 37 ans, selon plusieurs médias qui ont relayé l’information dans la soirée. Figure emblématique du petit écran sénégalais, elle s’est révélée au grand public à travers son rôle de Marième Dial dans la série à succès Maîtresse d’un homme marié, une production de la société Marodi lancée en 2019. Une œuvre à la fois controversée et populaire, qui a largement contribué à asseoir sa notoriété. Au fil des années, Halima Gadji a multiplié les apparitions dans des séries et films au Sénégal, en Côte d’Ivoire et sur d’autres scènes africaines.

Actrice accomplie, elle était également consultante mode, mannequin et entrepreneuse. Née en 1989 à Dakar, entre la Médina et Sacré-Cœur, elle était issue d’un métissage culturel, avec une mère marocaine-algérienne et un père sénégalais.

Les circonstances exactes ainsi que le lieu précis de son décès n’étaient pas encore communiqués jusque tard dans la soirée. Quelques heures avant l’annonce de sa disparition, l’actrice avait publié un message sur sa page Facebook, évoquant le casting de la saison 2 de Nouvelle reine, une téléréalité diffusée sur Canal+ Afrique.

Passionnée de mannequinat, Halima Gadji découvre très tôt l’univers du casting, dès l’âge de 15 ans, nourrissant l’ambition affirmée de vivre de son art. Elle fait ensuite ses premiers pas au cinéma et à la télévision dans des productions telles que Tundu Wundu (2015) et Sakho & Mangane (2018-2020).

Son interprétation de Marième Dial dans Maîtresse d’un homme marié (2019-2021) marque un tournant décisif dans sa carrière. Son talent, sa prestance et sa personnalité affirmée attirent alors l’attention de nombreuses maisons de production. Elle étend progressivement sa carrière au-delà des frontières sénégalaises, notamment en Côte d’Ivoire, où son jeu d’actrice est salué.

Derrière cette trajectoire artistique brillante, la vie de Halima Gadji a également été marquée par des périodes de fragilité personnelle. Ces dernières années, sa carrière a connu des interruptions liées à des difficultés psychologiques, qui ont parfois freiné son élan artistique.

Coopération Sénégal-Maroc : 17 nouveaux accords on été conclus pour approfondir le partenariat bilatéral

Réunis à Rabat dans le cadre de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte, le Sénégal et le Maroc ont signé 17 accords de coopération couvrant plusieurs secteurs stratégiques, marquant une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations bilatérales.

 

Le Sénégal et le Maroc ont conclu, lundi à Rabat, la signature de 17 nouveaux accords de coopération, à l’issue des travaux de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte sénégalo-marocaine, ouverte le même jour dans la capitale du Royaume chérifien. Les différents accords ont été signés par des ministres et responsables administratifs des deux pays, en présence du chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, et du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko.

Ces textes de coopération couvrent plusieurs secteurs stratégiques, notamment les infrastructures portuaires, l’enseignement supérieur, la sécurité routière, la fiscalité, les finances publiques, la coopération industrielle, la santé animale ainsi que l’économie numérique.

Selon les autorités marocaines, ces nouveaux accords traduisent la volonté commune de Dakar et de Rabat de renforcer leur partenariat bilatéral. « Ces signatures portent sur des domaines variés tels que la fiscalité, les finances publiques, l’environnement, l’énergie, l’économie numérique, le développement industriel, les infrastructures portuaires, l’agriculture, le transport, la jeunesse et la sécurité sanitaire », a précisé le responsable marocain chargé de la présentation des 17 accords.

À l’issue de la cérémonie de signature, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, ont procédé à la signature du procès-verbal marquant la clôture officielle des travaux de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte sénégalo-marocaine.

Sonko à Rabat : renforcer le partenariat stratégique Sénégal-Maroc

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, est arrivé tôt ce lundi matin à Rabat, pour une visite officielle au Maroc, à l’occasion de la 15ᵉ Grande Commission mixte de coopération sénégalo-marocaine, a constaté l’envoyé spécial de l’APS.

À son arrivée à l’aéroport de Rabat peu après 7 heures GMT, le chef du gouvernement sénégalais a été accueilli par son homologue marocain, Aziz Akhannouch, et plusieurs responsables officiels du Royaume. La délégation de M. Sonko comprend plusieurs ministres clés, dont Cheikh Niang (Affaires étrangères et Sénégalais de l’extérieur), Daouda Ngom (Enseignement supérieur, Recherche et Innovation), Serigne Guèye Diop (Industrie et Commerce), Abdourahmane Sarr (Économie, Plan et Coopération) et Mabouba Diagne (Agriculture, Élevage et Souveraineté alimentaire).

Une coopération stratégique et multidimensionnelle

Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens historiques et du partenariat stratégique entre Dakar et Rabat, souligne le Bureau d’information gouvernemental (BIG-Gouv). Le document rappelle que la coopération bilatérale couvre des secteurs essentiels tels que l’économie, les finances, l’enseignement supérieur, la santé, la défense et la sécurité, l’agriculture, l’énergie, les mines, la pêche, l’hydraulique, l’habitat et la justice.

Des échanges commerciaux en forte progression

Les échanges commerciaux entre le Sénégal et le Maroc affichent une croissance soutenue. Selon le BIG-Gouv, les exportations sénégalaises vers le Maroc ont atteint 24,7 milliards FCFA en 2024, soit une augmentation de 26,2% par rapport à 2023 (19,6 milliards FCFA). Cette performance est essentiellement portée par les secteurs halieutique et agroalimentaire, principaux moteurs de l’offre sénégalaise sur le marché marocain.

Du côté des importations, le Sénégal a enregistré 147 milliards FCFA en provenance du Maroc en 2024, en hausse de 19,2% par rapport à 2023 (123,4 milliards FCFA), après une progression notable de 33,6% entre 2022 et 2023. Cette dynamique traduit la vitalité du commerce bilatéral et le renforcement du partenariat économique entre les deux pays.

Coopération Sénégal Maroc : Sonko est à Rabat dans le cadre de la 15ᵉ Grande Commission mixte de coopération bilatérale entre Dakar et Rabat

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, sera au Maroc les 26 et 27 janvier 2026 pour participer à la 15ᵉ Grande Commission mixte de coopération bilatérale entre Dakar et Rabat. Cette visite officielle constitue son premier déplacement au Royaume depuis sa nomination en avril 2024 et s’inscrit dans un contexte de partenariat stratégique renforcé, déjà matérialisé par plus de 130 accords et des échanges commerciaux en forte croissance, selon une note du Bureau d’information et de communication du gouvernement (BIC GOUV).

Des relations bilatérales solides et historiques

Le Sénégal et le Maroc entretiennent des relations diplomatiques étroites et diversifiées, couvrant l’économie, les finances, l’enseignement supérieur, la santé, la défense et sécurité, l’agriculture, l’énergie, les mines, la pêche, l’hydraulique, l’habitat et la justice. Ces liens reposent sur une histoire commune et des affinités culturelles anciennes. Depuis la signature du premier accord bilatéral en novembre 1960, près de 30 nouveaux accords sont actuellement en cours de négociation, tandis que plus de 130 accords ont déjà été conclus.

Les visites royales à Dakar en 2013, 2015 et 2016 ont renforcé cet axe stratégique, et les deux pays collaborent régulièrement sur les scènes multilatérales, partageant des positions convergentes sur des dossiers internationaux et régionaux, et participant mutuellement aux sommets et forums.

Une dynamique commerciale en nette progression

Les échanges commerciaux entre Dakar et Rabat connaissent une forte croissance. En 2024, les exportations sénégalaises vers le Maroc ont atteint 24,7 milliards FCFA, soit une progression de 26,2% par rapport à 2023, portée par les secteurs halieutique et agroalimentaire. Le Sénégal exporte notamment poissons frais et conserves, pâte d’arachide, noix de coco, noix de cajou, mangues et piments.

Les importations sénégalaises en provenance du Maroc ont totalisé 147 milliards FCFA en 2024, en hausse de 19,2% par rapport à 2023, avec des produits tels que pâtes alimentaires, couscous, détergents, boulonnerie, fruits et légumes. La balance commerciale demeure déficitaire pour le Sénégal, avec un déficit de 104,7 milliards FCFA en 2024.

Investissements marocains et coopération sectorielle

L’investissement direct étranger marocain au Sénégal a connu une progression constante, atteignant près de 136 millions USD en 2019, avec une implantation dans l’agroalimentaire, la pharmacie, l’énergie, les BTP, les mines et les services. Plusieurs banques marocaines majeures, telles que BMCE Bank of Africa, Attijariwafa Bank et la Banque Centrale Populaire via Banque Atlantique, renforcent ce lien stratégique, tout comme les acteurs de la microfinance et des assurances.

La coopération couvre également l’enseignement supérieur, avec des échanges de bourses et l’accueil d’étudiants, le transport aérien avec Royal Air Maroc et Air Sénégal SA, le secteur de l’énergie, la santé et la défense. Des initiatives comme l’usine West Africa Pharma illustrent le transfert de savoir-faire marocain au Sénégal. Sur le plan spirituel, de nombreux Sénégalais se rendent à Fès pour le pèlerinage au mausolée de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif.

Le Maroc, un partenaire africain en expansion

Monarchie constitutionnelle de 36 millions d’habitants, le Maroc s’impose comme un acteur majeur du continent africain depuis son retour à l’Union africaine en 2017. Son économie diversifiée et résiliente prévoit une croissance de 4,6% en 2025 et 4,4% en 2026, portée par l’agriculture, l’industrie manufacturière, le secteur des phosphates et le tourisme. Le déficit budgétaire est en diminution progressive, tout comme la dette publique, confirmant la stabilité macroéconomique du Royaume et son attractivité pour les partenaires africains et internationaux.

CAN 2025 : Mohammed VI appelle à l’apaisement et à la fraternité africaine

Après les incidents ayant émaillé la finale Maroc-Sénégal, le roi Mohammed VI a appelé au retour au calme, affirmant que la fraternité interafricaine finira par prévaloir.

 

La fraternité interafricaine finira naturellement par reprendre le dessus une fois dissipée l’émotion suscitée par la Coupe d’Afrique des nations, a assuré le roi du Maroc, Mohammed VI, soulignant que « rien ne saurait remettre en cause la proximité forgée au fil des siècles entre les peuples africains » et rappelant que son pays « est et demeurera un grand pays africain ».

« Même si cette grande célébration du football continental organisée par le Royaume a été malheureusement assombrie par les événements survenus dans les dernières minutes de la finale opposant le Maroc au Sénégal, marquées par des incidents regrettables et des comportements déplorables, il n’en reste pas moins qu’une fois la ferveur retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans ce message relayé jeudi par la Maghreb Arabe Presse (MAP), l’agence officielle marocaine, le souverain chérifien a insisté sur le fait que « rien ne saurait altérer la proximité patiemment construite entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse établie avec les pays du continent, consolidée par des partenariats toujours plus ambitieux ».

« Le Royaume du Maroc est et restera un grand pays africain, fidèle aux valeurs de fraternité, de solidarité et de respect qui ont toujours guidé son action à l’égard du continent. Conformément à la Vision éclairée du Souverain, le Maroc poursuivra son engagement constant en faveur d’une Afrique unie et prospère, notamment à travers le partage de son expérience, de son expertise et de son savoir-faire », a martelé Mohammed VI.

Le roi s’est également félicité que « le Maroc demeure fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois d’émotions populaires et sportives, contribuant ainsi au rayonnement de l’Afrique et de son football », tout en soulignant que « le peuple marocain sait faire la part des choses et ne se laissera pas entraîner dans la rancœur et la division ».

Mohammed VI a par ailleurs tenu à « féliciter chaleureusement l’ensemble des citoyens, dans toutes les villes du Royaume, pour les efforts consentis », remerciant chacun pour sa contribution à « ce succès historique salué à l’échelle internationale ».

À ce titre, il a adressé ses « compliments aux millions de Marocains, femmes, hommes et enfants, qui ont soutenu leur équipe nationale avec exemplarité », aujourd’hui classée « 8ᵉ meilleure sélection mondiale ».

Selon le souverain, ce résultat est « le fruit d’une politique sportive et infrastructurelle ambitieuse et cohérente, mais aussi du choix patriotique des talents issus de la diaspora marocaine de défendre les couleurs nationales avec fierté et engagement ».

« Cette édition de la compétition continentale restera dans l’histoire. Au-delà de ses performances sportives, elle aura mis en lumière le bond qualitatif accompli par le Royaume sur la voie du développement, grâce à une vision de long terme et à un modèle singulier plaçant le citoyen au cœur des priorités », a encore souligné Mohammed VI.

Mercredi, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, avaient déjà appelé leurs ressortissants respectifs au calme et à l’apaisement, à la suite des incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025.

« Sous les hautes instructions de Sa Majesté le roi Mohammed VI et de Son Excellence le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, nous avons convenu de poursuivre nos efforts dans un esprit de sérénité et d’apaisement afin de consolider les liens historiques et profonds entre nos deux pays », avait déclaré le chef du gouvernement sénégalais dans un message publié sur Facebook.

Le Sénégal a remporté la CAN 2025, dimanche 18 janvier à Rabat, en s’imposant (1-0) face au Maroc, pays hôte, à l’issue d’une finale marquée par une forte tension sur le terrain et des incidents entre stadiers marocains et supporters sénégalais dans les tribunes.

Les joueurs sénégalais, dirigés par leur sélectionneur Pape Thiaw, avaient brièvement quitté la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc, après l’annulation d’un but sénégalais sur une faute jugée contestable.

La rencontre a finalement repris. Brahim Diaz a manqué le penalty marocain, avant que Pape Guèye n’inscrive le but offrant le sacre aux Lions de la Téranga.

Entre frustration et déception, le scénario de cette finale a alimenté de vifs échanges entre supporters sénégalais et marocains, notamment sur les réseaux sociaux.

« C’était irréel » : Yehvann Diouf raconte l’affaire des serviettes en finale de la CAN 2025

Au cœur d’une scène devenue virale lors de la finale Sénégal-Maroc, Yehvann Diouf est revenu sur la tentative de vol des serviettes d’Édouard Mendy, un moment qu’il qualifie d’irréel.

Le portier sénégalais a passé de longues minutes à tenter de préserver la serviette d’Édouard Mendy, ciblée par des ramasseurs de balle et des joueurs marocains. Yehvann Diouf est revenu sur cet épisode improbable impliquant des tentatives répétées de subtilisation de la serviette de son coéquipier.

Annoncé comme un simple remplaçant au coup d’envoi de la finale de la Coupe d’Afrique des nations entre le Sénégal et le Maroc, le gardien s’est finalement retrouvé au cœur d’une séquence devenue virale. Relégué au second plan avant le match, il s’est imposé comme l’un des acteurs marquants de la rencontre en raison du désormais célèbre « incident de la serviette ».

Le portier de l’OGC Nice affirme avoir été pris pour cible par des ramasseurs de balle et un joueur adverse, désireux de récupérer la serviette d’Édouard Mendy, qu’il tentait de protéger. Ce jeudi, après la victoire de son club face au Go Ahead Eagles en Ligue Europa (3-1), le Sénégalais est revenu sur cet épisode, le sourire aux lèvres après son sacre continental.

« Lors du match précédent, on avait déjà remarqué qu’ils prenaient les serviettes du gardien nigérian. On ne comprend toujours pas pourquoi. Pendant le temps réglementaire, Hakimi a participé à cette manœuvre, et ils ont réussi à récupérer la serviette. Ensuite, durant la prolongation, alors qu’il pleuvait fortement, Mory Diaw a apporté de nouvelles serviettes à Édouard. À peine était-il reparti qu’elles avaient déjà disparu », a-t-il relaté.

« Un ramasseur m’a demandé d’être fair-play »

L’ancien gardien de Reims explique avoir voulu venir en aide à son coéquipier en lui apportant une autre serviette. « Quand je me suis approché, ils ont reproduit exactement la même scène. Un joueur marocain m’a poursuivi pour me l’arracher, ce qui m’a surpris. Puis, lors d’un autre passage, les ramasseurs de balle et un responsable sont intervenus à leur tour. Mon seul objectif était d’aider Édouard à rester dans les meilleures conditions, car on avait besoin d’un grand gardien pour remporter cette finale », a-t-il confié.

La séquence a largement circulé sur les réseaux sociaux. Bousculé par des ramasseurs de balle, Yehvann Diouf s’est retrouvé allongé sur la pelouse pour tenter de protéger la serviette. « Sur le moment, je n’en revenais pas. Je pensais que l’arbitre allait arrêter le jeu ou constater la situation. Mais non, je me retrouve à terre dans la surface. J’ai compris que je devenais une gêne pour Édouard, alors j’ai préféré me relever et m’écarter. Franchement, c’était irréel », a-t-il raconté.

Vainqueur après prolongation, le gardien préfère aujourd’hui en rire. « Un ramasseur de balle m’a même lancé : sois fair-play. Je lui ai répondu : fair-play de quoi ? Ce sont vous qui prenez les serviettes, et c’est moi qui serais en tort ? J’ai été surpris, je ne comprenais pas », a-t-il conclu.