Sénégal : la presse salue le nouvel appui financier de la Banque mondiale

La signature de nouveaux accords de financement entre le Sénégal et la Banque mondiale, à l’occasion de la visite à Dakar du vice-président de l’institution pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, domine les principaux titres de la presse sénégalaise de ce jeudi 6 août.

Le Soleil annonce en Une un « nouvel appui de 340 milliards de FCFA de la Banque mondiale », soulignant la signature de trois conventions stratégiques destinées à soutenir l’agriculture, les transports et la résilience économique. Le quotidien précise que ces financements visent à renforcer la capacité du Sénégal à faire face aux chocs économiques, améliorer la connectivité des zones de production agricole et accélérer le développement de la Casamance.

Sous le titre « La Banque mondiale ouvre les vannes », WalfQuotidien estime que cet appui financier constitue une reconnaissance des réformes engagées par les autorités sénégalaises. Le journal considère ces ressources comme une « véritable bouffée d’oxygène » pour l’économie nationale et rapporte que, selon la présidence, elles traduisent la crédibilité des réformes et la confiance des partenaires dans la trajectoire du pays.

L’AS reprend le même titre en évoquant un partenariat qui franchit « une nouvelle étape ». Le quotidien fait toutefois état d’un montant de 220 milliards de FCFA, une estimation également avancée par Le Quotidien, qui souligne que les accords conclus visent à renforcer la préparation du pays aux chocs économiques, améliorer la connectivité des territoires agricoles et soutenir l’emploi.

De son côté, Vox Populi met en perspective ces nouveaux engagements financiers avec d’autres concours extérieurs en affichant à sa Une : « 340 milliards de la Banque mondiale et 20 milliards de la BAD ». Le journal souligne que la présidence sénégalaise voit dans cette évolution le signe d’un renforcement de la coopération avec les partenaires techniques et financiers, fondé sur la crédibilité des réformes entreprises et la confiance accordée au Sénégal.

Sénégal : les subventions à l’énergie bondissent à 729 milliards FCFA pour contenir les prix des carburants et de l’électricité

Le gouvernement sénégalais prévoit de porter les subventions au secteur de l’énergie à 729 milliards de FCFA en 2026, contre une estimation initiale de 250 milliards de FCFA, afin de maintenir la stabilité des prix des carburants et de l’électricité malgré la flambée des cours mondiaux du pétrole.

Selon le Document de planification budgétaire économique pluriannuelle (DPBEP), cette révision s’explique par la forte hausse du prix du baril de pétrole, qui atteignait 88 dollars au 3 août 2026, alors que les prévisions budgétaires avaient été construites sur une hypothèse de 64 dollars le baril.

Cette enveloppe dépasse largement les 412 milliards de FCFA consacrés aux subventions énergétiques en 2025. Elle traduit la volonté des autorités de protéger les consommateurs contre les effets de la hausse des coûts de l’énergie sur les marchés internationaux.

Le gouvernement rappelle qu’en décembre 2025, les prix des carburants avaient été revus à la baisse. Le litre de supercarburant est maintenu à 920 FCFA, tandis que celui du gasoil reste fixé à 680 FCFA. Dans le même temps, le tarif de la première tranche de consommation d’électricité (0 à 150 kWh) a été réduit de 10 %, afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes.

Pour financer cet effort, l’État a procédé à une importante réallocation de ses ressources budgétaires. Des ajustements d’un montant total de 687,2 milliards de FCFA ont été opérés sur certaines dépenses de fonctionnement et d’investissement, mobilisant à la fois des ressources internes et externes.

Les autorités assurent toutefois que ces arbitrages n’affecteront pas les secteurs prioritaires. Les crédits destinés à l’éducation, à la santé, à la sécurité, aux collectivités territoriales, aux représentations diplomatiques, aux subventions agricoles ainsi qu’aux dépenses de personnel ont été préservés afin de maintenir les équilibres sociaux tout en garantissant la soutenabilité des finances publiques.

Sénégal : le niveau du fleuve Sénégal poursuit sa montée à Podor, les autorités appellent à la vigilance

Le niveau du fleuve Sénégal continue de progresser à Podor, dans le nord du pays, où les autorités renforcent la surveillance de la crue en cette période d’hivernage.

Selon les relevés hydrologiques effectués mercredi 5 août 2026 à 8 heures à la station de Podor (Quai El Hadj Boubou Sall), la cote du fleuve s’établit à 3,41 mètres, contre 3,38 mètres la veille, soit une hausse de 3 centimètres en 24 heures. À la même période en 2025, le niveau était de 3,36 mètres, traduisant une montée légèrement plus marquée cette année.

Bien que la cote d’alerte, fixée à 5 mètres, ne soit pas encore atteinte, les autorités invitent les populations riveraines à redoubler de vigilance face à l’évolution de la crue.

Elles recommandent notamment de surveiller attentivement les enfants et le bétail à proximité du fleuve afin de prévenir tout risque d’accident. Les usagers sont également appelés à sécuriser les équipements installés sur les berges, notamment les pirogues, les embarcations de pêche, les groupes motopompes et les infrastructures flottantes, afin de limiter les dégâts susceptibles d’être causés par la montée des eaux.

Les services techniques assurent un suivi permanent de la situation hydrologique et invitent les populations à respecter les consignes de prévention tout au long de la saison des pluies afin de réduire les risques liés aux inondations.

Sénégal : Ousmane Diagne prêtera serment le 11 août comme président du Conseil constitutionnel

Le magistrat Ousmane Diagne prêtera serment le mardi 11 août 2026 avant de prendre officiellement ses fonctions de président du Conseil constitutionnel, à la suite de sa nomination par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le 13 juillet dernier.

Magistrat de carrière, Ousmane Diagne possède une solide expérience au sein de l’appareil judiciaire sénégalais. Il a notamment exercé les fonctions de procureur général près la Cour d’appel de Dakar, de premier avocat général près la Cour suprême, avant d’être nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux, dans le premier gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Son entrée en fonction intervient après le décès, en avril 2025, de son prédécesseur, Mamadou Badio Camara, à la tête de la plus haute juridiction constitutionnelle du pays. La prestation de serment du 11 août marquera le début officiel de son mandat à la présidence du Conseil constitutionnel, institution chargée de veiller au respect de la Constitution, de contrôler la régularité des élections et de statuer sur les contentieux constitutionnels au Sénégal.

Pétrole : le Sénégal clarifie les revenus tirés du champ de Sangomar et réfute les accusations sur un faible retour financier

Le ministère sénégalais en charge du Pétrole a apporté des précisions sur les revenus générés par l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar, rejetant les affirmations selon lesquelles l’État ne percevrait qu’une infime partie des recettes issues de la vente du pétrole.

Dans un communiqué, le département ministériel a qualifié de « manifestement erronée » l’affirmation selon laquelle le Sénégal ne recevrait que « 25 francs sur 1 000 000 de francs de pétrole vendu ». Selon les autorités, cette interprétation repose sur une confusion entre les recettes brutes de production, la récupération des investissements engagés et le mécanisme de partage prévu par le Contrat de recherche et de partage de production (CRPP).

Le ministère cite notamment les données du premier trimestre 2026. Sur cette période, le champ de Sangomar a produit 8,96 millions de barils, représentant une valeur brute estimée à 759,2 millions de dollars. Sur ce volume, 437 839 barils, soit environ 37,1 millions de dollars, ont été attribués directement à l’État du Sénégal.

Les autorités précisent toutefois que ce montant ne représente qu’une composante des revenus publics liés au projet. Il ne prend pas en compte la participation économique de PETROSEN, les impôts, taxes, droits et autres recettes fiscales générées par l’exploitation du champ.

Le ministère rappelle également que la production pétrolière ne se traduit pas immédiatement par un partage intégral des bénéfices. Une partie des volumes produits sert d’abord à couvrir les coûts liés aux phases de recherche, de développement et d’exploitation du gisement. Après cette récupération des investissements, la part appelée « profit oil » est ensuite répartie entre l’État et les partenaires conformément aux dispositions contractuelles.

Les autorités soulignent ainsi que la contribution de Sangomar à l’économie sénégalaise doit être évaluée à travers l’ensemble des flux financiers générés par le projet. Ceux-ci incluent notamment la participation de PETROSEN, qui détient 18 % des intérêts, ainsi que les recettes fiscales et non fiscales associées à l’exploitation pétrolière.

Le ministère explique par ailleurs que les chiffres communiqués par l’opérateur Woodside doivent être analysés à la lumière de la récupération accélérée de certaines dépenses engagées avant la décision finale d’investissement. Ces données ne constitueraient donc pas, selon lui, une indication définitive de la répartition des revenus entre l’État et les partenaires.

Face aux débats suscités par la gestion des ressources pétrolières, le ministère appelle à une lecture « rigoureuse » des données disponibles et réaffirme son engagement en faveur d’une communication transparente sur les revenus issus de l’exploitation du champ de Sangomar.

Le vice-président de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, est en visite au Sénégal

Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, effectue une visite officielle au Sénégal du 4 au 8 août afin de renforcer le partenariat stratégique entre l’institution et les autorités sénégalaises dans le cadre de la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050.

Cette mission s’inscrit dans le prolongement du dialogue stratégique engagé avec le gouvernement sénégalais pour mieux aligner les interventions du Groupe de la Banque mondiale sur les priorités nationales. Elle vise également à renforcer la coordination entre les différentes entités du Groupe, notamment l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA).

Au cours de son séjour, Ousmane Diagana doit être reçu par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que par le Premier ministre et le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan. Des rencontres sont également prévues avec plusieurs membres du gouvernement, notamment en charge de l’Énergie, de l’Agriculture et de l’Éducation.

Les échanges porteront sur l’état d’avancement de plusieurs programmes soutenus par le Groupe de la Banque mondiale, parmi lesquels Mission 300, destiné à accélérer l’accès universel à l’électricité, AgriConnect, consacré à la transformation agricole et à la création d’emplois, ainsi que Place à l’eau (Water Forward), qui vise à améliorer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement.

Les deux parties examineront également les initiatives destinées à renforcer la résilience des populations, développer les infrastructures de transport dans les zones de production, stimuler l’investissement privé, soutenir le développement agricole et favoriser la création d’emplois. Le renforcement de la couverture sanitaire universelle et le développement du capital humain figurent aussi parmi les priorités des discussions.

Selon la Banque mondiale, cette visite permettra d’évaluer les résultats du partenariat avec le Sénégal et d’identifier les leviers susceptibles d’en accroître l’impact au profit des populations.

Le portefeuille actuel de la Banque mondiale au Sénégal comprend 27 projets d’investissement financés par l’IDA, pour un montant total de 4,2 milliards de dollars. De son côté, l’IFC dispose d’un portefeuille de 658 millions de dollars, tandis que les engagements bruts de la MIGA atteignent 1,005 milliard de dollars, illustrant l’ampleur de l’appui du Groupe de la Banque mondiale au développement économique et social du Sénégal.

Transparence, dette, cybersécurité : les grands dossiers à la une de la presse sénégalaise

La publication prochaine de la liste provisoire des personnes assujetties à la déclaration de patrimoine domine les journaux sénégalais parus ce mercredi 5 août. Présentée comme une nouvelle étape dans le renforcement de la transparence de la vie publique, cette échéance fixée au 10 août par l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) suscite de nombreux commentaires, tandis que d’autres titres s’intéressent aux revenus pétroliers, à la gestion de la dette, au partenariat avec la Banque mondiale et aux menaces croissantes liées à la cybercriminalité.

Plusieurs quotidiens mettent en avant l’annonce de l’OFNAC. Le Soleil évoque un « rendez-vous le 10 août », tandis que Sud Quotidien souligne que l’institution publiera à cette date la liste provisoire des personnes soumises à l’obligation de déclaration de patrimoine. EnQuête annonce que « les défaillants bientôt connus », alors que L’AS estime que l’OFNAC s’apprête à « épingler les mauvais élèves » en révélant les noms des assujettis n’ayant pas satisfait à cette obligation légale.

Plus critique, WalfQuotidien parle d’une « sombre transparence », estimant que les résistances observées chez certains responsables mettent à l’épreuve la politique de bonne gouvernance portée par les autorités. Le journal rappelle également que l’OFNAC envisage des mesures à l’encontre des personnes qui ne se conformeraient pas à leurs obligations.

Les questions de gouvernance économique occupent également une place importante dans les colonnes des quotidiens. EnQuête revient sur la controverse autour des revenus tirés du champ pétrolier de Sangomar. Sous le titre « La bataille des chiffres », le journal rapporte que le ministère en charge du Pétrole défend le mécanisme de récupération des coûts d’investissement et rappelle que les recettes de l’État ne se limitent pas à sa part de production, mais incluent aussi les impôts, les dividendes de PETROSEN et diverses taxes.

Le Soleil s’intéresse, pour sa part, à la nouvelle Direction générale du financement de la dette (DGFD), créée en juin dernier. Présentée comme la « nouvelle tour de contrôle » de l’endettement public, cette structure est désormais chargée de centraliser la négociation des emprunts de l’État, la gestion de la dette publique et la mobilisation des financements, dans une logique de renforcement de la soutenabilité des finances publiques.

Sur le plan du développement, Sud Quotidien met en lumière la visite officielle du vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, attendue au Sénégal du 4 au 8 août. Cette mission s’inscrit dans la poursuite du dialogue stratégique entre l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises autour des priorités nationales de développement.

Enfin, Le Quotidien alerte sur la montée de la cybercriminalité. S’appuyant sur un récent rapport d’Interpol, le journal classe le Sénégal parmi les quatre pays africains les plus exposés aux cyberattaques. Il révèle notamment qu’une société pétrolière opérant dans le pays a récemment déjoué une tentative d’escroquerie portant sur 4,8 milliards de FCFA, illustrant, selon le quotidien, l’industrialisation croissante des menaces numériques à l’ère de l’intelligence artificielle.

Sénégal : un nouveau commissariat inauguré à Touba afin de renforcer la sécurité

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a inauguré lundi le commissariat d’arrondissement de Touba Tawfekh, une nouvelle infrastructure destinée à renforcer la présence policière dans la ville sainte.

Cette unité constitue le deuxième commissariat d’arrondissement implanté à Touba, une cité confrontée à une forte croissance démographique et économique, mais également à des défis sécuritaires liés notamment à la délinquance, aux trafics illicites, aux accidents de la circulation et à l’organisation des grands rassemblements religieux.

La cérémonie d’inauguration s’est tenue en présence du directeur général de la Police nationale, l’Inspecteur général Mame Seydou Ndour, ainsi que de plusieurs autorités administratives, territoriales et religieuses. À cette occasion, le commissaire Diamé Yaré Fall a officiellement pris la direction de cette nouvelle unité.

Les représentants religieux ont salué l’aboutissement d’un projet longtemps attendu. Serigne Kosso Mbacké, représentant le Khalife général des Mourides, a insisté sur l’importance de cette infrastructure pour la protection des populations. Le chef du village de Mbacké Bari Taysir, Serigne Khadim Mbacké, s’est également réjoui de la réalisation d’une « vieille doléance ».

Le maire de Touba, Abdou Lahat Ka, a toutefois appelé à poursuivre les efforts en faveur de la sécurité dans la cité religieuse. Il a notamment plaidé pour la création de sept nouvelles unités de police, ainsi qu’un renforcement des effectifs et des moyens logistiques.

Prenant la parole, le ministre de l’Intérieur a expliqué que l’ouverture de ce commissariat répond à la nécessité d’adapter le dispositif sécuritaire aux mutations de Touba, devenue la deuxième ville du Sénégal. Selon lui, cette nouvelle unité permettra un meilleur maillage du territoire et un rapprochement des services de sécurité avec les citoyens.

Mouhamadou Makhtar Cissé a précisé que l’infrastructure a été réalisée dans le cadre du programme de modernisation des services de sécurité prévu par le schéma directeur 2025-2029 de la Direction générale de la Police nationale. Ce programme prévoit notamment la construction et la réhabilitation de commissariats à travers le pays.

Le ministre a invité les populations à collaborer avec les forces de sécurité et exhorté les policiers affectés à Touba Tawfekh à privilégier le professionnalisme, la proximité, la rigueur et le respect des droits des citoyens.

Cette inauguration s’inscrit dans la volonté affichée du gouvernement sénégalais de renforcer durablement la sécurité intérieure et d’accompagner les ambitions de développement portées par l’agenda Sénégal 2050.

Sénégal : le Magal de Touba entre appels à la paix, sécurité routière et défis d’organisation

La 132ᵉ édition du Grand Magal de Touba domine largement la presse sénégalaise de ce mardi 4 août. Les quotidiens reviennent sur les messages délivrés par les autorités religieuses et gouvernementales, qui ont placé cette édition sous le signe de la paix, de la cohésion nationale, de la sécurité routière et de l’amélioration de l’organisation de ce grand rassemblement religieux.

Au cœur de la cérémonie officielle, le khalife général des mourides a appelé à anticiper dès maintenant la préparation des dix prochaines éditions du Magal afin de mieux répondre à l’affluence croissante des pèlerins. Dans le même temps, l’État sénégalais a réaffirmé son engagement à honorer l’ensemble des promesses faites à la cité religieuse de Touba.

Présent à la cérémonie, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a invité les Sénégalais à faire « du pardon et de la paix un héritage vivant », tout en rappelant la volonté du président Bassirou Diomaye Faye de laisser un héritage fondé sur la stabilité et l’unité nationale. À cette occasion, un nouveau commissariat de police a été inauguré afin de renforcer durablement le dispositif sécuritaire de Touba.

Le ministre s’est également montré particulièrement préoccupé par le lourd bilan des accidents de la circulation enregistrés durant le Magal. Qualifiant cette situation « d’inadmissible », il a appelé à des mesures concrètes pour améliorer la sécurité routière, dénonçant le manque de discipline des usagers et l’anarchie observée sur plusieurs axes. Selon les chiffres de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, 278 accidents ont été recensés, faisant 22 morts et 565 blessés.

Les différents journaux soulignent aussi la convergence des discours des autorités religieuses et politiques autour de la nécessité de préserver la paix, le civisme, le respect de la loi et la cohésion nationale. Le porte-parole du khalife général des mourides a, de son côté, alerté sur une crise des valeurs et un déficit d’éducation qu’il juge préoccupants.

Enfin, au-delà de sa dimension spirituelle, cette édition confirme également le poids économique considérable du Grand Magal. Selon les estimations relayées par la presse, près de six millions de pèlerins auraient participé à l’événement, générant un impact économique évalué à plus de 629 milliards de francs CFA, illustrant l’importance religieuse, sociale et économique de ce rendez-vous majeur du Sénégal.

Sénégal-Gambie : Dakar et Banjul scellent un accord sur la délimitation de leur frontière

Le Sénégal et la Gambie ont franchi une étape décisive dans leurs relations bilatérales en parvenant à un accord définitif sur la délimitation de leur frontière commune. L’annonce, faite par le Secrétariat permanent sénégalo-gambien, consacre l’aboutissement de plusieurs années de concertation menées sous l’impulsion des autorités des deux pays.

Selon le communiqué officiel, cet accord a été conclu conformément aux orientations des présidents sénégalais et gambien, qui ont privilégié le dialogue, la concertation et l’esprit de fraternité pour résoudre les questions frontalières. Dans cette dynamique, les opérations conjointes de réaffirmation et de densification de la frontière sud reprendront dès le 15 août 2026, sur le tronçon reliant Touba Tranquil–Dar Salam à Saré Yoro Guèye-Jahanka.

Cette avancée diplomatique intervient quelques semaines après les tensions enregistrées dans la zone de Bulock, dans la région gambienne de la Côte-Ouest. Le 17 juillet dernier, le gouvernement gambien avait accusé des éléments des Forces armées sénégalaises d’avoir démoli une partie de la clôture d’une installation militaire située au poste-frontière de Bulock, qualifiant l’incident de « profondément provocateur » et de « totalement inacceptable ».

Les autorités de Banjul avaient alors dénoncé une intervention menée sans consultation préalable et en dehors des mécanismes bilatéraux de coopération militaire et diplomatique. Malgré la gravité des accusations, elles avaient privilégié une solution négociée, annonçant l’ouverture d’un dialogue officiel avec Dakar dans le cadre du Comité militaire conjoint et des autres instances de coopération existantes. Elles avaient également insisté sur le fait que la situation sécuritaire demeurait sous contrôle, saluant la retenue des forces armées gambiennes afin d’éviter toute escalade.

De son côté, le gouvernement sénégalais avait réaffirmé son attachement au règlement pacifique du différend. Dakar avait rappelé que la zone de Bulock faisait depuis plusieurs années l’objet de discussions entre les deux États et assuré que les événements du 16 juillet ne traduisaient aucune volonté de porter atteinte à la souveraineté gambienne. Les autorités sénégalaises avaient toutefois évoqué des préoccupations concernant certaines installations considérées comme des empiètements présumés sur leur territoire, plaidant pour une gestion concertée de la frontière.

L’accord annoncé marque ainsi un tournant majeur dans le règlement de cette question sensible. En clarifiant définitivement le tracé de la frontière, Dakar et Banjul entendent prévenir de nouveaux incidents, renforcer la coopération transfrontalière et consolider des relations fondées sur des liens historiques, humains et économiques étroits.

Le Secrétariat permanent sénégalo-gambien a salué le rôle joué par Alieu Njie, président de la Commission nationale des frontières de Gambie, et le général de division Cheikh M. L. B. Camara, président de la Commission nationale de gestion des frontières du Sénégal, dont les travaux ont permis d’aboutir à ce compromis. Cette entente ouvre la voie à une coopération renforcée entre les deux pays dans la gestion de leur espace frontalier et le développement des zones concernées.