Sénégal : les amendements du gouvernement rejetés par Pastef lors du débat sur les crédits spéciaux

La tension entre l’exécutif et la majorité parlementaire sénégalaise ne retombe pas. Après les désaccords apparus autour de la déclaration de patrimoine, les deux camps se sont à nouveau retrouvés face à face lors de l’examen en commission de la proposition de loi consacrée à l’encadrement des crédits spéciaux.

La confrontation s’est jouée cette fois autour de la méthode, des amendements et surtout de la représentation du gouvernement. Alors que la proposition de loi portée par Guy Marius Sagna, Mame Diarra Bèye et Alphonse Mané Sambou était examinée en commission technique, le choix du représentant de l’exécutif a immédiatement attiré l’attention.

Parce que le texte concerne le régime juridique des crédits spéciaux, son examen relève de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, présidée par Chérif Ahmed Dicko. Dans ce cadre, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, devait normalement défendre la position du gouvernement.

Mais le scénario a changé. Selon les informations rapportées, le président Bassirou Diomaye Faye a pris un décret d’intérim permettant au ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, de représenter l’exécutif devant les députés. Le décret aurait été signé le 7 août, soit près d’une semaine avant la réunion de la commission.

Les travaux ont débuté aux environs de 15 heures sous la présidence de Chérif Ahmed Dicko. Dès son intervention, Me Moussa Sarr a exprimé des réserves sur la rédaction de la proposition de loi. Le ministre de la Justice a notamment relevé plusieurs confusions dans la manière dont le texte avait été formulé.

À la suite de ces observations, le représentant du gouvernement a présenté six amendements. Leur arrivée a immédiatement provoqué une réaction du côté des députés de Pastef présents au sein de la commission.

Les parlementaires ont demandé une suspension des travaux afin de pouvoir examiner la nouvelle situation. La demande a été acceptée. Les discussions se sont ensuite prolongées avant que les députés ne regagnent finalement la salle pour poursuivre l’examen du texte.

Cette nouvelle passe d’armes illustre les difficultés qui accompagnent désormais l’examen de plusieurs textes entre le gouvernement et sa majorité parlementaire. Au-delà du contenu des lois, les débats se déplacent également sur le terrain de la procédure, de la rédaction juridique et du choix des représentants de l’exécutif.

La suite du processus pourrait être tout aussi tendue. La question se pose désormais de savoir si cette opposition entre les deux camps se prolongera lors de la séance plénière prévue la semaine prochaine, avec une éventuelle utilisation de l’article 82 de la Constitution.

Sénégal : l’encadrement des fonds spéciaux accentue les tensions entre le gouvernement et Pastef

À Dakar, le débat sur les fonds spéciaux prend une nouvelle tournure. Dans leurs éditions du vendredi 14 août, les quotidiens sénégalais reviennent largement sur l’adoption en commission d’une proposition de loi visant à définir plus strictement le régime juridique de ces crédits, sur fond de désaccord entre la majorité parlementaire et l’exécutif.

La proposition de loi a été approuvée jeudi par les députés membres de la commission, rapporte L’As. Le texte entend désormais circonscrire précisément les situations dans lesquelles les crédits spéciaux peuvent être mobilisés. Leur utilisation serait limitée aux questions de défense, de sécurité intérieure et extérieure ainsi qu’aux activités de renseignement. Tout recours à ces crédits pour d’autres besoins serait ainsi exclu.

Après cette première étape, le texte doit être présenté devant l’ensemble des députés lors d’une séance plénière prévue le 19 août prochain. Une nouvelle étape qui devrait permettre de poursuivre la procédure parlementaire.

Mais derrière ce processus législatif se dessine déjà une confrontation politique. Libération évoque un nouveau « bras de fer » entre la majorité Pastef et le gouvernement. Le quotidien rappelle que la réglementation des fonds spéciaux, également appelés fonds secrets, figurait parmi les engagements associés à la candidature de Bassirou Diomaye Faye.

Pourtant, les positions de l’exécutif et de la majorité parlementaire semblent aujourd’hui difficiles à rapprocher. En commission, le gouvernement, représenté par le ministre de la Justice Me Moussa Sarr, aurait présenté six amendements. Les députés de Pastef les ont tous rejetés. Le Garde des Sceaux aurait également saisi le bureau de l’Assemblée nationale pour l’informer que le texte serait irrecevable.

Les Echos fait lui aussi état d’un désaccord profond entre le président Bassirou Diomaye Faye et les députés de Pastef. Pour le quotidien, cette nouvelle séquence prolonge les tensions déjà apparues autour de la réforme relative à la déclaration de patrimoine.

Le journal souligne notamment que Me Moussa Sarr a représenté l’exécutif au cours des travaux en commission, à la place de Cheikh Diba. Plusieurs amendements ont alors été défendus par le ministre de la Justice, sans parvenir à convaincre les députés de la majorité, qui les ont tous rejetés.

Pendant que le débat institutionnel se poursuit, une autre préoccupation s’impose dans la vie quotidienne des Dakarois : les difficultés de déplacement durant l’hivernage. Sud Quotidien met en avant les problèmes persistants de mobilité dans la capitale et ses zones périphériques.

Dans plusieurs secteurs, notamment à Keur Massar, Tivaouane Peulh, Niague, Sangaikam, Bambilor et Lac Rose, les habitants doivent composer avec des déplacements particulièrement difficiles. L’absence de liaisons directes vers certaines destinations oblige de nombreux usagers à multiplier les correspondances, avec pour conséquence une hausse des dépenses consacrées au transport.

Sur un tout autre registre, Le Soleil s’intéresse à une évolution qui gagne progressivement le monde rural. Les jeunes Sénégalais sont de plus en plus nombreux à investir dans l’agriculture, l’agro-business et l’élevage.

Cette nouvelle génération ne se contente plus de considérer ces secteurs comme de simples activités traditionnelles. Elle développe des projets agricoles et d’élevage à grande échelle, avec l’ambition d’en faire des sources de revenus et de création d’emplois. Une dynamique qui fait émerger de nouveaux acteurs du monde rural et contribue, selon le quotidien, à redonner de la valeur au travail de la terre.

Macky Sall reçoit le titre de Docteur Honoris Causa d’une université congolaise

À Brazzaville, une nouvelle distinction vient s’ajouter au parcours international de Macky Sall. L’ancien président du Sénégal a été élevé, ce jeudi 13 août 2026, au grade de Docteur Honoris Causa de l’Université Denis Sassou Nguesso de Kintelé. La cérémonie solennelle s’est tenue au Centre international de conférences de Kintélé, sous la présidence du chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso.

La distinction n’a toutefois pas été réservée au seul ancien président sénégalais. Deux autres anciens dirigeants africains ont également été honorés au cours de la même cérémonie. Il s’agit de Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger, et d’Umaro Sissoco Embaló, ancien président de la Guinée-Bissau. À travers ces distinctions, l’Université Denis Sassou Nguesso entend ainsi consacrer les parcours et l’engagement de trois personnalités ayant occupé les plus hautes fonctions politiques dans leurs pays respectifs.

Pour Macky Sall, cette reconnaissance intervient dans une période particulièrement importante de sa carrière internationale. L’ancien chef de l’État sénégalais est actuellement candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette nouvelle distinction intervient donc alors qu’il poursuit ses démarches en vue de succéder au prochain titulaire de cette fonction à la tête de l’organisation internationale.

Présidée par Denis Sassou Nguesso, la cérémonie de Kintélé marque ainsi une nouvelle étape dans la reconnaissance internationale accordée à l’ancien dirigeant sénégalais. Macky Sall a dirigé le Sénégal pendant douze ans, de 2012 à 2024, avant de quitter la présidence de la République. Son élévation au grade de Docteur Honoris Causa vient désormais inscrire son parcours politique dans le registre des distinctions académiques honorifiques.

Daré Nibombé se positionne pour prendre les rênes des Lions du Sénégal après Pape Thiaw

La succession de Pape Thiaw à la tête des Lions du Sénégal commence à se préciser. Alors qu’aucune candidature n’avait encore été officiellement déposée, le technicien togolais Daré Nibombé a décidé de passer à l’action. Selon le quotidien Record dans son édition de ce jeudi, l’ancien défenseur a transmis son dossier à la Fédération sénégalaise de football (FSF) par l’intermédiaire de son avocat, Me Papa Khaly Niang.

Depuis le départ de Pape Thiaw, plusieurs entraîneurs sont régulièrement cités pour reprendre les commandes de la sélection nationale. Pourtant, jusqu’ici, aucune candidature n’avait été formalisée selon les règles. Le poste est vacant depuis la décision du Comité exécutif de la FSF de se séparer de l’ancien sélectionneur, au lendemain de l’élimination des Lions en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Dans cette course encore ouverte, Daré Nibombé a donc choisi de prendre les devants. Âgé de 46 ans, le technicien togolais a officiellement manifesté son intérêt auprès de la Fédération par l’intermédiaire de son mandataire.

Si son nom reste encore peu familier au public sénégalais, son parcours l’inscrit pourtant dans l’histoire récente du football ouest-africain. Ancien défenseur central, Nibombé a fait partie de la génération des Éperviers du Togo qui comptait notamment Emmanuel Adebayor. Une génération qui avait marqué les confrontations avec le Sénégal, notamment lors des éliminatoires du Mondial, avec une victoire togolaise 3-1 à Lomé avant un match nul 2-2 à Dakar.

Après avoir raccroché les crampons, Daré Nibombé s’est orienté vers l’encadrement technique avant de prendre les commandes de la sélection togolaise. Pour défendre aujourd’hui son dossier, il met en avant sa licence UEFA Pro ainsi que son expérience comme instructeur au sein de la Royale belge de football association (RBFA-ACEF). Dans sa lettre adressée au président de la FSF, Abdoulaye Fall, le technicien explique vouloir accompagner les Lions dans l’ouverture d’un nouveau cycle après la Coupe du monde 2026. « À la suite de la Coupe du monde 2026 et de l’ouverture d’un nouveau cycle pour l’Équipe nationale du Sénégal, j’ai l’honneur de vous soumettre ma déclaration d’intention de candidature au poste de sélectionneur national des Lions de la Téranga », écrit-il.

La démarche du Togolais intervient toutefois alors que la Fédération sénégalaise de football n’a pas encore totalement débloqué le dossier de la succession. Le limogeage de Pape Thiaw, bien que décidé au niveau de la FSF, reste soumis à la validation financière du ministère des Sports. Un désaccord autour des indemnités dues à l’ancien sélectionneur empêcherait pour l’heure cette validation. Cette situation retarde ainsi l’ouverture officielle du processus de recrutement et laisse davantage de place aux candidatures spontanées, à l’image de celle de Daré Nibombé.

Le profil du technicien togolais pourrait néanmoins alimenter les discussions. Son bilan à la tête des Éperviers constitue notamment un point de questionnement, puisque le Togo n’a pas obtenu sa qualification pour le Mondial 2026 après une campagne éliminatoire achevée à une position insuffisante. Ses soutiens mettent toutefois en avant sa connaissance du football sénégalais, forgée au cours de plusieurs confrontations avec les Lions lors des éliminatoires. Son expérience dans les structures de formation du football belge constitue également un autre argument avancé en sa faveur.

Pour l’heure, la FSF n’a communiqué ni calendrier précis concernant l’étude des candidatures ni critères définitifs pour désigner le successeur de Pape Thiaw. Le temps pourrait cependant rapidement presser les dirigeants sénégalais. Les prochaines échéances des Lions, notamment les qualifications pour la CAN 2027 que le Sénégal abordera avec le statut de tenant du titre, imposeront à la Fédération de clarifier sa position dès que le feu vert du ministère des Sports aura été obtenu.

Sénégal : le patrimoine des hauts dirigeants et les grandes orientations du budget 2027 dominent la presse

La réforme de la déclaration de patrimoine au sommet de l’État et les premières orientations du Budget 2027 occupent une place centrale dans les quotidiens sénégalais ce jeudi. Les journaux reviennent notamment sur les ajustements apportés à la proposition de modification de l’article 37 de la Constitution, ainsi que sur l’enveloppe budgétaire indicative annoncée pour le prochain exercice.

Au cœur des débats parlementaires, la majorité Pastef cherche à consolider sa proposition de loi n°33/2026 consacrée à la déclaration de patrimoine du président de la République et à l’encadrement des fonds spéciaux. Sud Quotidien rapporte que des modifications ont été acceptées en commission afin d’étendre l’obligation au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre. Pour le journal, cette concession permettrait notamment d’éviter une nouvelle confrontation avec l’Exécutif et de réduire le risque d’un recours devant le Conseil constitutionnel.

Les Echos voit dans cette évolution le signe d’un rapport de force de plus en plus marqué entre les deux principales institutions de l’Exécutif. Le quotidien décrit une intensification du duel politique entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Alors que la proposition initiale visait à imposer au chef de l’État une déclaration de patrimoine au début et à la fin de son mandat, avec publication par le Conseil constitutionnel, le président de la République a proposé d’élargir le dispositif au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale. Après des discussions et de vives critiques, cet amendement a finalement obtenu le soutien de la majorité parlementaire.

Le Quotidien revient également sur cette évolution et souligne le rôle joué par le Garde des sceaux, Me Moussa Sarr. Dans le cadre de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, son amendement vise à étendre la publication des déclarations de patrimoine à l’entrée comme à la sortie de fonction du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale. Une réforme qui, selon le journal, renforcerait les exigences de probité appliquées aux principales autorités de l’État.

Cette perspective est également mise en avant par WalfQuotidien, qui estime que les Sénégalais pourraient désormais être appelés à connaître les biens détenus par les trois principales autorités du pays. L’Info relève, de son côté, la volonté du président Bassirou Diomaye Faye d’élargir cette obligation de transparence à plusieurs responsables situés au sommet de l’État.

La presse s’intéresse également aux premières données du Budget 2027. Sud Quotidien rapporte que la Direction générale du Budget entend miser sur une utilisation plus efficace des dépenses publiques. Le Soleil précise pour sa part que les institutions et départements ministériels ont reçu une enveloppe budgétaire indicative globale de 2 451 milliards de FCFA pour 2027, hors dépenses de personnel, service de la dette et ressources extérieures.

Cette enveloppe prévisionnelle devrait être répartie entre 1 470,2 milliards de FCFA pour le fonctionnement et 980,7 milliards de FCFA pour les investissements. Ces chiffres ont été communiqués mercredi à Dakar, à l’occasion du lancement officiel des travaux préparatoires du Budget 2027.

Entre réforme de la transparence au sommet de l’État et préparation du prochain budget, les sujets suivis par les quotidiens traduisent ainsi deux enjeux majeurs pour les pouvoirs publics sénégalais : renforcer les exigences de probité des dirigeants tout en cherchant à améliorer l’efficacité de la dépense publique.

Sénégal : Huawei accompagnera la construction de deux centrales solaires de 50 MW

Le Sénégal veut accélérer sa transition énergétique en renforçant la place du solaire photovoltaïque dans son mix énergétique. À Shenzhen, en Chine, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, a conclu avec Huawei un protocole d’accord pour la construction de deux centrales solaires. Chaque infrastructure affichera une capacité de 50 MW, pour une puissance totale de 100 MW.

La coopération entre Dakar et le groupe chinois prévoit la réalisation d’une centrale photovoltaïque à Linguère et d’une seconde à Koungheul. Les deux projets seront également dotés de capacités de stockage de 30 MW/90 MWh. Cette composante doit permettre de mieux gérer la production solaire et de renforcer la flexibilité du système électrique.

Le stockage constitue un enjeu important pour les énergies renouvelables. Il permet notamment de conserver une partie de l’électricité produite lorsque la production solaire est élevée, avant de la mobiliser lorsque la demande augmente.

La signature de cet accord intervient dans le cadre d’une visite de travail entamée mardi 11 août 2026 à l’invitation de Huawei Technologies. Le ministre sénégalais était notamment accompagné du directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye. La délégation a visité le centre d’exposition « Watt » de Huawei, consacré aux technologies énergétiques développées par le groupe chinois.

Cette visite a été suivie de discussions techniques consacrées aux possibilités de coopération dans le domaine des énergies renouvelables et du stockage. Les échanges ont finalement abouti à la signature du protocole d’accord entre le directeur général de la Senelec et le directeur pays de Huawei au Sénégal.

Avec ces deux centrales, le Sénégal veut accroître ses capacités de production solaire tout en développant les infrastructures nécessaires pour mieux intégrer cette énergie au réseau national. Les projets de Linguère et Koungheul devraient ainsi contribuer à diversifier le mix énergétique du pays et à soutenir l’objectif d’un accès universel à l’électricité. Pour Dakar, ce partenariat avec Huawei constitue également un moyen de renforcer l’utilisation des technologies de stockage et de répondre aux contraintes liées à l’intermittence de la production solaire.

À terme, l’association entre production photovoltaïque et stockage pourrait donc devenir un levier important de la stratégie sénégalaise de transition énergétique

Sénégal : les « Boutiques de Référence » veulent moderniser le commerce de proximité

Le Sénégal veut moderniser son commerce de détail avec le programme national « Boutiques de Référence », présenté mardi 11 août 2026 à Dakar. L’initiative vise à mieux structurer les points de vente de proximité tout en améliorant l’approvisionnement et la maîtrise des prix.

Le programme repose sur un principe central : accompagner les commerçants sans remettre en cause la propriété de leurs boutiques. Les exploitants conserveront ainsi leurs commerces, tout en intégrant un réseau bénéficiant de conditions d’approvisionnement plus avantageuses.

Les Boutiques de Référence devraient notamment permettre aux commerçants d’accéder à des prix d’achat négociés et à des circuits d’approvisionnement plus réguliers. Une enseigne commune doit également renforcer leur visibilité auprès des consommateurs. L’objectif est de répondre à plusieurs difficultés du commerce de proximité, notamment la disponibilité des produits, la régularité des approvisionnements et la sécurité sanitaire.

La maîtrise des prix constitue l’un des principaux enjeux du dispositif. La mutualisation des achats et une meilleure organisation de la distribution pourraient contribuer à réduire certaines contraintes qui pèsent sur les commerçants et les consommateurs.

Le programme vise également à renforcer la disponibilité des produits de première nécessité dans les différentes régions. Les autorités souhaitent ainsi réduire les écarts d’approvisionnement entre les grands centres urbains et les zones plus éloignées. Cette organisation doit aussi favoriser une plus grande transparence sur l’origine et la qualité des produits commercialisés.

Les Boutiques de Référence s’inscrivent dans une logique plus large de structuration des chaînes de valeur. Le dispositif doit notamment renforcer les liens entre producteurs, distributeurs et consommateurs. La traçabilité et la sécurité sanitaire occupent également une place importante dans cette démarche. Les autorités veulent favoriser l’accès à des produits répondant à des exigences renforcées de qualité. Cette orientation rejoint les ambitions de souveraineté économique et alimentaire affichées dans la Vision Sénégal 2050.

La réussite du programme dépendra toutefois de plusieurs facteurs. Les pouvoirs publics devront notamment convaincre durablement les commerçants d’intégrer le réseau et garantir des prix réellement compétitifs. La régularité de l’approvisionnement sera également déterminante pour maintenir la confiance des acteurs et des consommateurs.

À terme, les Boutiques de Référence ambitionnent ainsi de transformer le commerce de proximité en un réseau plus organisé, accessible et intégré aux chaînes de valeur nationales.

Éclipse solaire partielle : le Sénégal se prépare à observer un spectacle céleste ce 12 août

Le ciel sénégalais s’apprête à accueillir un phénomène astronomique rare ce mercredi 12 août 2026. Une éclipse solaire partielle sera observable dans une grande partie du pays, avec un maximum attendu autour de 19 h 10 à 19 h 12 à Dakar.

À la faveur de ce phénomène, la Lune passera progressivement entre la Terre et le Soleil. Pendant un peu plus d’une heure, les observateurs pourront ainsi voir une partie du disque solaire disparaître derrière notre satellite naturel. Selon Maram Kaïré, directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (Aspa), le phénomène devrait commencer entre 18 h 20 et 18 h 25 selon les localités. À Dakar, le premier contact est attendu vers 18 h 25.

Le maximum interviendra autour de 19 h 10 à 19 h 12, avant une disparition progressive du phénomène. L’éclipse ne sera toutefois pas totale au Sénégal. Elle prendra cette forme dans d’autres régions du monde, notamment au Groenland, en Islande et dans certaines parties de l’Espagne.

Une visibilité plus importante dans le nord

L’ampleur de l’éclipse variera selon la position géographique des observateurs. Plus les regards se porteront vers le nord du Sénégal, plus la portion du Soleil occultée par la Lune sera importante. À Dakar, environ 37 % du disque solaire devrait être masqué au moment du maximum. La proportion atteindra environ 41 % à Saint-Louis et près de 40 % à Louga. Ces deux dernières régions figurent ainsi parmi les zones particulièrement intéressantes pour observer le phénomène.

Mais il ne sera pas nécessaire de parcourir de longues distances pour profiter de l’éclipse. Le principal défi sera plutôt de disposer d’un horizon suffisamment dégagé et d’une météo favorable. Le Soleil sera en effet très bas dans le ciel au moment du maximum. À Dakar comme à Saint-Louis, il se situera à seulement environ quatre degrés au-dessus de l’horizon. Les observateurs devront donc privilégier un emplacement offrant une vue parfaitement dégagée vers l’ouest. Un bâtiment, un arbre ou même un nuage pourrait rapidement masquer le phénomène.

La météo pourrait jouer les trouble-fêtes

Les conditions météorologiques constituent justement l’une des principales incertitudes. Selon Mor Kébé, ingénieur prévisionniste à l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), le ciel devrait être passagèrement nuageux sur une grande partie du territoire.

La situation pourrait être plus instable dans les régions du sud et de l’est. Des phénomènes pluvio-orageux pourraient notamment s’y développer, réduisant les possibilités d’observation. Les premières tendances météorologiques semblent en revanche plus favorables dans une partie du centre, du nord et de l’ouest du pays. L’Anacim reste toutefois prudente et estime qu’il est encore trop tôt pour désigner une zone comme le meilleur point d’observation.

Une leçon grandeur nature sur le système solaire

Au-delà du spectacle, cette éclipse solaire partielle constitue surtout une occasion de mieux comprendre les mouvements des astres. La Lune tourne autour de la Terre, tandis que notre planète tourne autour du Soleil. Lorsque les positions des trois corps célestes permettent à la Lune de se placer entre la Terre et le Soleil, une éclipse peut se produire.

Le phénomène permet également d’observer une étonnante particularité. Le Soleil est environ 400 fois plus grand que la Lune, mais il se trouve aussi approximativement 400 fois plus loin de la Terre. Les deux astres présentent ainsi une taille apparente presque similaire dans notre ciel.

Cette coïncidence explique notamment pourquoi des éclipses totales peuvent se produire. Pour Maram Kaïré, le phénomène représente donc une opportunité pédagogique. Il peut notamment servir à expliquer aux jeunes le fonctionnement du système solaire et les mouvements de la Terre, de la Lune et du Soleil. Ce mercredi soir, le Sénégal aura ainsi les yeux tournés vers le ciel. Mais pour profiter du spectacle, une condition restera essentielle : disposer d’un horizon dégagé au bon moment.

Déclaration de patrimoine : l’OFNAC révèle 1 328 assujettis encore en attente au Sénégal

Au Sénégal, la publication de la liste provisoire des personnes soumises à la déclaration de patrimoine ravive le débat sur la transparence au sein de l’administration publique. Présenté par l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), le document distingue les responsables ayant accompli leur obligation de ceux considérés, à ce stade, comme défaillants.

Les chiffres donnent une première idée de l’ampleur du processus. Sur un répertoire provisoire de 3 023 assujettis, l’OFNAC a enregistré 1 695 déclarations, soit un taux de conformité de 56 %. Selon les données relayées par la presse sénégalaise, 1 328 déclarations restent donc attendues d’ici la fin de l’année.

L’institution insiste toutefois sur le caractère provisoire de ces résultats. Les dossiers déjà déposés doivent encore passer par différentes étapes de vérification et de contrôle avant l’établissement des listes définitives. Les situations individuelles sont donc susceptibles d’évoluer au cours de ce processus.

Derrière ces chiffres globaux, les écarts apparaissent particulièrement marqués selon les institutions. Certaines structures de l’État, notamment la Présidence de la République, l’Assemblée nationale, le Conseil constitutionnel et la Cour suprême, affichent des niveaux de conformité élevés. À l’inverse, plusieurs départements ministériels comptent encore un nombre important d’assujettis n’ayant pas satisfait à cette obligation.

Cette situation place la déclaration de patrimoine au cœur des discussions sur la transparence et la bonne gouvernance. Pour plusieurs observateurs, les listes publiées ne renvoient donc pas uniquement à des retards individuels. Elles mettent également en évidence les difficultés persistantes liées au respect des mécanismes de contrôle au sein de l’appareil d’État.

Le constat s’étend à plusieurs secteurs. Les listes font apparaître des assujettis défaillants dans des domaines aussi variés que la justice, les finances publiques, la défense, la sécurité, l’énergie, l’enseignement supérieur, la santé ou encore l’éducation. Les infrastructures, l’agriculture, les transports, les pêches, la culture et les télécommunications sont également concernés.

La situation touche aussi des membres du gouvernement qui, selon les informations rapportées, n’auraient pas encore satisfait à leur obligation dans le délai prévu.

Dans ce contexte, l’OFNAC entend poursuivre son travail avant de présenter une photographie définitive de la situation. Les vérifications permettront de distinguer les déclarations effectivement conformes des dossiers nécessitant encore des régularisations.

La publication de ces premières listes marque ainsi une nouvelle étape dans le dispositif sénégalais de déclaration de patrimoine. Elle expose les niveaux de conformité des institutions publiques et remet au centre du débat la question du respect des obligations de transparence par les responsables soumis à cette procédure.

Déclaration de patrimoine : l’OFNAC publie la liste des responsables en règle

Au Sénégal, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) vient de franchir une nouvelle étape dans le processus de déclaration de patrimoine des responsables publics. Ce mardi 11 août 2026, l’institution a rendu publique une première liste distinguant les personnalités ayant satisfait à cette obligation de celles considérées comme des « assujettis défaillants ».

À la Présidence de la République, plusieurs hauts responsables proches du président Bassirou Diomaye Faye apparaissent parmi les personnes en règle. La liste cite notamment Aminata Touré, Haut représentant du chef de l’État, Mary Teuw Niane, directeur de Cabinet de la Présidence, ainsi qu’Oumar Samba Ba, secrétaire général de la Présidence.

Mais le document fait également apparaître plusieurs responsables de la Présidence dans la catégorie des personnes n’ayant pas encore satisfait à leur obligation déclarative. Parmi eux figurent Abdoulaye Bathily, envoyé spécial du chef de l’État, Fatou Isidora Mara, représentante personnelle du président auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie, ainsi que Mamadou Ndiaye, chef du Service du protocole présidentiel.

Le rapport mentionne également Hadji Abdoulaye Mbengue, responsable administratif et financier du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives.

Cette publication intervient après l’échéance fixée par l’OFNAC. L’institution avait retenu le 31 juillet 2026 comme date limite pour permettre aux personnes soumises à cette obligation de déclarer leur patrimoine.

À l’approche de cette échéance, l’OFNAC avait indiqué avoir reçu un « volume important de dossiers de déclarations de patrimoine ». La publication de ce mardi ne constitue donc pas encore le bilan définitif du processus.

L’institution précise en effet que la liste actuellement rendue publique demeure provisoire. D’autres noms pourraient ainsi évoluer au terme des opérations de « vérification, d’authentification et de contrôle de conformité » des dossiers reçus.

La prochaine étape doit donc permettre à l’OFNAC de procéder aux différentes vérifications avant la publication ultérieure d’une liste définitive. D’ici là, les personnes figurant parmi les « assujettis défaillants » restent inscrites dans une situation susceptible d’évoluer au regard des contrôles engagés par l’institution.