CAN 2025 : le Sénégal respecte l’Égypte mais vise la finale

À la veille de la demi-finale face à l’Égypte, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a affiché un discours mêlant respect, confiance et ambition, assurant que les Lions sont prêts à se battre pour décrocher leur place en finale de la CAN 2025.

 

L’équipe nationale du Sénégal abordera avec beaucoup d’humilité la rencontre qui l’opposera mercredi aux Pharaons d’Égypte, tout en restant fermement décidée à décrocher son ticket pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), a déclaré mardi à Tanger le sélectionneur Pape Thiaw.

« Nous jouons contre une sélection auréolée de sept titres continentaux, la plus titrée d’Afrique. C’est une équipe très bien organisée, rompue à ce genre de rendez-vous. Nous l’affronterons avec respect, mais avec l’objectif clair de gagner », a indiqué le technicien sénégalais.

En conférence de presse, à la veille de la demi-finale de la CAN, Pape Thiaw a réaffirmé que ses joueurs resteront fidèles à leur style de jeu, qui leur a permis de franchir les différentes étapes du tournoi. Le sélectionneur, accompagné du capitaine Kalidou Koulibaly, a également souligné la progression de la sélection égyptienne, qu’il décrit comme disciplinée et mentalement solide. « C’est une équipe qui défend bien et qui est très dangereuse en transition. Nous avons travaillé pour préserver notre équilibre et éviter de leur offrir des espaces », a-t-il expliqué.

Selon lui, les Lions de la Teranga sont prêts à tout donner pour atteindre la finale de la CAN 2025. « Les joueurs ne pensent pas aux cartons. Leur seule priorité est de jouer et de gagner. Nous nous préparons à toutes les éventualités afin de faire la différence », a-t-il affirmé.

Pape Thiaw a également mis en avant la solidité mentale de son groupe. « Revenir au score après avoir été mené démontre le caractère de cette équipe. C’est une qualité indispensable pour aller loin dans une compétition comme la CAN 2025 », a-t-il souligné.

Évoquant Mohamed Salah et Omar Marmoush, fers de lance de l’attaque égyptienne, il a rappelé que « ce sont de grands joueurs, mais l’essentiel reste le collectif. Nous nous sommes préparés pour les contenir et chercher la victoire dans cette CAN 2025 ». Le technicien sénégalais a enfin mis en lumière le rôle de Sadio Mané, qu’il considère comme « le leader technique, sur le terrain comme en dehors », tout en saluant l’évolution des grandes figures du football africain, notamment Mohamed Salah.

Pape Thiaw s’est également réjoui de la reconnaissance accordée aux entraîneurs africains, soulignant que toutes les équipes encore en lice en demi-finale de cette CAN sont dirigées par des techniciens du continent.-match à Tanger, à la veille de la demi-finale Sénégal-Égypte.

AIPS Awards : 6 journalistes sénégalais honorés à la FIFA pour leur contribution au football africain

Les AIPS Awards distingueront ce dimanche à Rabat vingt journalistes sportifs africains, dont six Sénégalais, pour leur engagement exceptionnel dans la couverture du football africain et de la CAN.

 

L’Association internationale de la presse sportive (AIPS), zone Afrique, organise ce dimanche la deuxième édition des AIPS Awards au siège de la FIFA à Rabat-Salé, au Maroc. Cette cérémonie prestigieuse rend hommage à des journalistes sportifs africains dont le travail a marqué durablement le développement du sport, notamment du football, sur le continent. Cette année, les organisateurs récompenseront une vingtaine de journalistes africains.

L’AIPS Afrique a décidé de mettre à l’honneur deux grandes catégories de professionnels : ceux qui ont couvert au moins dix éditions de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), et les doyens de la presse sportive dont l’impact a dépassé les frontières nationales.

Six journalistes sénégalais distingués

Le Sénégal sera fortement représenté lors de cette cérémonie. Six journalistes sportifs sénégalais figurent parmi les lauréats.

  • Youssoupha Badji (Vox Populi)

  • Cheikh Fantamady Keïta (Relief)

  • Abdoulaye Boubou Thiam (Sud Quotidien)

  • Adama Thieyguel Kandé (2STV)

La catégorie des légendes célébrera également deux grandes figures du journalisme sportif sénégalais.

  • Mamadou Koumé

  • Abdoulaye Diaw

Selon l’AIPS Afrique, ces deux doyens ont « marqué d’une empreinte indélébile le développement du sport, notamment du football, au Sénégal et en Afrique ».

Un hommage continental au journalisme sportif

Les AIPS Awards ne concernent pas uniquement le Sénégal. Des journalistes venus de plusieurs pays africains seront distingués pour leur fidélité à la CAN et leur longévité professionnelle. Parmi ceux ayant couvert dix éditions de la Coupe d’Afrique des nations, figurent notamment : Pape Saine (Gambie), Amadou Al Housseini Touré (Mali), Ange Gnacadja (Bénin), Nana Paul Sabin (Cameroun), Mokhtar Hmima et Hosni Manoubi (Tunisie), en plus des quatre Sénégalais primés.

La catégorie des légendes regroupe de grandes figures de la presse sportive africaine, issues du Maroc, du Mali, du Kenya, de la Guinée, de l’Algérie, du Nigeria, de la Gambie, du Togo, de la Tunisie, du Zimbabwe, de la Côte d’Ivoire, du Soudan et des deux Congo.

Infantino et Motsepe attendus

La cérémonie se déroulera dans un cadre symbolique : le siège de la FIFA à Rabat-Salé. Elle réunira les plus hautes autorités du football mondial et africain. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, ainsi que celui de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, sont annoncés à l’événement, soulignant l’importance accordée au rôle des journalistes dans le développement du sport.

La presse, pilier du football africain

À travers cette distinction, l’AIPS rappelle le rôle central des journalistes sportifs dans la construction de la mémoire du football africain. Reportages, analyses, archives et récits ont permis de valoriser les compétitions, les joueurs et les équipes nationales à travers les décennies.

En honorant ces professionnels, l’organisation célèbre non seulement leur longévité, mais aussi leur contribution à la visibilité et à la crédibilité du football africain sur la scène internationale.

Revue de presse : Affaire des 125 milliards, Farba Ngom reste en prison, Tahirou Sarr retrouve la liberté

Les journaux sénégalais font de l’affaire des 125 milliards leur choux gras et la  justice sénégalaise a accordé une liberté provisoire à l’homme d’affaires Tahirou Sarr, tandis que le député Farba Ngom demeure en détention dans le dossier des 125 milliards de francs CFA. Une décision qui alimente une vive controverse judiciaire et politique.

 

Dakar, 13 janvier : La décision judiciaire concernant l’affaire des 125 milliards de francs CFA occupe une large place dans les colonnes de la presse sénégalaise ce parue mardi. Les journaux reviennent notamment sur la mise en liberté provisoire de l’homme d’affaires Tahirou Sarr et le maintien en détention du député Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom.

La deuxième chambre pénale de la Cour suprême a, lundi, ordonné la mise en liberté sous contrôle judiciaire de Tahirou Sarr et de Farba Ngom. Tous deux sont poursuivis dans le cadre d’une vaste enquête portant sur des soupçons de blanchiment de capitaux, de faux et usage de faux ainsi que d’escroquerie sur des fonds publics évalués à 125 milliards de francs CFA, à la suite d’investigations de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Cependant, si Tahirou Sarr a quitté la prison le jour même, Farba Ngom est resté derrière les barreaux. Selon Libération, le parquet financier a interjeté appel contre l’ordonnance du juge concernant le député-maire d’Agnam, avant que la Cour suprême ne rejette son pourvoi dans la foulée.

Les deux hommes avaient initialement été placés sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et escroquerie portant sur les deniers publics. Les poursuites portent notamment sur des montants de plus de 31 milliards de francs CFA et sur une présumée complicité dans une autre affaire estimée à plus de 91 milliards, rappelle le quotidien.

Pour ce qui concerne Tahirou Sarr, L’Observateur indique que le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier a justifié sa mise en liberté par le sérieux des arguments présentés par ses avocats, tout en l’assujettissant à un strict contrôle judiciaire.

Sud Quotidien titre de son côté : « Farba reste en prison, Tahirou Sarr libéré », notant que les conseils du député dénoncent une décision qu’ils jugent incohérente et politiquement orientée.

Les Echos évoquent une journée marquée par de multiples rebondissements. Le journal explique que les deux décisions de mise en liberté ont été suivies d’un appel du ministère public uniquement contre celle concernant Farba Ngom, ce qui a empêché sa sortie de prison. La publication souligne également un délai inhabituel dans la décision finale de la Cour suprême.

Le même journal précise que le dossier des 125 milliards est désormais divisé en deux procédures distinctes. Dans l’une, Tahirou Sarr est considéré comme l’auteur principal et Farba Ngom comme complice présumé pour un montant de 91 milliards de francs CFA. Dans l’autre, Farba Ngom est poursuivi comme auteur principal pour environ 31 milliards. Des flux financiers jugés suspects auraient été identifiés entre les sociétés de l’homme d’affaires et celles du député-maire.

Vox Populi titre : « Tahirou libre, le procureur garde Farba en prison ». Les avocats du député dénoncent une injustice, estimant que la procédure est dictée par des considérations politiques plutôt que par la recherche de la vérité judiciaire.

Pour L’As, cette situation traduit l’existence d’une « justice à deux vitesses », tandis que Le Soleil, pour sa part, met l’accent sur d’autres sujets économiques, notamment la commercialisation de l’arachide.

L’affaire des 125 milliards de francs CFA continue ainsi de provoquer un vif débat au Sénégal, mêlant enjeux judiciaires, financiers et politiques.

Guinée-Bissau : le Sénégal demande la libération des prisonniers après le coup d’État

En déplacement à Bissau, une délégation ministérielle sénégalaise a plaidé pour la libération des prisonniers politiques interpellés à la suite du coup d’État du 26 novembre et a réaffirmé la volonté de Dakar d’accompagner le processus de transition en Guinée-Bissau.

Des responsables sénégalais ont effectué, dimanche, leur première visite officielle en Guinée-Bissau depuis le renversement militaire du 26 novembre, dans un contexte politique sensible marqué par l’ouverture d’une transition. La mission était conduite par le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, accompagné du ministre des Forces armées, le général Birame Diop. Les deux hommes étaient porteurs d’un message du président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, adressé aux autorités de transition bissau-guinéennes.

À l’issue de près de trois heures d’échanges avec le président de la transition, le général Horta N’Tam, et les responsables du haut commandement militaire, Cheikh Niang a indiqué que le Sénégal était venu « réaffirmer sa disponibilité à accompagner la Guinée-Bissau pour un retour rapide à la normalité institutionnelle », rappelant les relations historiques de fraternité et de solidarité entre les deux pays.

Selon la délégation sénégalaise, les autorités de transition ont donné une réponse favorable à la demande de Dakar relative à la libération des détenus politiques. Les ministres sénégalais prévoyaient ainsi de rencontrer l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, détenu à la 2e Esquadra, ainsi que d’autres prisonniers politiques. Un échange avec le candidat à la présidentielle Fernando Dias, actuellement réfugié à l’ambassade du Nigéria à Bissau, était également au programme.

Cheikh Niang a salué l’attitude « très ouverte et constructive » du président de la transition face à la requête sénégalaise visant la libération de toutes les personnes arrêtées après les événements du 26 novembre. Il a dit espérer des « avancées concrètes et rapides » dans les jours à venir.

Au cours des discussions, les autorités de transition ont remis à la délégation sénégalaise un mémorandum exposant les motivations du soulèvement militaire. Elles ont justifié leur action par la nécessité de prévenir des troubles internes et de lutter contre l’influence de réseaux de narcotrafic. Le ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères, João Bernardo Vieira, a pour sa part indiqué que le Sénégal s’était engagé à plaider en faveur de la Guinée-Bissau auprès des organisations internationales, afin d’expliquer le contexte du changement de pouvoir et d’éviter l’adoption de sanctions susceptibles d’aggraver la situation du pays.

Selon la diplomatie bissau-guinéenne, la transition entend engager des réformes institutionnelles majeures, notamment sur les plans constitutionnel et électoral, dans le but de rétablir durablement l’ordre démocratique. Dakar a également lancé un appel à l’accompagnement de la communauté internationale, en particulier de la Cédéao, de l’Union africaine et des Nations unies, estimant que la libération des détenus politiques contribuerait à apaiser le climat politique et à faciliter le dialogue national.

Cette visite sénégalaise intervient quelques jours après celle du président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Cédéao, qui s’était rendu à Bissau pour s’entretenir avec les autorités de transition.

Baie de Hann : la dépollution progresse et redonne espoir aux riverains

Les travaux de dépollution de la baie de Hann, lancés en 2020 par l’État du Sénégal, affichent un niveau d’avancement jugé satisfaisant par les acteurs du projet.

 

Les travaux de dépollution de la baie de Hann, à Dakar, progressent de manière satisfaisante et affichent un niveau d’exécution avancé, a assuré le secrétaire exécutif de l’ONG Eau, Vie et Environnement (EVE) et chef d’équipe d’exécution du projet, Abdou Diouf.

« Le projet évolue bien. Lancé en 2020, il est structuré en sept lots et, à ce jour, un seul n’a pas encore démarré. Les avancées sont réelles et le processus se poursuit normalement », a-t-il indiqué.

Abdou Diouf s’exprimait à l’issue d’une visite communautaire de suivi consacrée à l’état d’avancement des travaux de dépollution de la baie de Hann, longtemps affectée par des rejets industriels et domestiques incontrôlés. Située sur la façade orientale de la presqu’île du Cap-Vert, entre la pointe de Bel-Air et Mbao, la baie de Hann figurait autrefois parmi les plus belles baies du continent africain, avant de subir une dégradation environnementale progressive.

Cette visite de suivi communautaire, organisée sous la coordination de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), vise à informer le public sur l’évolution de ce vaste projet de l’État du Sénégal, dont la mise en œuvre a débuté en 2020.

Le responsable de l’ONG EVE a particulièrement insisté sur la participation active des communautés riveraines directement concernées par le projet de dépollution de la baie de Dakar. Il s’agit notamment des communes de Hann Bel-Air, Dalifort, Guinaw Rails Sud, Guinaw Rails Nord, Thiaroye-sur-Mer, Diamaguène Sicap Mbao et Mbao.

« L’implication des populations locales est pour nous une exigence fondamentale. C’est à la fois un impératif social et une condition essentielle pour la réussite d’un projet qui concerne directement leur cadre de vie », a souligné Abdou Diouf.

Il a également rappelé que ses équipes ont mené, en amont, une large campagne d’information et de sensibilisation afin de favoriser l’appropriation du projet par les populations, dans l’objectif de restaurer durablement la qualité des eaux de la baie de Hann.

Concrètement, le projet repose sur la mise en place d’infrastructures de collecte et de traitement des eaux usées, avant leur rejet en mer. L’ONAS assure la maîtrise d’ouvrage de ce programme structurant.

À terme, la dépollution de la baie de Hann devrait générer des impacts positifs durables sur les plans économique, sanitaire et social, en particulier pour les populations dont les activités de pêche et de tourisme ont été fortement affectées par la pollution.

Crise en Guinée-Bissau : Dakar joue la carte du pragmatisme

Face à la crise en Guinée-Bissau, le Sénégal défend une approche pragmatique, tandis que la CEDEAO durcit le ton.

Le Sénégal privilégie une démarche pragmatique et souple face à la crise politique en Guinée-Bissau, alors que la CEDEAO maintient une ligne ferme en faveur d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Dakar adopte une posture mesurée et réaliste face aux événements en Guinée-Bissau, a affirmé mardi le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, lors d’une intervention sur TFM.

« Nous avons condamné le coup d’État, exigé le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la reprise du processus électoral », a rappelé le chef de la diplomatie sénégalaise, réaffirmant la position de principe du Sénégal.

De son côté, le Premier ministre Ousmane Sonko, s’exprimant devant l’Assemblée nationale, avait qualifié la prise de pouvoir militaire de « manœuvre » et appelé à la poursuite du processus électoral, insistant sur le respect strict de la légalité constitutionnelle.Confronté à la demande des militaires bissau-guinéens d’instaurer une transition d’une durée d’un an, le Sénégal a choisi une voie d’acceptation conditionnée.

« Nous avons fini par accepter, mais dans un cadre strictement encadré », a expliqué Cheikh Niang, mettant en avant la tradition de réalisme et de modération diplomatique du Sénégal, parfois en décalage avec des positions plus rigides défendues au sein de la CEDEAO. Le ministre a également revendiqué un rôle particulier pour Dakar, en raison de la proximité géographique et des relations spécifiques avec la Guinée-Bissau, refusant que des États plus éloignés imposent leurs solutions.

Évoquant la récente tentative de coup d’État au Bénin et l’intervention du Nigéria, Cheikh Niang a insisté sur la dimension transfrontalière des enjeux sécuritaires entre le sud du Sénégal et le nord de la Guinée-Bissau. Il s’est félicité de l’échec du putsch au Bénin et du rétablissement rapide de la stabilité.

À Bissau, le général Horta N’Tam, chef d’état-major de l’armée de terre, a pris le pouvoir après l’interruption du processus électoral, survenue à 24 heures de la proclamation des résultats par la Commission nationale électorale (CNE). Installé à la tête d’une transition d’un an, il a mis en place un gouvernement et adopté une charte de transition. L’opposant Domingos Simões Pereira, principal soutien de Fernando Dias da Costa, demeure en détention, tandis que ce dernier, qui revendiquait sa victoire au lendemain du scrutin du 23 novembre, s’est réfugié à l’ambassade du Nigéria à Bissau.

Dans ce contexte, la CEDEAO a rejeté le calendrier de transition proposé par les militaires. Dans son communiqué final publié à l’issue de la 68ᵉ session ordinaire tenue le 14 décembre à Abuja, l’organisation régionale a rappelé que sa mission d’observation, ainsi que d’autres partenaires internationaux, avaient jugé les élections du 23 novembre « libres, transparentes et pacifiques »

L’institution ouest-africaine exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, la mise en place d’une transition brève conduite par un gouvernement inclusif, ainsi que la protection des responsables politiques et des institutions nationales par la Mission d’appui à la stabilisation de la Guinée-Bissau.

La CEDEAO a mandaté sa Commission pour accompagner pleinement le processus de transition et annoncé l’envoi d’une mission de haut niveau, appuyée par une délégation du Comité des Chefs d’État-Major, afin d’engager un dialogue avec les autorités militaires. Elle avertit que des sanctions ciblées seront imposées à toute personne ou entité entravant le retour à l’ordre constitutionnel, tout en appelant l’Union africaine et les partenaires internationaux à soutenir l’application de ces décisions.

Sénégal : une banque digitale dédiée à la diaspora bientôt opérationnelle

Adossée à la BNDE, la future Banque de la diaspora ambitionne de capter l’épargne des expatriés au service du développement national.

La Banque de la diaspora, une plateforme bancaire entièrement digitale adossée à la Banque nationale pour le développement économique (BNDE), devrait entrer en service prochainement afin de mobiliser davantage les ressources financières des Sénégalais vivant à l’étranger et de les orienter vers l’investissement productif.

Le Sénégal a engagé, en 2024, le processus de mise en place de cette néo-banque innovante dédiée à sa diaspora, à travers un partenariat stratégique entre la BNDE et la fintech Kopar Express. Selon le secrétaire d’État aux Sénégalais de l’extérieur, Amadou Chérif Diouf, cette future institution financière marque une étape décisive dans l’implication accrue de la diaspora dans le développement économique national.

L’initiative vise à simplifier l’accès des expatriés aux services bancaires, tout en favorisant l’orientation de leurs ressources vers des investissements structurants au Sénégal. Entièrement numérique, la plateforme permettra aux Sénégalais établis à l’étranger d’ouvrir un compte bancaire à distance, de gérer leurs opérations via leur téléphone mobile et d’effectuer des transferts de fonds à des coûts réduits.

La Banque de la diaspora ambitionne ainsi de mieux capter et canaliser l’épargne des émigrés vers des projets de développement local, contribuant à renforcer l’impact économique des transferts de fonds.

La Banque de la diaspora attend l’aval de la BCEAO

S’exprimant auprès de l’APS, le secrétaire d’État aux Sénégalais de l’extérieur a indiqué que l’aboutissement du projet reste conditionné à l’obtention du quitus de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). L’application sera officiellement présentée à l’occasion de la Journée nationale de la diaspora, prévue ce mercredi au Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD).

« Ce partenariat avec la BNDE permettra à tous les Sénégalais de l’extérieur, où qu’ils se trouvent, d’ouvrir un compte en ligne, avec la possibilité de disposer d’un compte en euro et d’un autre en franc CFA », a précisé Amadou Chérif Diouf.

Selon lui, la plateforme offrira également aux membres de la diaspora un accès facilité aux Appels publics à l’épargne (APE) ainsi qu’aux mécanismes de financement des grands projets de l’État.

Cédéao : le Sénégal prend les commandes de la Commission en pleine zone de turbulences

Dans un contexte de crises politiques et de fractures régionales, le Sénégal accède à la présidence de la Commission de la Cédéao pour 2026-2030.

Le Sénégal succède à la Gambie à la tête de la Commission de la Cédéao, avec pour mandat de renforcer l’intégration régionale et de faire face aux multiples secousses politiques et sécuritaires. Dans un environnement sous-régional marqué par des transitions anticonstitutionnelles et le retrait de trois États sahéliens, le Sénégal prend la direction de la Commission de la Cédéao pour la période 2026-2030. Une responsabilité majeure pour Dakar, appelée à conduire le processus d’intégration ouest-africain dans un contexte d’instabilité persistante.

La décision a été actée lors de la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, tenue à Abuja. Elle constitue une première pour le Sénégal, désormais chargé de diriger l’organe exécutif de l’organisation communautaire dans une phase particulièrement délicate de son histoire.

Une succession de crises politico-sécuritaires

Cette désignation intervient alors que la Cédéao traverse l’une des périodes les plus critiques de son existence, notamment après le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ces pays sahéliens accusent l’organisation d’alignement sur les positions françaises, notamment après la menace d’une intervention militaire au Niger pour restaurer l’ordre constitutionnel.

L’espace communautaire a été ébranlé par plusieurs changements anticonstitutionnels ces dernières années. En septembre 2021, la Guinée a vu le président Alpha Condé renversé par le colonel Mamadi Doumbouya, depuis promu général. Plus récemment, la Guinée-Bissau a replongé dans l’instabilité le 26 novembre 2025, lorsqu’un général a interrompu le processus électoral à moins de 24 heures de la proclamation des résultats.

Le 7 décembre, le Bénin, longtemps considéré comme un pôle de stabilité depuis 1972, a frôlé une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon. L’initiative a été rapidement contenue, avec l’appui de la Cédéao, sous l’impulsion du Nigéria, même si la présidence de l’Autorité des Chefs d’État est actuellement assurée par le président sierra-léonais Julius Maada Bio.

La Commission, pilier opérationnel de l’intégration

Dans ce climat de tensions, la Commission de la Cédéao, créée en 2007 pour remplacer le Secrétariat exécutif, s’impose comme l’organe moteur de l’organisation. Basée à Abuja, elle est dirigée par un président, assisté d’une vice-présidente et de cinq commissaires, chargés de mettre en œuvre les décisions des Chefs d’État, de coordonner les politiques communautaires et de conduire les programmes de développement régional.

La Commission prépare les budgets et les plans d’action, supervise leur mise en œuvre et rend compte régulièrement aux instances décisionnelles. Son champ d’action couvre également la prévention et la gestion des crises, avec pour objectif de renforcer la cohésion régionale et d’ancrer l’intégration au bénéfice des quelque 400 millions de citoyens de la Cédéao, dans la perspective de la vision « Cédéao des Peuples : Paix et prospérité pour tous » à l’horizon 2050.

Sous l’autorité de la Conférence des Chefs d’État

La Commission agit sous le contrôle de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, instance suprême de l’organisation, chargée de définir les orientations stratégiques et de superviser le fonctionnement des institutions communautaires. C’est elle qui nomme le président de la Commission et entérine la répartition des portefeuilles.

À l’issue de cette réorganisation, le Nigéria occupera la vice-présidence, la Sierra Leone prendra en charge les Affaires politiques, la Paix et la Sécurité, tandis que le Libéria pilotera les Affaires économiques et l’Agriculture. La Côte d’Ivoire se verra confier les Services internes, le Ghana les Infrastructures, l’Énergie et la Digitalisation, et le Bénin le Développement humain et les Affaires sociales. L’Organisation ouest-africaine de la Santé sera dirigée par le Togo, le GIABA par la Gambie, et le poste d’Auditeur général reviendra au Cabo Verde.

Une consécration diplomatique pour Dakar

Le ministère sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a qualifié cette désignation « d’aboutissement d’un processus complexe de concertations » et d’« une reconnaissance forte du rôle central joué par le Sénégal au sein de l’espace communautaire et sur le continent africain ».

Les autorités sénégalaises ont, par ailleurs, réaffirmé leur engagement en faveur du renforcement de la Cédéao et de la promotion durable de la paix, de la stabilité et du développement régional.

Un ressortissant sénégalais succédera ainsi au Gambien Omar Alieu Touray pour un mandat qui s’étendra de 2026 à 2030. Cette présidence sera observée de près, tant pour sa capacité à relancer l’intégration régionale que pour sa gestion des crises et le renforcement des institutions communautaires.

CAN 2025 : Ilay Camara contraint de déclarer forfait avec le Sénégal

Touché aux muscles, le jeune défenseur sénégalais Ilay Camara manquera la CAN Maroc 2025, une première compétition majeure avec les Lions.

Le jeune défenseur sénégalais Ilay Camara ne participera pas à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025, dont le coup d’envoi est prévu ce samedi, en raison d’une blessure, a annoncé mardi matin la Fédération sénégalaise de football (FSF).

Touché lors du match de championnat belge ayant opposé Anderlecht à Saint-Trond, Ilay Camara avait néanmoins rejoint le regroupement de la sélection nationale.

Selon la FSF, des examens médicaux approfondis, notamment une IRM effectuée à Dakar, ont mis en évidence une lésion musculaire de grade II au niveau de l’ischio-jambier droit. « En conséquence, le staff médical a déclaré le joueur inapte à prendre part à la compétition continentale », précise la Fédération.

La FSF a exprimé ses vœux de prompt rétablissement à l’endroit du défenseur, contraint de renoncer à cette échéance majeure avec les Lions de la Téranga. Âgé de 22 ans, Ilay Camara s’apprêtait à disputer sa toute première Coupe d’Afrique des nations sous les couleurs du Sénégal.

Par ailleurs, un premier groupe de huit joueurs, sur les 28 convoqués, a entamé la préparation pour la CAN lundi en début de soirée au stade Maître Abdoulaye Wade de Diamniadio. L’équipe nationale du Sénégal évoluera dans le groupe D, aux côtés du Bénin, du Botswana et de la République démocratique du Congo (RDC).

Basés à Tanger, les partenaires de Sadio Mané y disputeront l’ensemble de leurs rencontres de la phase de groupes.

Le Sénégal inaugure son usine stratégique d’assemblage de véhicules militaires

Le président Bassirou Diomaye Faye inaugure à Diamniadio l’usine ISEVEM, symbole de la montée en puissance industrielle et militaire du Sénégal.

Le chef de l’État sénégalais présidera mardi l’inauguration de l’usine d’assemblage de véhicules militaires ISEVEM à Diamniadio, deux mois après la conclusion d’un protocole d’accord prévoyant une capacité de production de 1 000 unités par an.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, procédera ce mardi à l’inauguration de l’usine d’assemblage de la société ISEVEM (Industrie sénégalaise de véhicules militaires), implantée sur le site industriel de l’APIDIB, à la Plateforme industrielle internationale de Diamniadio, selon un communiqué du ministère des Forces armées.

Cette nouvelle infrastructure est présentée comme « une étape décisive vers l’autonomie industrielle et technologique du pays » et constitue « la première unité industrielle en partenariat public-privé dédiée à l’assemblage de véhicules destinés aux Forces de défense et de sécurité », souligne la même source.

Du protocole de novembre à l’inauguration

Le projet ISEVEM trouve son origine dans le protocole d’accord que l’État du Sénégal et la société ont signé le 7 novembre 2024, initialement prévu pour un déploiement dans la zone industrielle de Touba Mbacké sur 200 hectares. Toutefois, dans une communication publiée en novembre 2024, le ministère du Commerce a indiqué qu’une phase transitoire s’imposerait à l’APROSI de Diamniadio avant le lancement effectif de la production à grande échelle.

À l’occasion de cette signature, le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, avait qualifié ce protocole de « premier jalon dans la construction d’une industrie de défense performante », à même de garantir la sécurité nationale et l’autonomie stratégique du Sénégal.

Pour sa part, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, avait précisé que l’usine, construite en deux phases, devrait permettre une production annuelle de 1 000 véhicules, tout en générant plusieurs centaines d’emplois directs et indirects, avec des perspectives importantes pour l’insertion de la jeunesse. L’État sénégalais détient 35 % du capital d’ISEVEM à travers le Fonds souverain d’investissements stratégiques du Sénégal (FONSIS).

Partenariat international et transfert de compétences

Le projet s’inscrit dans le cadre d’une coopération avec la République de Corée. Présent lors de la signature du protocole, l’ambassadeur sud-coréen au Sénégal, Hyuk-woon Kwon, avait annoncé l’arrivée prochaine de véhicules militaires et salué une initiative contribuant à la souveraineté nationale et à la création d’emplois pour les jeunes Sénégalais.

Au-delà de la production, l’usine ISEVEM se veut une véritable plateforme nationale de montée en compétences. Elle intègre des programmes de formation, de transfert de technologies et de renforcement des capacités, permettant aux ingénieurs et techniciens sénégalais d’acquérir un savoir-faire en assemblage, contrôle qualité, essais techniques et maintenance. Le dispositif prévoit également l’implication de sous-traitants locaux, positionnant le projet comme un moteur de développement pour les PME et PMI nationales.

Cette inauguration s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050, portée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon le ministère des Forces armées, elle « traduit la volonté du Sénégal de consolider son autonomie et sa capacité de projection », marquant « l’entrée du pays dans une nouvelle phase où souveraineté et innovation s’allient pour construire un avenir industriel durable ».