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À Ngomène, l’État lance une vaste offensive contre les pertes post-récolte

Avec le projet Agricool, le gouvernement sénégalais engage la modernisation des infrastructures de stockage pour consolider la souveraineté alimentaire et…

Avec le projet Agricool, le gouvernement sénégalais engage la modernisation des infrastructures de stockage pour consolider la souveraineté alimentaire et sécuriser les productions horticoles.

 

Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Serigne Guéye Diop, accompagné de son homologue de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, Mabouba Diagne, a procédé mardi à Ngomène (région de Thiès, ouest du Sénégal) à la pose de la première pierre d’une chambre froide d’une capacité de 250 000 tonnes. Cette infrastructure s’inscrit dans le cadre du projet dénommé « Agricool », destiné à renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal par la modernisation des capacités de stockage.

Le projet « Agricool » repose sur la mise en place d’un réseau de stockage frigorifique sous atmosphère contrôlée, capable de conserver immédiatement jusqu’à 250 000 tonnes de productions horticoles, dont 200 000 tonnes d’oignons et 50 000 tonnes de pommes de terre. Cette chambre froide Agricool vise à limiter les pertes post-récolte et à stabiliser l’offre sur les marchés.

Selon les précisions apportées, la capacité finale de l’infrastructure atteindra, à terme, un million de tonnes. Les 250 000 tonnes annoncées correspondent à une capacité instantanée, appelée à être écoulée progressivement sur une période de douze mois.

Le ministre du Commerce et de l’Industrie n’a toutefois pas communiqué de calendrier précis concernant la durée des travaux de cette première chambre froide Agricool.

« Ce projet traduit une ambition nationale forte pour notre agriculture, pour nos producteurs et pour l’avenir du Sénégal », a déclaré Serigne Guéye Diop.

Il a rappelé que le Sénégal dispose des ressources nécessaires pour nourrir sa population, soutenir son économie et renforcer son rayonnement régional. Toutefois, a-t-il souligné, les producteurs restent confrontés à d’importantes pertes post-récolte, en raison notamment du manque d’infrastructures de stockage adaptées.

« Cette installation n’est que la première d’une série de dix infrastructures similaires », a-t-il annoncé, précisant qu’elles seront déployées sur l’ensemble du territoire national, avec une attention particulière portée à Ngomène et à la zone de Potou.

Le ministre a assuré qu’« au cours des deux prochaines années, les pertes post-récolte dans la zone de Ngomène seront considérablement réduites grâce à ce projet ».

« Nous entrerons dans une nouvelle ère, marquée par une optimisation des ressources, des marchés mieux organisés et régulés, et un écosystème dynamique favorable au développement des chaînes de valeur, impliquant producteurs, commerçants et opérateurs de stockage », a-t-il ajouté.

Les 250 000 tonnes de capacités de stockage prévues à Ngomène, dans la commune de Keur Moussa, constituent ainsi « le point de départ d’un vaste déploiement national », a insisté Serigne Guéye Diop.

Cette dynamique devrait s’étendre à plusieurs localités, de Diop à la Casamance, en passant par Matam, le centre et l’est du pays, a-t-il annoncé.

Par ailleurs, la mise en place d’une infrastructure complémentaire d’une capacité de 2 500 tonnes est prévue à Kayar à l’horizon 2027. Elle viendra renforcer le dispositif national de conservation et soutenir durablement les filières horticoles, a indiqué le ministre.

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