La salle plénière de l’Assemblée nationale du Sénégal a retrouvé, ce jeudi, l’effervescence des grandes séances législatives. Sous la présidence du nouveau premier vice-président de l’institution, Malick Ndiaye, les députés ont entamé l’examen de plusieurs projets de loi portant sur la ratification d’accords internationaux majeurs, dans un contexte où le pays entend renforcer sa coopération régionale et multilatérale sur des enjeux stratégiques.
Dans l’hémicycle, le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, porte la voix de l’exécutif et défend des textes qui engagent le Sénégal sur plusieurs fronts diplomatiques. Les instruments juridiques soumis aux parlementaires touchent à des domaines sensibles et structurants : la biodiversité marine, la coopération judiciaire, la justice pénale internationale et la gouvernance mondiale de l’eau.
Le premier texte à être examiné est le projet de loi n°07/2026. Il vise à autoriser la ratification de l’Accord se rapportant à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, plus précisément sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones situées au-delà des juridictions nationales, connu sous l’acronyme BBNJ. Adopté le 19 juin 2023 à New York, cet accord revêt une importance particulière pour un pays comme le Sénégal, fortement lié à l’économie maritime et aux ressources halieutiques.
Dans la continuité des travaux, les députés se pencheront sur le projet de loi n°12/2026 relatif à la ratification de la Convention d’entraide judiciaire en matière pénale entre le Sénégal et la Gambie, signée à Dakar le 12 mars 2020. Ce texte ambitionne de renforcer la coopération entre les deux pays voisins dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, un enjeu récurrent dans la sous-région.
L’ordre du jour se poursuit avec le projet de loi n°13/2026 portant autorisation de ratification des amendements à l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Ces amendements, adoptés en 1998, élargissent notamment le champ des crimes de guerre reconnus par le droit international, en particulier dans le cadre des conflits armés non internationaux.
Enfin, les parlementaires examineront le projet de loi n°14/2026 relatif à la ratification de la Charte constitutive de l’Organisation mondiale de l’Eau, signée le 28 mai 2025 à Riyad, en Arabie saoudite. Dans un contexte mondial marqué par les tensions croissantes autour de la gestion des ressources hydriques, ce texte traduit la volonté du Sénégal de s’inscrire dans les mécanismes de gouvernance globale de l’eau.
À travers cette plénière, l’Assemblée nationale engage ainsi un exercice diplomatique et juridique d’envergure, illustrant la place croissante du Sénégal dans les dynamiques internationales contemporaines.




