Élections 2026 au Sénégal : vers un scrutin législatif et local jumelé ?

Le calendrier politique sénégalais pourrait connaître un nouveau bouleversement dans les prochains mois. Le président Bassirou Diomaye Faye a saisi…

Le calendrier politique sénégalais pourrait connaître un nouveau bouleversement dans les prochains mois. Le président Bassirou Diomaye Faye a saisi le Conseil constitutionnel afin d’obtenir un avis sur la possibilité d’organiser simultanément les élections législatives et locales, selon des sources concordantes. Une démarche qui intervient alors que l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale à la fin du mois de novembre 2026 commence à prendre forme.

L’avis des juges constitutionnels est attendu pour déterminer si ce scénario d’un scrutin jumelé est juridiquement possible. S’il venait à être validé, il modifierait profondément l’agenda électoral initialement établi, alors que les élections locales étaient prévues pour janvier 2027.

Sur cette échéance, le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé avait déjà rappelé que le mandat des maires actuellement en fonction court jusqu’au 23 janvier 2027. Il avait également assuré que l’État respectait les délais prévus par le Code électoral pour l’organisation de ces élections.

Sur le plan institutionnel, cette éventualité s’inscrit dans le cadre des dispositions prévues par l’article 87 de la Constitution sénégalaise. Celui-ci permet au président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale après avoir recueilli l’avis du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale, à condition que cette dissolution n’intervienne pas durant les deux premières années de la législature.

Les députés actuellement en fonction ayant été élus lors des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024, cette possibilité juridique ne pourrait donc intervenir qu’à partir de la fin novembre 2026. Une période qui correspond précisément au calendrier évoqué pour une éventuelle dissolution et un possible rapprochement avec les élections locales.

Mais derrière la question juridique se joue surtout un enjeu politique majeur. Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par une profonde recomposition du paysage politique sénégalais, après la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et le parti Pastef, consécutive au départ d’Ousmane Sonko de la Primature le 22 mai 2026.

Depuis cette séparation, le chef de l’État ne dispose plus de la majorité parlementaire obtenue par la coalition qui l’avait porté au pouvoir lors des législatives de novembre 2024, avec 130 députés sur 165. De son côté, Pastef, toujours majoritaire à l’Assemblée nationale, prépare déjà les élections locales de 2027 comme une étape stratégique pour mesurer son implantation dans les territoires avant la présidentielle de 2029.

Dans ce nouveau rapport de forces, un éventuel jumelage des scrutins représenterait un véritable test pour toutes les formations politiques. La Coalition Diomaye Président, engagée dans sa transformation en parti politique, chercherait à accélérer son implantation locale, tandis que Pastef entendrait consolider son influence territoriale.

La saisine du Conseil constitutionnel apparaît ainsi comme une étape décisive dans la définition du prochain calendrier électoral. Au-delà de la simple organisation des scrutins, la décision attendue pourrait contribuer à redessiner les équilibres politiques sénégalais à l’approche des grandes échéances de 2027 et 2029.

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