Les autorités sénégalaises veulent mettre un terme aux inquiétudes suscitées par les récentes informations sur une supposée contamination généralisée du riz aux aflatoxines. Dans un communiqué de mise au point, le ministère de l’Industrie et du Commerce affirme que les conclusions relayées dans certains médias reposent sur une étude pilote limitée et ne permettent en aucun cas d’évaluer la qualité du riz consommé à l’échelle nationale.
Selon le ministère, cette étude, financée par la FAO et conduite sous la supervision du Comité national du Codex, s’est appuyée sur seulement 200 échantillons prélevés à Dakar, Thiès et Kaolack, principalement auprès de restauratrices. Un échantillonnage jugé insuffisant pour tirer des conclusions représentatives de l’ensemble du marché sénégalais.
Les autorités soulignent également que les résultats ont été interprétés en se référant au seuil fixé par l’Union européenne, établi à 4 microgrammes par kilogramme (µg/kg), alors que le Sénégal applique la norme internationale du Codex Alimentarius. Cette dernière autorise jusqu’à 20 µg/kg d’aflatoxines totales pour le riz décortiqué. Or, la concentration la plus élevée relevée par l’étude est de 18,6 µg/kg, un niveau qui demeure inférieur à la limite retenue par le Codex.
Le ministère réfute par ailleurs les affirmations selon lesquelles la moitié du riz produit localement serait contaminée. Il précise qu’aucun des échantillons analysés ne provenait des principales zones de production nationale, notamment de la vallée du fleuve Sénégal. Dans ces conditions, toute conclusion faisant état d’une contamination massive du riz local est, selon lui, dépourvue de fondement scientifique.
Les autorités rappellent que tous les produits alimentaires commercialisés au Sénégal, qu’ils soient importés ou issus de la production nationale, sont soumis à des contrôles de conformité avant leur mise sur le marché, puis à une surveillance régulière. Entre janvier et juin 2026, la Direction du Commerce intérieur a enregistré 2 059 analyses portant sur différents produits alimentaires, avec l’appui de laboratoires spécialisés tels que le LANAC, l’ITA, l’Institut Pasteur, l’IESP et le CÉRES-Locustox.
S’agissant du riz, les dispositifs de surveillance portent principalement sur la recherche de métaux lourds, notamment l’arsenic, les autorités rappelant que la présence d’aflatoxines est généralement beaucoup plus rare dans cette céréale que dans des produits comme l’arachide.
Le ministère assure enfin que les mécanismes de contrôle sanitaire demeurent pleinement opérationnels. Les inspections menées par le Laboratoire national d’analyses et de contrôle (LANAC), l’Institut de technologie alimentaire (ITA) et la Direction du Commerce intérieur ont été renforcées afin de garantir la sécurité des consommateurs. Tout produit non conforme aux normes sanitaires est retiré du marché et ses responsables s’exposent aux sanctions prévues par la réglementation.
À travers cette mise au point, le gouvernement entend rassurer la population et affirme que les données actuellement disponibles ne permettent pas de conclure à une contamination généralisée du riz ni à un risque sanitaire généralisé pour les consommateurs sénégalais.




