Un réseau présumé de trafic de migrants a été démantelé entre le Sénégal et la Gambie. L’opération menée par l’antenne régionale de Karang de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (Dntl) a conduit à l’arrestation de trois personnes et à l’interception de 180 candidats à l’émigration irrégulière.
Tout commence le 13 août 2026, lorsque les enquêteurs sont alertés de l’existence d’un réseau opérant entre Keur-Ayip, au Sénégal, et Farafenni, en Gambie. Selon une source policière rapportée par le Soleil Digital, les membres présumés du réseau auraient organisé le transfert de candidats à l’émigration irrégulière vers un point de regroupement situé en territoire gambien.
Le dispositif reposait notamment sur un conducteur de moto-taxi. Celui-ci aurait été chargé de transporter les candidats depuis Keur-Ayip jusqu’au foyer de regroupement, avant leur départ supposé vers l’Espagne par voie maritime.
Les préparatifs de la traversée étaient déjà bien avancés. D’après les informations recueillies par les enquêteurs, le capitaine présumé de l’embarcation aurait engagé 2,7 millions de francs CFA pour l’achat de carburant. Une enveloppe supplémentaire de 500 000 francs CFA aurait été consacrée aux vivres et aux denrées nécessaires au voyage.
Alertées par ces éléments, les forces de sécurité ont lancé une opération le même jour. Trois individus soupçonnés d’être impliqués dans le réseau ont été interpellés puis conduits dans les locaux du service pour les besoins de l’enquête.
L’opération s’est poursuivie le lendemain en Gambie, avec l’appui de la Police de l’immigration gambienne. Dans la forêt de Farafenni, les enquêteurs ont découvert et intercepté 180 candidats à l’émigration irrégulière. Une grande pirogue destinée à la traversée a également été retrouvée sur place.
La saisie effectuée permet de mesurer l’ampleur des préparatifs. Les forces de sécurité ont notamment récupéré huit fûts de 200 litres de carburant, 83 bidons de 30 litres de carburant, un sac de sucre, du gari, du lait en poudre et une centaine de paquets d’eau. Un moteur de 40 chevaux, une motopompe et 50 bidons de 20 litres d’eau potable figuraient également parmi le matériel saisi.
Au cours de leurs auditions, les trois suspects auraient reconnu les faits qui leur sont reprochés. Leurs déclarations ont également permis aux enquêteurs d’identifier plusieurs autres personnes soupçonnées d’appartenir au réseau.
Au terme des investigations, les trois mis en cause ont finalement été déférés le 17 août 2026 devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kaolack. L’enquête devra désormais permettre de déterminer précisément le rôle des différents acteurs impliqués dans cette tentative de trafic de migrants.




