Le limogeage de Pape Thiaw pourrait avoir des conséquences financières bien plus importantes que prévu pour la Fédération sénégalaise de football. Alors que l’instance dirigeante du football sénégalais cherche à ouvrir une nouvelle page avec un autre sélectionneur, elle doit désormais gérer seule les obligations liées au contrat de l’ancien entraîneur des Lions.
Selon Sud Quotidien, l’État du Sénégal refuse de prendre en charge les engagements financiers liés au contrat signé entre Pape Thiaw et la FSF. Dans un courrier adressé à la Fédération, la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture rappelle que cet accord de trois ans n’avait pas reçu l’approbation préalable de la tutelle.
Pour les autorités, cette absence de validation empêche l’État d’intervenir comme tiers-payeur. La responsabilité financière du contrat incombe donc directement à la Fédération, qui devra assumer les conséquences de sa décision de se séparer du technicien sénégalais.
Un contrat aux clauses financières lourdes
Le contrat de Pape Thiaw, signé pendant la Coupe du monde, prévoyait des conditions financières particulièrement avantageuses. Le sélectionneur bénéficiait notamment d’un salaire mensuel de 30 millions de FCFA, d’une prime à la signature de 120 millions de FCFA, ainsi que d’un pourcentage de 1 % sur les primes versées par la FIFA.
Le document prévoyait également une indemnisation en cas de rupture du contrat. Selon les informations disponibles, la FSF aurait accepté de verser l’équivalent de huit mois de salaire en cas de licenciement, soit une charge potentielle de plusieurs centaines de millions de FCFA.
Cette clause, qui ne semble pas prévoir de distinction claire selon le motif de la rupture, limite aujourd’hui la capacité de la Fédération à réduire le coût de son choix sportif.
Une décision sportive qui devient un risque juridique
En décidant de mettre fin aux fonctions de Pape Thiaw, la FSF espérait engager une nouvelle dynamique avec un entraîneur de dimension internationale. Mais avant toute nouvelle signature, elle doit désormais régler le dossier de son ancien sélectionneur.
Le technicien pourrait contester les conditions de son départ devant les instances compétentes, notamment celles de la FIFA, afin d’obtenir l’application des dispositions prévues dans son contrat. La Fédération pourrait ainsi se retrouver confrontée à une double contrainte : payer les indemnités liées au départ de Pape Thiaw tout en mobilisant des ressources pour recruter son successeur.
Le défi du prochain sélectionneur
Cette situation complique également la recherche d’un nouveau patron pour les Lions. Les noms de Patrick Vieira et Hervé Renard circulent depuis plusieurs semaines pour prendre la relève.
Mais les exigences financières de ces entraîneurs de renommée internationale pourraient être supérieures aux conditions accordées à Pape Thiaw. Dans un contexte où la tutelle refuse déjà de soutenir financièrement un contrat conclu sans son aval, la FSF devra trouver un équilibre entre ambition sportive et contraintes budgétaires.
La décision du TAS, autre dossier brûlant
À cette incertitude financière s’ajoute une autre menace institutionnelle. Le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne, doit prochainement se prononcer sur le recours introduit par Mady Touré, candidat malheureux à la dernière élection de la Fédération.
Ce dernier conteste la régularité du scrutin et réclame son annulation pour des irrégularités présumées. Une décision défavorable au bureau actuel pourrait remettre en cause plusieurs choix effectués ces derniers mois, y compris dans la gestion du staff technique national.
À quelques semaines du début des éliminatoires de la CAN 2027, le football sénégalais traverse donc une période d’incertitude. La FSF doit désormais composer avec un sélectionneur limogé, un contentieux contractuel potentiellement coûteux, une tutelle prudente et une décision judiciaire attendue. Entre urgence sportive et fragilité institutionnelle, les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir des Lions de la Teranga.


