Matam : Défis Importants dans l’Éducation des Tout-Petits, Appel à l’Investissement des Collectivités »

La région de Matam, située dans le nord du Sénégal, se confronte à des défis majeurs dans le secteur de l’éducation des tout-petits, avec un taux brut de scolarisation particulièrement bas, atteignant seulement 9,9%, bien en deçà de la moyenne nationale de 18,2%.

Ces constats ont été révélés par le coordonnateur régional de la petite enfance, Iba Diaw, lors de la cérémonie de lancement officiel de la Semaine nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits, qui s’est tenue à l’école maternelle El Hadji Mamadou Guèye de Matam.

Iba Diaw a souligné les difficultés persistantes dans la prise en charge de la petite enfance, en particulier en ce qui concerne l’accès limité des enfants aux structures dédiées. Il a évoqué le besoin urgent de surmonter ces défis, appelant à des efforts significatifs dans la région pour contribuer de manière substantielle à l’amélioration du taux de scolarisation au niveau national.

Le coordonnateur régional a également mis en lumière d’autres problèmes auxquels est confronté le secteur de la petite enfance à Matam, tels que le manque d’équipements, d’intrants de qualité et de personnel d’encadrement.

Iba Diaw a exprimé la volonté d’inculquer des valeurs de paix aux enfants, soulignant les violences mondiales engendrées par les conflits. Il a appelé à l’investissement des collectivités territoriales dans la prise en charge de la petite enfance, soulignant que, malgré des études scientifiques montrant les bénéfices d’un tel investissement pour un développement durable, la participation des collectivités locales dans cette région reste modeste.

La semaine à venir sera marquée par diverses activités de divertissement axées sur le thème de « l’éducation à la paix dès la petite enfance ». Des événements tels qu’une journée de jeu, une activité de plaidoyer sur le développement intégré de la petite enfance, et une journée régionale du conte se dérouleront à la case des tout-petits de Kanel, offrant des opportunités d’apprentissage et de sensibilisation pour les jeunes de la région.

Éduquer à la paix dès le berceau : Maimouna Cissokho Khouma prône une révolution éducative pour les tout-petits »

Dans un discours empreint de préoccupation, Maimouna Cissokho Khouma, directrice générale de l’Agence nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits (ANPECTP), a plaidé à Dakar pour une réflexion urgente sur des programmes intégrant l’éducation aux valeurs de la paix dès la petite enfance, dans un monde marqué par les violences et les conflits.

Au cœur du lancement de la 17e édition de la semaine nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits, Maimouna Cissokho Khouma a souligné la nécessité pressante d’ « inculquer très tôt aux tout-petits, les valeurs de la paix ». Cette année, la thématique porte sur « l’éducation à la paix dès la petite enfance ».

Défendant le choix de ce thème, elle a rappelé que depuis 2021, ANPECTP s’est engagée dans « l’éducation aux valeureux » selon les orientations des autorités sénégalaises, dans le but de « continuer la réflexion autour de l’éducation aux valeurs et promouvoir l’éducation à la paix ».

Cette semaine dédiée à la petite enfance vise à sensibiliser sur l’importance de l’éducation à la paix dès le plus jeune âge, à élaborer des stratégies dans le sous-secteur de la petite enfance et à ancrer les tout-petits dans les valeurs de la paix.

La ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’enfance, Fatou Diané, a renforcé ces propos en soulignant que chaque nation doit aujourd’hui cultiver chez ses jeunes enfants des notions fondamentales telles que la justice, l’égalité, la liberté, la tolérance et la démocratie.

Elle a insisté sur le caractère collectif de la responsabilité éducative à la paix, soulignant que communautés et écoles doivent agir en complémentarité et en co-responsabilité. Fatou Diané a également souligné que le développement intégré de la petite enfance nécessite une synergie d’interventions dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’hygiène, de l’éducation et de la protection.

En conclusion, elle a mis en avant les progrès réalisés par l’État, notant que le taux de préscolarisation est passé de 15% en 2012 à 18,2% en 2022 grâce aux interventions combinées des différents projets et programmes.