Dans l’hémicycle, l’atmosphère était à la fois politique et institutionnelle, alors que l’Assemblée nationale poursuivait l’examen de plusieurs textes majeurs. Profitant de cette séance plénière consacrée notamment au vote des projets de loi sur le Code du travail et la Sécurité sociale, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a pris la parole pour clarifier la portée de la révision constitutionnelle en cours, tout en réaffirmant la place centrale du Parlement dans l’exercice du pouvoir constituant.
Dès l’ouverture de son intervention, le président de l’institution a insisté sur le cadre de légitimité dans lequel s’inscrit l’action des députés. Selon lui, l’Assemblée nationale agit dans le strict respect du mandat confié par le peuple, en assumant pleinement les responsabilités prévues par la Constitution. Il a rappelé que les élus sont appelés, en vertu de l’article 103, à exercer cette compétence dans le cadre des procédures définies par la loi fondamentale, notamment l’article 79 relatif aux modalités de révision.
Dans un discours dense, Ousmane Sonko a tenu à replacer cette dynamique réformatrice dans une logique de continuité institutionnelle. Il a affirmé que le Parlement n’est pas un acteur isolé, mais l’expression directe de la souveraineté populaire. À ses yeux, les réformes engagées trouvent leur sens dans le contrat politique conclu avec les citoyens, un contrat qu’il décrit comme fondé sur des changements structurels attendus depuis longtemps.
Le président de l’Assemblée nationale a également tenu à lever toute ambiguïté sur le rôle de l’exécutif dans ce processus, rappelant qu’aucun ultimatum n’a été adressé au président de la République. Pour lui, chaque institution doit rester dans le périmètre de ses prérogatives, dans le respect de l’équilibre des pouvoirs. Il a ainsi insisté sur le fait que l’initiative de révision constitutionnelle relève d’un exercice strictement encadré, dont la finalité est déjà, selon lui, en grande partie atteinte par l’engagement du processus lui-même.
Poussant plus loin son argumentaire, Ousmane Sonko a rappelé que, dans l’architecture démocratique sénégalaise, le pouvoir constituant est partagé entre le peuple et la représentation nationale. Dans ce cadre, il a défendu la capacité de l’Assemblée nationale à initier et adopter des révisions constitutionnelles, en soulignant le rôle des majorités qualifiées prévues par les textes, notamment la règle des trois cinquièmes.
Cette prise de position s’est inscrite dans une séance déjà marquée par plusieurs évolutions au sein de l’institution parlementaire. L’Assemblée nationale a en effet enregistré l’arrivée de quatre nouveaux députés, venus compléter sa composition, dans un contexte de recomposition politique lié aux nominations gouvernementales.
Parallèlement, le bureau de l’institution a connu un renouvellement partiel avec l’élection d’El Malick Ndiaye au poste de premier vice-président, une fonction stratégique dans l’organisation interne du Parlement. Ismaïla Diallo a, de son côté, été élu troisième vice-président. Les deux candidats ont recueilli chacun 130 voix, traduisant un large consensus au sein de l’hémicycle.
Dans le même mouvement, certains ajustements institutionnels ont été actés avec la réintégration de figures politiques comme Amadou Ba et Momar Tall Ndao, anciennement membres de l’exécutif. D’autres députés, issus de la majorité, ont également été installés pour remplacer des membres appelés à des fonctions ministérielles.
Au fil de cette séance plénière dense, le Parlement sénégalais a ainsi combiné débats de fond sur les réformes constitutionnelles et réorganisation interne, dans une séquence où les équilibres politiques et institutionnels se sont redessinés sous le regard attentif de l’opinion publique.




