À Dakar, le gouvernement a donné le coup d’envoi d’une réforme d’envergure de l’administration publique. Mardi, à l’occasion de la Journée mondiale de la fonction publique, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a officiellement lancé l’audit physique et biométrique de la fonction publique, une opération présentée comme un tournant dans la modernisation de l’État.
Dès l’ouverture de la cérémonie, le ministre a inscrit cette initiative dans une logique de transformation profonde du service public, portée par le mot d’ordre : « Moderniser pour mieux servir ». Selon lui, cet audit constitue une étape majeure de la réforme engagée par les autorités, avec pour ambition de bâtir une administration plus assainie, plus performante et mieux organisée, capable d’offrir de meilleures conditions de travail et de garantir une reconnaissance plus juste du mérite.
Face aux interrogations que pourrait susciter une telle opération, Mamadou Lamine Dianté a tenu à lever toute ambiguïté. L’audit, a-t-il insisté, ne doit pas être perçu comme une mesure de défiance à l’égard des agents de l’État, mais comme un outil de gestion responsable. Il s’agit, selon ses mots, d’un levier de transparence et de justice sociale, destiné à renforcer la crédibilité et l’efficacité de l’administration.
Dans le détail, le ministre a décliné les trois objectifs principaux de cette opération : fiabiliser les effectifs de la fonction publique, valoriser le capital humain et optimiser l’utilisation des ressources publiques. L’enjeu est de disposer d’une vision claire et actualisée des ressources humaines de l’État, afin de mieux organiser leur gestion.
« Il s’agit d’abord de disposer d’une cartographie exacte et en temps réel de nos ressources humaines. Ensuite, de veiller à ce que chaque compétence soit à la bonne place afin de maximiser son impact. Enfin, de garantir que chaque denier public rémunère un travail effectif au service de la nation », a expliqué le ministre.
Dans la foulée du lancement, les équipes d’auditeurs ont été déployées dans les différentes administrations publiques à travers le pays. Une phase opérationnelle qui repose sur la collaboration des agents de l’État. Le ministre a ainsi appelé secrétaires généraux, directeurs de services et agents publics à réserver un accueil favorable aux équipes sur le terrain, soulignant que la réussite de cette réforme dépendra de l’implication collective.
Au-delà de l’audit, la cérémonie a également été marquée par une séquence de reconnaissance. Le « Prix Fonction publique » a été décerné à 50 agents issus de différents ministères sectoriels. Ces distinctions saluent leur exemplarité, leur professionnalisme et la qualité des services rendus aux usagers.
S’adressant aux récipiendaires, Mamadou Lamine Dianté a souligné la portée symbolique de ces distinctions. En honorant ces agents, a-t-il indiqué, l’État ne célèbre pas uniquement des parcours individuels, mais l’ensemble des valeurs qui fondent le service public. Ces profils exemplaires, a-t-il ajouté, démontrent que l’excellence, l’engagement et le sens de l’intérêt général restent des réalités vivantes au sein de l’administration sénégalaise.




