La presse sénégalaise ouvre largement ses colonnes ce lundi 17 août 2026 sur deux sujets qui touchent directement la vie publique. D’un côté, les prix de l’essence et du gasoil viennent d’augmenter à la pompe. De l’autre, le bras de fer autour de l’encadrement des crédits spéciaux se poursuit entre les institutions.
Depuis samedi 15 août, les automobilistes doivent composer avec de nouveaux tarifs. Le litre de supercarburant est désormais vendu à 990 francs CFA, contre 920 francs auparavant, tandis que le gasoil atteint 755 francs, après une hausse de 75 francs. Le gouvernement explique cette décision par la progression des cours internationaux du pétrole, notamment dans le contexte des tensions au Moyen-Orient.
Le Soleil présente cette mesure comme un réajustement destiné à absorber une partie du choc tout en maintenant la subvention. Le quotidien rappelle que l’État aurait mobilisé plus de 1 350 milliards de francs CFA en trois ans pour soutenir les consommateurs.
Dans les kiosques, les réactions sont toutefois contrastées. L’Info évoque « le coup de pompe qui fait mal » et insiste sur l’impact de cette hausse pour les automobilistes. Le Quotidien observe, lui, que les prix du supercarburant et du gasoil retrouvent leurs niveaux antérieurs.
L’As estime pour sa part que le gouvernement a été « rattrapé par la réalité des prix ». Après plusieurs mois de baisse, l’exécutif justifie désormais le réajustement par l’augmentation du coût des importations, tout en conservant une partie du mécanisme de soutien.
WalfQuotidien adopte un ton plus critique et estime que l’État « lâche les ménages ». Le journal reprend néanmoins les explications officielles liées aux chocs extérieurs, aux tensions au Moyen-Orient et à l’évolution du prix mondial du baril.
Sud Quotidien rapporte, de son côté, que « l’État se justifie, les critiques pleuvent ». Des acteurs de la société civile demandent notamment une réduction du train de vie de l’État. Des cadres de l’Alliance des forces de progrès (AFP), parti d’opposition, questionnent également la viabilité de la politique de soutien aux prix et plaident pour une protection davantage ciblée du pouvoir d’achat.
À côté de la question des carburants, le débat sur les crédits spéciaux continue également de faire la Une. Le Quotidien rapporte que le Premier ministre doit saisir ce lundi le Conseil constitutionnel afin de solliciter l’avis des « sages » sur cette question.
Cette démarche intervient après le dépôt par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, d’un amendement de rectification concernant la proposition de loi destinée à encadrer les crédits spéciaux de la Présidence, de la Primature et de l’Assemblée nationale. Le ministre invoque notamment le principe de la hiérarchie des normes constitutionnelles. Pour Le Quotidien, cette initiative pose ainsi la question de la répartition entre loi ordinaire, loi organique et décret, tout en ravivant le débat sur la transparence et le contrôle des fonds spéciaux.
Entre la pression exercée par la hausse des prix à la pompe et les tensions institutionnelles autour des crédits spéciaux, la presse sénégalaise met donc en lumière deux dossiers qui placent le gouvernement face à des arbitrages importants.




