À Dakar, le débat sur les fonds spéciaux prend une nouvelle tournure. Dans leurs éditions du vendredi 14 août, les quotidiens sénégalais reviennent largement sur l’adoption en commission d’une proposition de loi visant à définir plus strictement le régime juridique de ces crédits, sur fond de désaccord entre la majorité parlementaire et l’exécutif.
La proposition de loi a été approuvée jeudi par les députés membres de la commission, rapporte L’As. Le texte entend désormais circonscrire précisément les situations dans lesquelles les crédits spéciaux peuvent être mobilisés. Leur utilisation serait limitée aux questions de défense, de sécurité intérieure et extérieure ainsi qu’aux activités de renseignement. Tout recours à ces crédits pour d’autres besoins serait ainsi exclu.
Après cette première étape, le texte doit être présenté devant l’ensemble des députés lors d’une séance plénière prévue le 19 août prochain. Une nouvelle étape qui devrait permettre de poursuivre la procédure parlementaire.
Mais derrière ce processus législatif se dessine déjà une confrontation politique. Libération évoque un nouveau « bras de fer » entre la majorité Pastef et le gouvernement. Le quotidien rappelle que la réglementation des fonds spéciaux, également appelés fonds secrets, figurait parmi les engagements associés à la candidature de Bassirou Diomaye Faye.
Pourtant, les positions de l’exécutif et de la majorité parlementaire semblent aujourd’hui difficiles à rapprocher. En commission, le gouvernement, représenté par le ministre de la Justice Me Moussa Sarr, aurait présenté six amendements. Les députés de Pastef les ont tous rejetés. Le Garde des Sceaux aurait également saisi le bureau de l’Assemblée nationale pour l’informer que le texte serait irrecevable.
Les Echos fait lui aussi état d’un désaccord profond entre le président Bassirou Diomaye Faye et les députés de Pastef. Pour le quotidien, cette nouvelle séquence prolonge les tensions déjà apparues autour de la réforme relative à la déclaration de patrimoine.
Le journal souligne notamment que Me Moussa Sarr a représenté l’exécutif au cours des travaux en commission, à la place de Cheikh Diba. Plusieurs amendements ont alors été défendus par le ministre de la Justice, sans parvenir à convaincre les députés de la majorité, qui les ont tous rejetés.
Pendant que le débat institutionnel se poursuit, une autre préoccupation s’impose dans la vie quotidienne des Dakarois : les difficultés de déplacement durant l’hivernage. Sud Quotidien met en avant les problèmes persistants de mobilité dans la capitale et ses zones périphériques.
Dans plusieurs secteurs, notamment à Keur Massar, Tivaouane Peulh, Niague, Sangaikam, Bambilor et Lac Rose, les habitants doivent composer avec des déplacements particulièrement difficiles. L’absence de liaisons directes vers certaines destinations oblige de nombreux usagers à multiplier les correspondances, avec pour conséquence une hausse des dépenses consacrées au transport.
Sur un tout autre registre, Le Soleil s’intéresse à une évolution qui gagne progressivement le monde rural. Les jeunes Sénégalais sont de plus en plus nombreux à investir dans l’agriculture, l’agro-business et l’élevage.
Cette nouvelle génération ne se contente plus de considérer ces secteurs comme de simples activités traditionnelles. Elle développe des projets agricoles et d’élevage à grande échelle, avec l’ambition d’en faire des sources de revenus et de création d’emplois. Une dynamique qui fait émerger de nouveaux acteurs du monde rural et contribue, selon le quotidien, à redonner de la valeur au travail de la terre.




