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Sénégal : la réforme de la déclaration de patrimoine et l’affaire ASER dominent les Unes de la presse

À Dakar, la réforme de la déclaration de patrimoine du chef de l’État franchit une nouvelle étape. Réunis en séance…

À Dakar, la réforme de la déclaration de patrimoine du chef de l’État franchit une nouvelle étape. Réunis en séance plénière, les députés de la 15e législature ont adopté à une large majorité, par 133 voix contre 2, la proposition de loi modifiant l’article 37 de la Constitution. Mais au-delà du vote parlementaire, c’est surtout l’annonce d’un prochain référendum qui retient l’attention des journaux sénégalais parus ce mardi.

Le texte prévoit désormais que l’obligation de déclaration de patrimoine ne concerne plus uniquement le président de la République. Un amendement introduit par le gouvernement étend également cette exigence au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale. Tous devront déposer une déclaration au début de leurs fonctions, puis une nouvelle déclaration à leur terme.

Pour le chef de l’État, la procédure prévoit le dépôt d’une déclaration écrite auprès du Conseil constitutionnel dans les trois mois suivant la prestation de serment. Une seconde déclaration devra être effectuée dans les trois mois suivant la fin du mandat. Les mêmes dispositions s’appliqueront désormais aux deux autres principales autorités concernées.

C’est toutefois l’annonce faite par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, qui donne une nouvelle dimension au dossier. À l’issue du vote, il a indiqué que le président Bassirou Diomaye Faye avait décidé de soumettre le texte à un référendum. Une décision qui, selon les quotidiens, pourrait inscrire cette réforme dans une transformation constitutionnelle plus large.

Le gouvernement souhaite notamment aller plus loin en faisant de la déclaration de patrimoine une pièce constitutive du dossier de candidature à l’élection présidentielle. Son absence pourrait ainsi entraîner l’irrecevabilité d’une candidature, selon les orientations présentées par le ministre de la Justice.

Cette perspective occupe une place importante dans les unes. L’As résume le choix présidentiel par « Diomaye opte pour le référendum », tandis que Sud Quotidien place déjà « Le référendum en ligne de mire ». Derrière cette procédure, les journaux voient une volonté d’instaurer davantage de transparence avant, pendant et après l’exercice des responsabilités publiques.

La réforme de l’article 37 n’est toutefois pas le seul dossier judiciaire et politique qui domine l’actualité sénégalaise. Les quotidiens reviennent également sur l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire du marché d’électrification rurale impliquant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale et la société espagnole AEE Power.

Après une enquête préliminaire menée par les services de recherche, le Pool judiciaire financier a décidé de poursuivre les investigations. Plusieurs qualifications pénales sont évoquées dans le dossier, notamment le détournement de deniers publics, le blanchiment de capitaux, le faux et usage de faux, ainsi que d’autres infractions présumées.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée en octobre 2025 par le député Thierno Alassane Sall. Depuis, les accusations et contre-accusations ont alimenté le débat autour de ce marché. Désormais, l’ouverture d’une information judiciaire fait entrer le dossier dans une nouvelle phase.

Les manchettes traduisent la gravité accordée à cette procédure. Tribune évoque la « traque des détourneurs des 37 milliards de l’ASER », tandis que Walfquotidien parle d’une « machine judiciaire » qui s’emballe. Libération souligne, de son côté, les nombreuses incriminations visées contre AEE Power Espagne, ses dirigeants ainsi que la filiale sénégalaise.

Le parquet financier a également sollicité plusieurs mesures pour approfondir les investigations. Une commission rogatoire internationale doit notamment être engagée en Espagne, tandis qu’une délégation judiciaire doit accompagner les recherches au Sénégal. Des mesures conservatoires ont aussi été demandées.

Entre réforme constitutionnelle et accélération de la procédure judiciaire, la presse sénégalaise place ainsi sous les projecteurs deux dossiers liés à une même exigence : le contrôle de l’action publique et la question de la responsabilité des dirigeants et des acteurs économiques.

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