La lutte sénégalaise entre dans l’arène officielle : l’État acte la création d’une fédération

Le souffle des arènes va bientôt circuler dans les couloirs d’une institution. Sur la terre battue du stade Léopold Sédar Senghor, la ministre des Sports, Khady Diene Gaye, a officialisé une attente séculaire : la lutte sénégalaise, ce patrimoine fait de sueur et de traditions, se dotera d’une fédération nationale. Une décision « irréversible », destinée à structurer et professionnaliser ce sport qui bat au rythme du cœur du pays.

« Une étape majeure pour ce sport au cœur de notre identité culturelle », a déclaré la ministre. Elle a ainsi scellé la volonté de l’État d’offrir à la lutte un cadre institutionnel à sa mesure. L’annonce, faite en présence des acteurs historiques de la discipline, consacre l’aboutissement d’un long processus et ouvre une nouvelle ère.

Transparence, unité et ambition nationale

Consciente des enjeux, Khady Diene Gaye a pris une mesure forte : suspendre temporairement le processus électoral. Cette pause stratégique vise à « fiabiliser le fichier et garantir une transparence totale ». Elle veut ainsi éviter les écueils et bâtir la légitimité de la future instance sur des bases solides et incontestables.

Le calendrier est clair. La nouvelle structure fédérale verra le jour dès octobre. Ensuite, les ligues et les districts seront installés progressivement sur l’ensemble du territoire. La ministre a salué la mobilisation des douze comités régionaux de gestion et l’implication des acteurs. Leur concours reste essentiel pour réussir cette transition historique.

Mais l’ambition va plus loin. Sur sa page Facebook, la ministre a lancé un appel à l’unité : « Ensemble, faisons de ce sport un levier culturel, économique et social fort pour notre pays. » Elle veut transformer cette passion populaire en un écosystème viable, capable de générer des emplois, des revenus et un rayonnement international.

Pour les lutteurs, les promoteurs et les millions de fans, cette fédération représente l’espoir d’une reconnaissance officielle et d’une professionnalisation attendue depuis des générations. Le souffle des tambours battra bientôt au même rythme que celui de l’institution. La lutte, enfin, entre dans la cour des grands.

Une fenêtre forcée, un ambassadeur mort : le lourd mystère de l’hôtel Hyatt

La nuit parisienne a englouti un diplomate. Nkosinathi Emmanuel Nathi Mthethwa, ambassadeur d’Afrique du Sud en France, a été retrouvé sans vie ce mardi 30 septembre au pied de l’hôtel Hyatt, un palace de la capitale. Il avait 58 ans. Les faits sont bruts, mais le mystère, lui, est épais.

L’alerte avait été donnée la veille par son épouse. Elle avait reçu un message – un seul, mais assez inquiétant pour sonner l’alarme. Le contenu de ce dernier appel, muet ou écrit, reste sous le sceau de l’enquête. Ce fut le premier signal d’une tragédie en gestation.

Selon le parquet de Paris, l’ambassadeur s’était installé au 22ᵉ étage, là où la ville lumière n’est plus qu’un tapis d’étoiles froides. C’est de là-haut que le drame a basculé. Les enquêteurs ont constaté un détail glaçant qui transforme la tragédie en énigme : « L’une des fenêtres sécurisées de sa chambre a été forcée. » Une porte ouverte sur tous les scénarios, du suicide le plus désespéré au crime le plus calculé.

Une enquête a été ouverte, confiée aux limiers de la police judiciaire. Ils devront démêler l’inextricable : que s’est-il passé dans cette chambre d’hôtel, entre le message angoissé et la fenêtre fracturée ?

Un diplomate au parcours remarquable

Homme de l’ombre et de la lumière, Nathi Mthethwa n’était pas un simple diplomate. Nommé à Paris en 2024, il représentait aussi son pays à l’UNESCO. Avant de porter l’écharpe tricolore, il avait été, dans les allées du pouvoir à Pretoria, ministre de la Culture puis des Sports, des Arts et de la Culture. Un homme qui avait consacré sa vie au service public.

Dans un communiqué sobre et endeuillé, Pretoria a rendu hommage à « un serviteur distingué de la nation ». Le gouvernement sud-africain, tout en saluant sa carrière, a pris soin de souligner que « les circonstances de sa disparition sont en cours d’enquête par les autorités françaises ». Une prudence diplomatique qui contraste avec la violence des faits.

Aujourd’hui, les questions s’accumulent bien plus vite que les réponses. Que contenait ce dernier message ? Qui, ou quoi, a forcé cette fenêtre blindée d’un hôtel de luxe ? La chute fut-elle un acte de désespoir ou l’aboutissement d’une menace ? Le corps d’un ambassadeur sur le trottoir parisien n’est pas seulement une mort ; c’est une onde de choc qui résonne des rives de la Seine jusqu’aux bureaux feutrés du pouvoir sud-africain. L’enquête, elle, vient à peine de commencer.

Fii 2025 : le Sénégal ouvre son grand bal des investisseurs

Dakar s’apprête à rallumer les projecteurs. Les 7 et 8 octobre 2025, le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) deviendra l’épicentre de la finance et des affaires africaines. Pour sa deuxième édition, le Forum Invest in Sénégal (Fii SENEGAL) se pare de nouvelles ambitions, avec une conviction chevillée au corps : connecter les opportunités pour mieux bâtir l’avenir.

En prélude à cet événement majeur, l’APIX a convié la presse pour dévoiler les contours d’une édition prometteuse. Face aux journalistes, Mme Habibatou Emmanuel Thiam, directrice pour la promotion des investissements et des partenariats, a tracé les grandes lignes de ce rendez-vous incontournable.

L’Arabie Saoudite, un invité de marque

Parmi les annonces phares, le choix de l’invité d’honneur témoigne d’une vision géostratégique assumée. « Nous avons également eu l’occasion de revenir sur le choix de l’Arabie Saoudite comme invitée d’honneur au vu des relations historiques qu’il y a avec le Sénégal », a expliqué Mme Thiam. Une décision qui s’appuie aussi sur « le potentiel aujourd’hui en émission d’investissements de la part des pays du Proche et Moyen-Orient ». Le royaume saoudien, en quête de nouveaux horizons économiques, trouve au Sénégal une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest.

Innovations et partenariats médiatiques

Cette édition 2025 s’annonce résolument tournée vers l’avenir. « Nous sommes également revenus sur les innovations du côté des investissements qui feront l’object d’une session spéciale », a précisé la directrice. Sans dévoiler tous ses secrets, l’APIX promet des annonces qui pourraient redéfinir le paysage économique sénégalais.

Un hommage appuyé a été rendu à la presse, élevée au rang de « collaborateur » et « partenaire » essentiel. « Sans lequel il sera difficile de relayer et de partager avec le monde tout ce que nous voulons présenter comme opportunités et projets au niveau du Sénégal », a souligné Mme Thiam.

Alors que la première édition de 2023 avait posé les bases, Fii SENEGAL 2025 s’annonce comme le lieu où les intentions se transforment en contrats, où les poignées de main scellent l’avenir économique d’une nation. Dans les couloirs du CICAD, se jouera peut-être le prochain chapitre de la success story sénégalaise.

Dakar accueille la 14ᵉ Assemblée AMCOW : l’eau, levier stratégique pour l’Afrique de 2063

Ce lundi 29 septembre 2025, la capitale sénégalaise s’est transformée en véritable amphithéâtre de la coopération africaine. Réunis à Dakar pour la 14ᵉ Assemblée générale du Conseil des ministres africains chargés de l’eau (AMCOW), responsables politiques et institutionnels ont mis en lumière l’urgence d’une gouvernance commune et ambitieuse de la ressource hydrique.

Dans un continent confronté à un stress hydrique croissant, à une pollution galopante et à des besoins démographiques exponentiels, la question est simple mais cruciale : comment garantir à tous un accès sûr à l’eau et à l’assainissement, tout en préservant des ressources de plus en plus fragiles ?

L’eau, un vecteur de paix et de développement

Au cœur de l’assemblée, le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, président en exercice de l’AMCOW, a lancé un appel vibrant : « Nous avons la lourde mais exaltante responsabilité de définir pour les prochaines années la politique de l’eau en Afrique. L’eau doit nous unir, nous connecter et rester un vecteur de paix, de solidarité et de développement. »

Dans son discours, chaque phrase résonnait comme une injonction à l’action : « Au-delà des stratégies, ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont des ponts et des synergies pour construire un avenir plus sûr, plus équitable en matière d’eau et d’assainissement. »

Pour Cheikh Tidiane Dièye, l’eau n’est pas seulement une ressource : elle est au cœur des enjeux de développement, de santé, de stabilité sociale et de prospérité économique. Cette réunion de Dakar revêt ainsi une dimension historique, destinée à jeter les bases d’une nouvelle vision politique africaine post-2025, en alignement avec l’Agenda 2063 : l’Afrique que nous voulons, sécurisée et résiliente.

Vers la conférence mondiale de 2026

Cet événement prépare également la conférence des Nations unies sur l’eau de 2026, que le Sénégal co-organisera avec les Émirats arabes unis. « L’Afrique aura en 2026 un rendez-vous avec l’histoire », a souligné le ministre, présentant ce sommet comme une occasion de porter la voix du continent, de partager ses expériences et de défendre ses priorités face aux défis mondiaux.

Le secrétaire exécutif de l’AMCOW, Dr Rashid Mbaziira, a rappelé que cette assemblée marque les 25 ans de la vision africaine de l’eau adoptée en 2000. « Nous sommes maintenant à la position où nous agissons pour bâtir le futur à partir de 2063 et pour définir ce que devrait être une Afrique résiliente et sûre sur le plan de l’eau. »

Dakar, terre d’hospitalité et d’exemplarité

Le maire de Dakar, Abass Fall, a accueilli les délégués en mettant en avant l’engagement de la ville dans la gouvernance territoriale de l’eau, notamment via la table ronde OCDE-CGLU Afrique, regroupant 50 maires et villes africaines. « Nous croyons fermement que la gouvernance territoriale de l’eau, soutenue par des politiques nationales et des mécanismes régionaux, est la clé pour bâtir des sociétés plus justes, résilientes et durables », a affirmé l’édile.

Pour les organisateurs, cette assemblée doit définir des orientations stratégiques visant à renforcer la coopération entre États africains et à donner une voix plus forte au continent sur la scène internationale. Une réunion préparatoire de haut niveau est d’ailleurs prévue à Dakar les 26 et 27 janvier 2025, en perspective de la conférence mondiale de 2026.

Les eaux se retirent enfin à Touba, Kaolack et Mbour

Le ciel s’est refermé, et la terre reprend ses droits. Selon le bulletin des interventions publié ce dimanche 28 septembre, la situation hydrologique s’améliore sensiblement dans plusieurs zones récemment sinistrées par les inondations. De Touba à Kaolack en passant par Mbour, les eaux de ruissellement se retirent, laissant place à un lent retour à la normale.

À Touba, la cité religieuse longtemps menacée, le bassin de Nguélémou a enregistré une baisse significative. Grâce à une accalmie pluviométrique bienvenue, la partie non immergée de l’ouvrage est passée de 70 cm samedi à 1,75 mètre dimanche après-midi. Une marge de sécurité qui pourrait encore s’élargir si les précipitations continuent de se faire discrètes.

Kaolack respire à nouveau

À Kaolack, c’est presque le soulagement. Il ne reste plus que de l’eau résiduelle dans les bas-fonds de Ngaye Saër. Les pompages intensifs des sapeurs-pompiers ont permis de dégager les routes, et le niveau d’eau est désormais si bas que les électropompes ne peuvent plus fonctionner. L’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), qui supervise aussi la région de Fatick, confirme cette tendance à l’assèchement.

Mbour panse ses plaies

À Mbour, les quartiers Thimassa, Ngouye Mouride et Darou Salam connaissent également une amélioration sensible. Les opérations conjointes de l’ONAS et des sapeurs-pompiers, engagées depuis trois semaines, ont payé : une évacuation massive des eaux a réduit de manière notable l’impact des inondations.

Si cette évolution positive se confirme, elle pourrait marquer un tournant dans la gestion des inondations de cette saison hivernale particulièrement capricieuse. Après des semaines de lutte contre les eaux, les Sénégalais des zones sinistrées entrevoient enfin la lumière au bout du tunnel – ou plutôt, la terre ferme sous leurs pieds.

Pogačar entre dans la légende à Kigali : un Mondial historique pour le cyclisme africain

KIGALI – Ils étaient venus du monde entier, mais c’est un Slovène qui a écrit l’histoire, et un pays africain qui l’a accueillie. Du 21 au 28 septembre, Kigali a vibré au rythme des Championnats du Monde Route UCI, organisés pour la première fois sur le continent. Huit jours de compétition intense, couronnés par un final d’anthologie : Tadej Pogačar a remporté le titre mondial pour la deuxième année consécutive, après une échappée solitaire de 77 kilomètres qui restera dans les annales.

Face aux pentes abruptes du Mont Kigali et du Mur de Kigali, le favori a livré une démonstration de force pure. Lâchant tous ses adversaires à moins de 80 km de l’arrivée, il a survolé la course, confirmant son statut de phénomène du cyclisme mondial. Derrière lui, le Belge Remco Evenepoel a décroché l’argent, tandis que l’Irlandais Ben Healy offrait à son pays sa première médaille sur course en ligne depuis 1989.

L’Afrique en lumière

Si Pogačar a volé la vedette, cette édition restera comme celle de la consécration du cyclisme africain. Organisée pour la première fois en terre africaine, elle a offert une vitrine exceptionnelle à des coureurs jusqu’ici souvent relégués au second plan.

Les Rwandais, portés par un public en délire, ont tenu leur rang. Mais la révélation est venue d’ailleurs : l’Éthiopienne Tsige Kiros, seulement septième de la course en ligne juniors femmes, a montré la voie. Sa performance, modeste en apparence, symbolise les progrès accomplis et l’émergence timide mais réelle de nouveaux talents.

Un tremplin pour l’avenir

Cette semaine de compétition intense aura donc rempli sa mission : créer un héritage. En accueillant cet événement planétaire, le Rwanda a prouvé que l’Afrique pouvait organiser, et bien organiser, un rendez-vous d’envergure mondiale.

Les pentes rwandaises, aussi exigeantes soient-elles, sont désormais gravées dans la mémoire collective des cyclistes. Et les jeunes Africains qui ont vu Pogačar franchir la ligne d’arrivée, seul, sous le soleil de Kigali, n’oublieront jamais cette image. Peut-être certains d’entre eux voudront-ils, un jour, lui emboîter le pas.

Le Mondial 2025 s’achève. Mais à Kigali, il ne fait que commencer.

Naufrage du Joola : 23 ans après, le président Faye honore la mémoire des victimes

Le temps n’efface pas tout. Vingt-trois ans après le naufrage du Joola, le Sénégal se souvient. Ce vendredi 26 septembre, le président Bassirou Diomaye Faye a marqué l’anniversaire de l’une des plus grandes tragédies de l’histoire du pays par un message sobre et solennel, publié sur sa page Facebook officielle.

« En ce 26 septembre, notre Nation se recueille à la mémoire des victimes du naufrage du Joola, survenu il y a 23 ans. Ce drame, l’un des plus douloureux de notre histoire, reste gravé dans la conscience nationale », a écrit le chef de l’État. Aux familles éprouvées, il a exprimé, « au nom du Sénégal, compassion et solidarité indéfectibles ».

Le Joola, une plaie toujours ouverte

Le 26 septembre 2002, le ferry qui assurait la liaison entre Ziguinchor et Dakar sombrait au large des côtes gambiennes, emportant avec lui près de 1 900 vies. Le bilan, catastrophique, faisait du naufrage du Joola l’une des pires catastrophes maritimes mondiales – et une blessure profonde dans la mémoire collective sénégalaise.

Chaque année, des cérémonies de recueillement sont organisées à Dakar, Ziguinchor et dans plusieurs localités du pays. Mais derrière les hommages officiels, la douleur des familles reste vive. Beaucoup réclament encore justice, reconnaissance et soutien concret, plus de deux décennies après le drame.

Une question de réparation toujours sensible

Si les différents régimes qui se sont succédé ont multiplié les initiatives mémorielles et symboliques – stèles, journées de commémoration –, la question de la réparation morale et matérielle reste épineuse. Les familles des victimes attendent toujours des comptes sur les responsabilités et des mesures d’accompagnement durable.

Le message du président Faye s’inscrit dans cette tradition d’hommage national. Mais il ne règle pas, à lui seul, une attente plus fondamentale : celle de la vérité et de la justice pour des vies brisées en pleine mer, un soir de septembre 2002.

Vingt-trois ans après, le Joola continue de hanter le Sénégal. Et si les discours apaisent, seules des actions concrètes pourront, peut-être, commencer à panser cette plaie qui ne se referme pas.

Assemblée générale de l’ONU : Netanyahu hué et sifflé, des diplomates quittent la salle

La scène est rare, et son symbole, plus lourd encore que les mots prononcés. Vendredi, au siège des Nations Unies, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a vu une partie de l’Assemblée générale lui tourner le dos. Au moment où il entamait sa prise de parole, des diplomates de plusieurs délégations – notamment de pays arabes et d’Asie orientale – ont ostensiblement quitté la salle, accompagnant leur départ de huées et de sifflets.

Ce geste de protestation collective, inédit par son ampleur, visait la guerre menée par Israël à Gaza. Il intervient dans un contexte diplomatique déjà extrêmement tendu, où les condamnations des « violations graves du droit international humanitaire » par Israël se multiplient.

Israël de plus en plus isolé

La fracture s’est accentuée ces dernières semaines après l’annonce par plusieurs pays européens – dont la France, le Royaume-Uni et l’Espagne – de leur décision de reconnaître officiellement l’État de Palestine. Une vague de reconnaissances qui isole un peu plus le gouvernement Netanyahu sur la scène internationale.

Lors de leur dernière réunion, les pays arabes avaient réitéré leur appel à un cessez-le-feu immédiat et à la reconnaissance pleine et entière des droits du peuple palestinien. Le départ concerté de l’hémicycle onusien vendredi en était la traduction spectaculaire.

Netanyahu persiste et signe

Face à cette démonstration d’hostilité, le Premier ministre israélien a poursuivi son intervention, fustigeant ce qu’il a décrit comme des « campagnes d’incitation » menées contre Israël. Il a réaffirmé la détermination de son gouvernement à poursuivre ses opérations militaires, sans céder aux pressions internationales.

Mais le message était déjà passé. Dans les couloirs de l’ONU, cet épisode restera comme le symptôme d’une fracture croissante entre Israël et une partie significative de la communauté internationale. La question palestinienne, loin de s’effacer, s’impose plus que jamais comme un sujet central – et profondément clivant – des débats diplomatiques mondiaux.

Alors que les huées résonnaient encore dans la salle à demi-vide, une évidence s’imposait : la légitimité d’Israël, autrefois acquise dans les enceintes internationales, se fissure. Et Netanyahu, en dépit de sa rhétorique combative, n’a jamais paru aussi seul.

la Marine intercepte une 2ᵉ pirogue de migrants, 142 personnes secourues au large de Dakar

La mer rend parfois ceux qu’elle avait commencé à absorber. Jeudi 25 septembre, la Marine nationale sénégalaise, en coordination avec l’Armée de l’Air, a sauvé 142 migrants au large de Dakar. À 120 km de la côte, une pirogue, probablement en provenance de Gambie, tentait de rejoindre l’Europe avec ses passagers.

C’est la deuxième opération de sauvetage en une semaine. Les migrants ont été débarqués à la Base navale Amiral Faye Gassama et pris en charge par les services compétents pour des mesures administratives et humanitaires.

Un réseau de passeurs démantelé

Cette interception survient trois jours après une opération terrestre majeure. Le 22 septembre, la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a présenté devant le procureur de Dakar un individu soupçonné de diriger un réseau de passeurs.

L’enquête avait commencé après la découverte, sur le quai de Missirah, de 16 personnes, principalement gambiennes, sur le point d’embarquer de nuit vers Betenty, étape vers les îles Canaries. Le suspect servait de guide.

La route migratoire persiste

Malgré les risques de naufrages, déshydratation et interpellations, la route de l’Atlantique attire chaque année des milliers de candidats au départ. La pauvreté, le chômage et l’espoir d’une vie meilleure poussent de nombreux jeunes à tenter l’aventure, misant sur la solidité des pirogues et l’expérience des passeurs.

Les interceptions récentes montrent que les autorités durcissent le contrôle sur terre et en mer. Mais elles rappellent aussi l’ampleur du phénomène : pour chaque embarcation interceptée, combien réussissent à passer entre les mailles du filet ?

Secourir et dissuader

L’action des forces sénégalaises protège les migrants et évite des naufrages dramatiques. Mais elle fait aussi partie d’une stratégie de lutte contre l’émigration irrégulière, combinant sécurité, diplomatie et sensibilisation.

Tant que les causes profondes du départ — pauvreté et manque d’opportunités — ne seront pas résolues, les pirogues continueront de prendre la mer. La Marine sénégalaise devra encore et encore jouer les garde-côtes face à un désespoir sans frontières.

l’Afrique mise sur la titrisation et la finance structurée pour combiner son déficit d’infrastructures

Et si la solution au déficit de financement africain se trouvait… en Afrique ? Face à un besoin estimé à 4 000 milliards de dollars par an, le continent repense ses mécanismes financiers. Le Forum Structured Finance Africa (SFA) 2025, ouvert ce jeudi à Dakar, a réuni 300 décideurs autour d’une ambition commune : faire de la titrisation, des partenariats public-privé (PPP) et de la finance verte les leviers prioritaires de la transformation économique.

Isaac Mbaye, directeur général d’Invictus Capital & Finance et co-organisateur, a rappelé l’ampleur du défi : « L’Afrique fait face à un déficit annuel de financement des infrastructures entre 130 et 170 milliards de dollars. Près de 2 800 milliards de dollars seront nécessaires d’ici 2030 pour l’adaptation au changement climatique. »

Finance structurée et innovation : cinq axes pour transformer le continent

Pour Badanam Patoki, directeur de l’Autorité des marchés financiers de l’UEMOA, la finance structurée n’est plus une option. Elle doit devenir un véritable levier stratégique. Qu’il s’agisse de titrisation, de financement de projets, de PPP, de finance islamique ou de finance verte, ces outils permettent d’accélérer la transformation économique. Le ministre sénégalais des Finances, Cheikh Diba, a ajouté que ces instruments incarnent un outil de partenariat entre acteurs publics et privés au service d’objectifs communs.

Le forum s’est articulé autour de cinq thèmes :

  • Mobiliser l’épargne locale via la titrisation ;

  • Construire un cadre réglementaire attractif ;

  • Développer le trade finance pour sécuriser les importations stratégiques ;

  • Déployer des instruments hybrides pour la finance durable ;

  • Renforcer les synergies entre fintech et structuration financière.

Des réussites concrètes illustrent ces ambitions. Isaac Mbaye a cité le Kenya : en juillet 2024, une émission de 150 millions de dollars sous forme de titrisation de créances futures a montré que l’Afrique peut innover et attirer des investisseurs d’envergure. Dans l’UEMOA, la finance islamique a déjà mobilisé plus de 1 400 milliards de FCFA avant l’adoption du cadre réglementaire de 2022.

Au-delà des aspects techniques, le forum porte une ambition politique : la souveraineté financière. Cheikh Diba a insisté : « L’Afrique doit trouver en elle-même les voies pour répondre à ses défis. » Cette vision se reflète dans la stratégie « Sénégal 2050 » et dans l’organisation prochaine du forum « Investir au Sénégal », les 7 et 8 octobre.

Enfin, la collaboration reste essentielle. Moustapha Faye (KF Titrisation) a souligné l’importance de démocratiser ces outils, mutualiser les expertises et bâtir un écosystème de confiance. Nafissatou Diagne (Development Finance Advisory) a ajouté que financer la transformation structurelle nécessite un alignement des actions des parties prenantes.

Le Forum SFA 2025 marque un tournant : l’Afrique ne se contente plus d’attendre les investisseurs étrangers. Elle construit ses fondations financières, pierre après pierre, pour un avenir plus autonome et durable.