Accusations de Niamey : Abidjan sort du silence et réclame des preuves

Accusée par les autorités nigériennes d’une implication présumée dans l’attaque de l’aéroport de Niamey, la Côte d’Ivoire a réagi avec fermeté. Abidjan rejette des allégations jugées infondées et exige des preuves.

 

À la suite des déclarations du général Abdourahamane Tiani mettant en cause le président Alassane Ouattara dans l’attaque de l’aéroport de Niamey, la Côte d’Ivoire Niger est entrée dans une phase de tensions diplomatiques ouvertes. Le gouvernement ivoirien a vivement réagi, ce mercredi 4 février 2026, en dénonçant des accusations qualifiées de « fantaisistes » et « sans fondement ».

Face à la gravité des propos tenus depuis Niamey, Abidjan a convoqué l’ambassadeur du Niger afin de lui exprimer sa « vive protestation ». Les autorités ivoiriennes entendent ainsi marquer leur désaccord total avec des allégations qu’elles estiment attentatoires à l’image et à l’intégrité de l’État ivoirien.

Lors du compte rendu du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, est longuement revenu sur l’attaque contre l’aéroport international Diori Hamani, survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026. Il a tenu à rappeler que cet attentat a été officiellement revendiqué par le groupe terroriste État islamique.

Dans le même élan, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Kaba Nialé, a reçu l’ambassadeur du Niger en Côte d’Ivoire. À l’issue de cette rencontre, un courrier de protestation formel a été adressé aux autorités nigériennes, traduisant la position officielle d’Abidjan.

« À ce stade, nous attendons toujours une réponse à ce courrier, ainsi que les éléments de preuve étayant ces accusations », a déclaré Amadou Coulibaly. Il a qualifié de « grotesque » toute tentative d’associer la Côte d’Ivoire à cette attaque, soulignant que la piste terroriste ne fait l’objet d’aucune ambiguïté.

Pour le gouvernement ivoirien, le seuil de tolérance a été franchi lorsque les accusations ont directement visé le chef de l’État. « Nous ne pouvons accepter que le président de la République soit vilipendé de manière mensongère », a insisté le ministre de la Communication, précisant que le silence observé jusque-là relevait d’un choix de retenue diplomatique.

S’agissant du rôle évoqué de la Russie dans cette affaire, Amadou Coulibaly a tenu à dissiper toute confusion. Il a indiqué que Moscou, bien qu’ayant mentionné une possible implication de forces extérieures, n’a jamais cité nommément la Côte d’Ivoire Niger, ni mis en cause le président Alassane Ouattara.

« Nous n’accepterons jamais que l’image du président de la République soit attaquée sur la base d’allégations infondées », a-t-il martelé, réaffirmant la détermination du gouvernement à défendre l’honneur et la crédibilité du pays.

La Côte d’Ivoire dit désormais attendre une clarification officielle de Niamey, tout en réaffirmant sa volonté de ne pas laisser prospérer, sur la scène internationale, des accusations qu’elle juge dénuées de tout fondement. L’attaque de l’aéroport de Niamey, rappelle Abidjan, a été revendiquée par l’État islamique à travers son organe de propagande Amaq.

Attaque nocturne contre la base aérienne de Niamey

Une attaque armée visant la base aérienne 101 de Niamey a été repoussée par les forces de défense, faisant plusieurs assaillants neutralisés et des dégâts matériels.

 

Une attaque armée visant la base aérienne 101 de Niamey, survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier, a été repoussée par les forces de défense et de sécurité, a annoncé le ministère nigérien de la Défense. Le bilan fait état de vingt assaillants neutralisés et d’un avion d’Air Côte d’Ivoire atteint par des tirs.

Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, aux environs de 0h20, la base aérienne 101 de Niamey, située non loin de l’aéroport international Diori Hamani, a été la cible d’une attaque base Niamey armée, selon des informations communiquées par le ministère de la Défense.

D’après le communiqué transmis à APA, des individus présentés comme des « mercenaires télécommandés », se déplaçant à moto et circulant tous feux éteints, ont tenté de s’introduire dans le périmètre sécurisé de la base. Le dispositif de sécurité, renforcé par les forces de défense et de sécurité déployées dans la capitale, est immédiatement intervenu.

Les échanges de tirs se sont étendus sur près de trente minutes. La riposte coordonnée des forces nigériennes a permis de contenir puis de repousser les assaillants, à l’issue d’affrontements qualifiés de « vigoureux » par les autorités militaires.

Le ministère de la Défense fait état de quatre militaires blessés au cours des combats, ainsi que de dégâts matériels, notamment l’incendie d’un stock de munitions à l’intérieur de la base aérienne.

Au cours de leur repli, les assaillants ont ouvert le feu sur trois avions civils stationnés sur le tarmac de l’aéroport. Deux appareils de la compagnie Asky et un avion d’Air Côte d’Ivoire ont été touchés par des projectiles.

Dans un communiqué distinct, Air Côte d’Ivoire a indiqué que son Airbus A319 avait été atteint au niveau du fuselage et de l’aile droite. Aucun passager ni membre d’équipage ne se trouvait à bord au moment des faits et aucune perte humaine n’a été signalée.

Le bilan officiel de cette attaque base Niamey fait état de vingt assaillants neutralisés et de onze autres interpellés, dont plusieurs grièvement blessés. Les forces de sécurité indiquent également avoir saisi du matériel militaire ainsi que plusieurs motocyclettes.

Les autorités assurent que la situation est désormais sous contrôle. Le ministre d’État, ministre de la Défense nationale, a salué la réactivité des forces de défense et de sécurité et invité les populations à signaler tout comportement suspect.

Au lendemain de l’attaque, le président Abdourahamane Tiani s’est rendu sur les lieux afin de constater l’ampleur des dégâts, alors qu’un retour progressif au calme était observé dans les quartiers environnants après une nuit marquée par de fortes détonations et explosions liées à l’attaque base Niamey.

Niger : des soldats tués dans une attaque

Six soldats nigériens ont été tués et quatorze blessés dans la nuit de lundi à mardi au cours de l’attaque menée par une « cinquantaine » de djihadistes présumés contre le poste militaire de Blabrine (sud-est du Niger), près de la frontière avec le Tchad, a annoncé mardi 5 juillet le ministère de la Défense.

Le bilan provisoire fait également état de « dix-sept morts côté ennemi », tandis que des « armements et munitions ont été récupérés par les forces armées qui ratissent la zone », a précisé le ministère dans un communiqué lu à la radio publique mardi soir. Il n’a pas précisé l’identité des assaillants, souvent pointés comme étant des djihadistes de Boko Haram ou du groupe État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), né d’une scission avec le groupe nigérian de Boko Haram.

Selon le ministère, l’attaque a été menée « dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 juillet » aux « environs de 01H00 du matin (00H00 GMT) » mais «la réaction (des soldats) a permis de repousser l’attaque et de mettre l’ennemi en déroute ». C’est la seconde attaque en trois jours dans le sud-est nigérien, après celle de dimanche au cours de laquelle un soldat est mort dans un assaut mené par des « éléments de Boko Haram » à Garin Dogo, près du Nigeria.

Blabrine est situé dans le département de N’Guigmi (région de Diffa) et est frontalier avec le Tchad. Sa base militaire a été plusieurs fois visée depuis 2015 par des attaques « terroristes ». En mai 2020, douze soldats nigériens y ont été tués et dix blessés lors d’une attaque attribuée à Boko Haram, selon un bilan officiel. Fin octobre 2019, douze soldats nigériens avaient déjà été tués et huit blessés lors de l’attaque de cette même base.

En visite fin juin dans la région de Diffa, le président nigérien Mohamed Bazoum avait salué de « bons résultats » et assuré que la « guerre » contre les djihadistes de Boko Haram et l’Iswap était en train d’être « gagnée ». La région de Diffa, frontalière du Nigeria et du Tchad, abrite 300.000 réfugiés nigérians et déplacés internes, chassés par les exactions de Boko Haram et de l’Iswap, selon l’ONU. Le Niger doit également faire face aux actions de groupes djihadistes sahéliens, dont l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest, où les attaques régulières et sanglantes, visent civils et militaires.

Campagne électorale: Ousmane Sonko, victime d’une attaque

Il aurait été attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi alors qu’il tenait un meeting à Louga.

Ousmane Sonko donne des frayeurs au régime en place. C’est du moins ce qui ressort de ses déclarations. S’exprimant au sujet d’une attaque que ses partisans et lui aurait subi, lors d’un meeting, à Louga, le leader du mouvement politique Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), déclare faire peur au régime en place. « Ils nous suivent partout. Cet incident le prouve. Des renseignements généraux et policiers ne font que me suivre partout. Ils ont peur, raison pour laquelle ils le font. Pourquoi attendre 2h du matin pour attaquer ? C’est de la lâcheté », déplore Sonko.

Il n’hésite pas à tancer le président sortant « […] Beaucoup pensent que Macky Sall est poli et calme mais ce n’est pas le cas », lance le leader de « Sonko Président ».