Ahmadou Al Aminou Lo place son action gouvernementale sous le signe de la loyauté et du redressement national

Quelques heures après sa nomination à la Primature, Ahmadou Al Aminou Lo a dévoilé les grandes orientations qu’il entend imprimer à l’action gouvernementale.

Dans une première déclaration solennelle, le nouveau chef du gouvernement a mis l’accent sur la continuité du projet porté par le président Bassirou Diomaye Faye, le redressement économique du pays et une réorganisation plus cohérente du fonctionnement de l’exécutif.

Le nouveau Premier ministre a affirmé vouloir poursuivre les réformes engagées depuis l’alternance politique de 2024, en particulier autour de l’Agenda Sénégal 2050, considéré comme la principale boussole stratégique du régime.

« Je démarrerai ma mission sur une bonne base, à savoir les réalisations du gouvernement sous les orientations du président de la République », a déclaré Ahmadou Al Aminou Lo, saluant les avancées déjà enregistrées dans la mise en œuvre du programme de transformation économique et sociale.

Dans son intervention, il a tenu à préciser que sa nomination ne traduisait pas une rupture politique, mais plutôt une évolution dans la méthode de gouvernance. « Il ne s’agit point d’un changement de cap. C’est plutôt un changement de méthode dans la cohérence institutionnelle et l’action gouvernementale voulue par le chef de l’État », a-t-il insisté.

Successeur d’Ousmane Sonko, récemment démis de ses fonctions, Ahmadou Al Aminou Lo a également affiché sa fidélité au président de la République, qualifiant sa nouvelle mission de « sacerdoce ». Il a remercié Bassirou Diomaye Faye pour la confiance accordée depuis l’arrivée du Pastef au pouvoir.

Son premier discours a surtout été marqué par un accent fort mis sur les défis économiques du Sénégal. Le nouveau chef du gouvernement a évoqué un contexte marqué par les tensions budgétaires, la hausse du coût de la vie, les effets des crises internationales et un environnement sécuritaire régional fragile.

Ancien cadre de Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, Ahmadou Al Aminou Lo apparaît désormais comme le principal artisan du redressement économique voulu par l’exécutif. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de maintenir le cap sur la souveraineté économique, la réduction des inégalités sociales et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Le nouveau Premier ministre a également adressé un message aux investisseurs et partenaires du Sénégal, affirmant que le pays demeurait « sûr et fiable » malgré le contexte politique récent.

Cette nomination intervient dans une période délicate pour le pouvoir sénégalais, quelques jours après la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Le choix d’un technocrate discret, réputé rigoureux et expérimenté dans les questions financières, traduit la volonté du chef de l’État de consolider l’appareil gouvernemental tout en rassurant sur la continuité du projet politique issu de l’alternance de 2024.

Avant son arrivée à la Primature, Ahmadou Al Aminou Lo occupait les fonctions de ministre d’État chargé du suivi et de l’évaluation de l’Agenda Sénégal 2050, après avoir été ministre secrétaire général du gouvernement. Sa longue carrière au sein de la BCEAO, où il a exercé plusieurs responsabilités stratégiques, lui vaut une réputation de spécialiste des questions monétaires, financières et de gouvernance économique.

Sénégal : Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo nommé Premier ministre

Le Sénégal ouvre une nouvelle séquence politique avec la nomination d’Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo au poste de Premier ministre.

Âgé de 60 ans, cet économiste sénégalais au parcours marqué par la finance publique, la régulation bancaire et les marchés financiers succède à Ousmane Sonko à la tête du gouvernement. Issu du Prytanée militaire de Saint-Louis, où il obtient en 1985 un baccalauréat scientifique avec mention Bien en tant que major de promotion, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo poursuit ensuite des études en sciences économiques à Université Cheikh Anta Diop. Il complète sa formation bancaire à Dakar avant de décrocher, en 2023, un Executive Master en finance islamique à l’INCEIF University de Kuala Lumpur.

L’essentiel de sa carrière se construit au sein de Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, qu’il rejoint en 1987. Au fil des années, il y occupe plusieurs postes stratégiques liés aux opérations de marché, au financement des économies, aux systèmes d’information et à la régulation bancaire. En 2016, il devient Directeur national de la BCEAO pour le Sénégal avant d’être nommé Secrétaire général de l’institution en février 2024.

Durant son parcours à la banque centrale, il participe à plusieurs dossiers majeurs pour l’économie sénégalaise, notamment les émissions d’eurobonds sur les marchés internationaux, les échanges avec les agences de notation Standard & Poor’s et Moody’s, ainsi que les négociations menées avec Fonds monétaire international. Il contribue également au développement de la finance islamique dans l’UEMOA et aux travaux liés à la future monnaie unique de la CEDEAO.

Entré au gouvernement dès avril 2024 comme ministre secrétaire général de la présidence, il devient ensuite ministre d’État chargé du suivi de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». À ce poste, il supervise la coordination des réformes stratégiques et le pilotage des projets prioritaires de l’État.

En le nommant à la Primature, le président Bassirou Diomaye Faye fait le choix d’un profil technocratique expérimenté, considéré comme l’un des principaux architectes administratifs et financiers de la nouvelle gouvernance sénégalaise depuis l’alternance de 2024.