Sonko à Rabat : renforcer le partenariat stratégique Sénégal-Maroc

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, est arrivé tôt ce lundi matin à Rabat, pour une visite officielle au Maroc, à l’occasion de la 15ᵉ Grande Commission mixte de coopération sénégalo-marocaine, a constaté l’envoyé spécial de l’APS.

À son arrivée à l’aéroport de Rabat peu après 7 heures GMT, le chef du gouvernement sénégalais a été accueilli par son homologue marocain, Aziz Akhannouch, et plusieurs responsables officiels du Royaume. La délégation de M. Sonko comprend plusieurs ministres clés, dont Cheikh Niang (Affaires étrangères et Sénégalais de l’extérieur), Daouda Ngom (Enseignement supérieur, Recherche et Innovation), Serigne Guèye Diop (Industrie et Commerce), Abdourahmane Sarr (Économie, Plan et Coopération) et Mabouba Diagne (Agriculture, Élevage et Souveraineté alimentaire).

Une coopération stratégique et multidimensionnelle

Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens historiques et du partenariat stratégique entre Dakar et Rabat, souligne le Bureau d’information gouvernemental (BIG-Gouv). Le document rappelle que la coopération bilatérale couvre des secteurs essentiels tels que l’économie, les finances, l’enseignement supérieur, la santé, la défense et la sécurité, l’agriculture, l’énergie, les mines, la pêche, l’hydraulique, l’habitat et la justice.

Des échanges commerciaux en forte progression

Les échanges commerciaux entre le Sénégal et le Maroc affichent une croissance soutenue. Selon le BIG-Gouv, les exportations sénégalaises vers le Maroc ont atteint 24,7 milliards FCFA en 2024, soit une augmentation de 26,2% par rapport à 2023 (19,6 milliards FCFA). Cette performance est essentiellement portée par les secteurs halieutique et agroalimentaire, principaux moteurs de l’offre sénégalaise sur le marché marocain.

Du côté des importations, le Sénégal a enregistré 147 milliards FCFA en provenance du Maroc en 2024, en hausse de 19,2% par rapport à 2023 (123,4 milliards FCFA), après une progression notable de 33,6% entre 2022 et 2023. Cette dynamique traduit la vitalité du commerce bilatéral et le renforcement du partenariat économique entre les deux pays.

Sénégal : Barthélémy Dias comme Ousmane Sonko

Au Sénégal, la convocation du candidat à la mairie de Dakar Barthélémy Dias par  la justice a accentué la violence. La crainte d’un retour des émeutes monte dans la capitale comme au lendemain de la convocation de Ousmane Sonko en mars 2021.

Au Sénégal, l’ombre des tensions plane sur la capitale Dakar à l’approche des élections du 23 janvier 2022. La cause immédiate revient à la convocation de Barthélémy Dias devant la cour d’appel de Dakar. Le candidat à la mairie de Dakar aux élections du  23 janvier était attendu en vain au palais de justice mercredi 10 novembre 2021. C’est dans le cadre du meurtre d’un jeune en 2011 lors de l’attaque de la mairie de Mermoz Sacré Cœur. En raison de sa non présence, le juge a reporté le procès au 1er décembre 2021.

Cette absence pourrait s’expliquer par les mouvements de violence. Sur l’itinéraire conduisant l’opposant à la juridiction, les altercations ont mis aux prises les militants de la coalition Yewwi Askan wi et les éléments des forces de l’ordre. Une violence qui aurait barré la voie au convoi de Dias. A ses côtés, Ousmane Sonko leader du parti Pastef, et Malick Gakou leader du Grand Parti.

Sonko, Gakou et Dias arrêtés puis relâchés

Suite à ces événements, les forces de l’ordre ont arrêté les trois têtes de la coalition suscitée. Ils ont été conduits au camp de police Abdou-Diassé. Vers 18h, ils vont recouvrer la liberté sans aucune charge  à leur encontre. Mais avant leur libération,  les jeunes ont entamé une manifestation dans les rues avec la mise à feu des pneus. C’était en réponse à l’appel de l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall, à la résistance pour  la libération des trois opposants.

Dias sur les traces de Sonko

En mars dernier, une convocation de Ousmane Sonko avait tourné aux émeutes. Un juge d’instruction a convoqué le leader des Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). L’opposant devait faire  l’objet d’audition dans le cadre d’une affaire de « viol répété » et  « menaces de mort ». Adji Sarr, une jeune masseuse avait saisi la justice contre Sonko, arrivé 3è à l’élection présidentielle de 2019. Les militants et sympathisants du Pastef ont entamé des protestations contre le régime, l’accusant de complot.

Depuis le week-end dernier, il y a eu une série d’appels à la résistance suite à la convocation de Barthélémy Dias. Condamné à 2 ans de prison avec sursis en instance, l’opposant avait porté  l’affaire en appel. Les leaders de la coalition dénoncent un complot entre le régime et  la justice. L’opposition accuse le système d’instrumentaliser la justice pour écarter Dias des locales 2022. Une version que la coalition autour de Macky Sall rejette.